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Publié par Bob Woodward

Alors que la crise familiale est loin de s’apaiser au Front National, Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen, est de plus en plus montré du doigt. Il s’est rendu indispensable auprès de Marine Le Pen, mais son influence sur la présidente du FN en fait un personnage contesté en interne, d’autant que nombre de cadres lui attribuent une responsabilité dans la crise familiale qui secoue le parti. Propulsé fin 2011 directeur stratégique de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, qu’il conseillait dans l’ombre depuis 2009, Florian Philippot s’est depuis transformé en stakhanoviste des médias. Matin, midi et soir il martèle la parole du FN, au point de susciter la jalousie de ceux qui prennent moins la lumière. Mais cet énarque a l’avantage, reconnaît-on, d’être « tout le temps disponible. »

Si un dirigeant garantit qu’il « n’a pas d’intelligence » et qu’il est plutôt « une éponge qui apprend, répète », rares sont les critiques internes sur son talent. Jean-Marie Le Pen, devenu son plus féroce contempteur, ne disait-il pas de lui qu’il était « brillant » ? « C’est impossible de nier que sur le plan politique, il est toujours dans le vrai. Il est à la base d’un certain nombre de succès du FN », assure un autre dirigeant.

Mais Florian Philippot, plus étatiste, moins libéral, « gaulliste » ayant soutenu Jean-Pierre Chevènement en 2002, et cible parfois d’accusations sur un « lobby gay » qui existerait dans le parti, n’est pas « frontiste de souche ». Quatrième au vote des militants au dernier congrès fin novembre, une contre-performance, le bras droit de Marine Le Pen, faiblement implanté dans l’Est de la France, tente malgré tout d’asseoir une assise locale interne en parcourant les fédérations et en recrutant des fidèles (les « nat-rep », nationaux-républicains).

Le moindre de ses faux-pas est guetté. Certains y voient le « pousse-au-crime » dans le conflit avec Jean-Marie Le Pen, qui a relancé une salve de propos polémiques début avril. Problème, le premier à avoir publiquement coupé le cordon est Louis Aliot, autre vice-président et compagnon de Marine Le Pen. Qu’importe : un de ses rivaux assure qu’ « aux yeux de beaucoup de militants, il a poussé au clash. En interne, il a fait une forme de chantage » à la démission si Jean-Marie Le Pen n’était pas exclu. Selon cette source, Florian Philippot mettrait fréquemment sa démission dans la balance, ce que l’eurodéputé nie.

Pour certains ténors du parti, la « fin » de Florian Philippot, qui serait une victime expiatoire de la crise familiale, pourrait être proche. Celui qui déclarait dès 2011 n’avoir « jamais » voté pour Jean-Marie Le Pen pâtit aussi, plus simplement, de sa position de numéro deux, historiquement maudite au Front national, entre les morts physiques (Jean-Pierre Stirbois, François Duprat) et les victimes politiques (Bruno Mégret). Comme le rappelaient Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard ( « Dans l’ombre des Le Pen. Une histoire des numéros 2 du FN » - Ed. nouveau monde), Le Pen avait eu ce mot cruel envers son second d’alors, Bruno Gollnisch : « Le destin des dauphins, parfois, c’est de s’échouer ».

Florian Philippot à Matignon ?

Dans l’oeil de viseur, le supposé rôle de « gourou » de Florian Philippot auprès de Marine Le Pen ? « Son père ne l’a pas maraboutée, ce n’est pas Florian qui va le faire », s’amuse un parlementaire. Mais il imagine la patronne du FN « prendre une distance, au moins médiatique », avec son second, pour ne pas prêter le flanc à ces accusations. « Elle veut rééquilibrer sans clash », croit savoir un membre du bureau exécutif. Lorsque l’on demande à un frontiste hostile à Florian Philippot ce que pense Marine Le Pen de son protégé, il reconnaît : « Elle le défend à mort ».

Il y a trois ans encore, personne ne connaissait ce jeune énarque trentenaire qui conseillait dans l'ombre Marine Le Pen. Aujourd'hui, il est devenu l'homme le plus invité des matinales des radios et télé après la patronne du FN. Et si demain sa chef arrive à l'Elysée comme elle le croit, il est celui à qui semble promis Matignon. En attendant, c'est elle qui le calme : pas si vite, coco !

Florian Philippot est un jeune homme pressé. Dans ce parti, auquel il a adhéré en 2011, le député européen est sur tous les fronts : à 33 ans, il s'occupe de la stratégie, de la communication, des argumentaires et bientôt du projet pour 2017.

Au FN, l'homme fort ne s'appelle plus "Jean-Marie". Un jour où, assis côte à côte dans l'avion, Brice Hortefeux le questionnait sur ce jeune homme, l'orgueilleux "Menhir" a répondu : « Il n'est qu'un des vice-présidents. »

Pourtant, personne ne s'y trompe : "Philippot Ier", comme le surnomment ses détracteurs, est bien le tout-puissant numéro deux. Pour "Marine", il est l'illustration d'une formation qui rêve de gouverner. Pour la vieille garde du parti d'extrême droite, c'est le ver dans le fruit qui va achever de tuer le FN de papa. Le vice-président sait que, quoi qu'il arrive, il ne risque pas la disgrâce. N'accuse-t-on pas la reine du FN de souffrir de "philippot-dépendance", un virus tenace ?

Les symptômes sont nombreux. A l'hiver 2012/2013, des cortèges massifs défilent dans la rue contre l'ouverture du mariage aux homosexuels. Mais, au FN, un homme conseille à Marine Le Pen de ne pas s'y joindre pour ne pas céder à la "diversion" sur ces sujets secondaires. Philippot triomphe contre les caciques du parti. Gilbert Collard et Marion Maréchal défilent, pas la présidente.

Automne 2014 : un jeune élu frontiste de Seine-Saint-Denis converti à l'islam est accusé de prosélytisme. Certains veulent l'exclure. Pas Philippot. Là encore, sa position l'emporte.

Florian Philippot à Matignon ?

C'est en 2005 que le fils d'un directeur d'école et d'une institutrice élevé dans une banlieue chic de Lille découvre à la télé la fille de Jean-Marie Le Pen. Il a un coup de foudre. Cette année-là, la France s'enflamme autour du référendum sur le traité constitutionnel européen. Sans qu'on s'en aperçoive bien alors, cette campagne contribue à structurer la conscience politique d'une génération pour laquelle le clivage gauche-droite ne veut plus dire grand-chose. Philippot en est le produit.

Un soir tard devant sa télé, l'étudiant en école de commerce tombe sur un débat télévisé. Marine Le Pen est aux côtés de Besancenot face à un tandem PS-UMP qui défend le oui. Déjà, la fille Le Pen fait du théâtre: « Votre Constitution du fric, on n'en veut pas !" lance-t-elle en jetant le document sur la table ».

Pour Philippot, c'est une révélation. Comme lui, Marine Le Pen dénonce le libéralisme débridé et la mondialisation sauvage qui ne profite qu'aux "gros" et aux "puissances de l'argent", comme il dit. Comme lui, elle fustige la casse sociale provoquée par l'Europe de Bruxelles.

A cette époque, le jeune homme ne découvre pas la politique. Avant le "marinisme", il a déjà sa grande cause : le souverainisme. Et son grand homme, de Gaulle, dont il va régulièrement fleurir la tombe au grand dam des anciens partisans de l'Algérie française du FN.

En 1999, Philippot est en terminale dans un chic lycée catho de Marcqen-Baroeul que fréquente la bourgeoisie du Nord quand il assiste à son premier meeting : Villiers et Pasqua, qui font cause commune contre l'Europe, déjà.

Trois ans plus tard, l'étudiant à HEC est séduit par la campagne présidentielle de Chevènement, qui s'adresse aux "républicains des deux rives" et renvoie dos à dos "Chirospin". Il lance "HEC avec le Che", tracte un peu et s'invite même le soir du 21 avril au QG du candidat, où personne ne se souvient de lui.

Le Pen est au second tour, mais pas question pour Philippot de voter pour lui. Un ancien étudiant se souvient: « Il y avait quelques étudiants ouvertement fachos à HEC. Le genre Versaillais-catho-Manif pour tous. Il en était très loin. »

En revanche, quand ses camarades d'école s'enthousiasment pour la naissance de l'euro, lui développe un discours critique. Il expliquera plus tard sur Facebook que les économies des pays membres de la zone euro sont trop disparates pour que l'assemblage tienne. Il dévore tout sur le sujet.

Et continue à fréquenter des cercles chevènementistes : en avril 2010, il assiste à un colloque de la Fondation Res Publica, présidée par Chevènement. Louis Gallois et Henri Guaino débattent de la politique industrielle. Le conseiller occulte de Le Pen est au deuxième rang dans le public.

C'est aussi par l'intermédiaire d'un souverainiste, l'écrivain et député européen Paul-Marie Coûteaux, qu'il rencontre pour la première fois Marine Le Pen, en mai 2009, dans un café, en marge d'une émission de Radio Courtoisie.

Florian Philippot à Matignon ?

C'est en 2005 que le fils d'un directeur d'école et d'une institutrice élevé dans une banlieue chic de Lille découvre à la télé la fille de Jean-Marie Le Pen. Il a un coup de foudre. Cette année-là, la France s'enflamme autour du référendum sur le traité constitutionnel européen. Sans qu'on s'en aperçoive bien alors, cette campagne contribue à structurer la conscience politique d'une génération pour laquelle le clivage gauche-droite ne veut plus dire grand-chose. Philippot en est le produit.

Un soir tard devant sa télé, l'étudiant en école de commerce tombe sur un débat télévisé. Marine Le Pen est aux côtés de Besancenot face à un tandem PS-UMP qui défend le oui. Déjà, la fille Le Pen fait du théâtre: « Votre Constitution du fric, on n'en veut pas !" lance-t-elle en jetant le document sur la table ».

Pour Philippot, c'est une révélation. Comme lui, Marine Le Pen dénonce le libéralisme débridé et la mondialisation sauvage qui ne profite qu'aux "gros" et aux "puissances de l'argent", comme il dit. Comme lui, elle fustige la casse sociale provoquée par l'Europe de Bruxelles.

A cette époque, le jeune homme ne découvre pas la politique. Avant le "marinisme", il a déjà sa grande cause : le souverainisme. Et son grand homme, de Gaulle, dont il va régulièrement fleurir la tombe au grand dam des anciens partisans de l'Algérie française du FN.

En 1999, Philippot est en terminale dans un chic lycée catho de Marcqen-Baroeul que fréquente la bourgeoisie du Nord quand il assiste à son premier meeting : Villiers et Pasqua, qui font cause commune contre l'Europe, déjà.

Trois ans plus tard, l'étudiant à HEC est séduit par la campagne présidentielle de Chevènement, qui s'adresse aux "républicains des deux rives" et renvoie dos à dos "Chirospin". Il lance "HEC avec le Che", tracte un peu et s'invite même le soir du 21 avril au QG du candidat, où personne ne se souvient de lui.

Le Pen est au second tour, mais pas question pour Philippot de voter pour lui. Un ancien étudiant se souvient: « Il y avait quelques étudiants ouvertement fachos à HEC. Le genre Versaillais-catho-Manif pour tous. Il en était très loin. »

En revanche, quand ses camarades d'école s'enthousiasment pour la naissance de l'euro, lui développe un discours critique. Il expliquera plus tard sur Facebook que les économies des pays membres de la zone euro sont trop disparates pour que l'assemblage tienne. Il dévore tout sur le sujet.

Et continue à fréquenter des cercles chevènementistes : en avril 2010, il assiste à un colloque de la Fondation Res Publica, présidée par Chevènement. Louis Gallois et Henri Guaino débattent de la politique industrielle. Le conseiller occulte de Le Pen est au deuxième rang dans le public.

C'est aussi par l'intermédiaire d'un souverainiste, l'écrivain et député européen Paul-Marie Coûteaux, qu'il rencontre pour la première fois Marine Le Pen, en mai 2009, dans un café, en marge d'une émission de Radio Courtoisie.

Philippot se met très vite à son service. Le soir, il rédige des notes pour la fille lancée à la conquête du parti de son père. Le jour, il bosse à l'inspection générale de l'administration, au service du ministère de l'Intérieur. Et sympathise avec l'un de ses collègues, un certain Jean-Yves Le Gallou, ancien cadre mégrétiste et théoricien de la "préférence nationale", qui reverra la fille de Le Pen grâce à lui.

Dans un blog intitulé "Le vrai débat", où il signe là encore sous pseudo, Philippot décrit en novembre 2010 ce qu'il faut changer au FN.

Le parti d'"avant Marine" présente selon lui des "incohérences de fond" plus pénalisantes encore que le "détail" ou la "diabolisation" pour progresser dans l'opinion.

Ces incohérences ? Le discours anti-fonctionnaires ou anti-Etat ou encore la retraite à 65 ans, autant de thèmes portés à ses yeux par l'idéologie mondialiste ou le Medef.

Depuis quelque temps, un des points forts de Marine Le Pen a été de repérer patiemment ces points d'incohérence et de les corriger", écrit le blogueur.

Merci qui ? Quelques mois plus tard, Marine Le Pen lui confie le soin de présenter devant la presse son programme économique, mais il dissimule une fois encore son identité. "Adrien" - son pseudo de l'époque - ne redevient "Florian" que fin 2011.

Au FN, il importe aussi son goût des sondages. Une vieille affaire : au sein de l'association HEC Sondages, il s'amusait déjà à lancer des questionnaires sur tout le campus, avant de partir en stage chez TNS Sofres. Le tropisme est familial : son frère Damien est directeur des études politiques au département opinion de l'Ifop.

Il était présent lors de la première rencontre de Florian avec Marine Le Pen. Il n'en faut pas plus pour qu'au FN on l'imagine en conseiller de l'ombre. Réponse de l'intéressé : "Je ne peux pas accepter que ma déontologie soit remise en cause." Quant à ses rapports avec son frère, vie privée !

A Nanterre, en tout cas, le changement est notable. Jean-Marie Le Pen n'avait que faire des soubresauts de l'opinion; sa fille et son conseiller les scrutent attentivement. Paul-Marie Coûteaux raconte :

« Un jour, je suis passé au QG après la polémique sur le bal de l'extrême droite autrichienne auquel avait participé Marine. Elle était en baisse dans les sondages, mais disait : c'est conjoncturel, les Français s'en foutent. Non, lui disait Philippot, tu te trompes, tu as perdu beaucoup de points. »

Ce jour-là, Coûteaux s'est surpris à penser que le conseiller avait une forme d'"ascendant" sur la patronne.

Lorsqu'en septembre 2011 le nom de la prise de guerre frontiste est enfin dévoilé, ses anciens camarades de HEC ou de l'ENA tombent de l'armoire. Ils connaissaient un jeune homme discret, effacé, voire mal dans sa peau. Ils découvrent la nouvelle star frontiste, très à son aise dans les médias. Un ancien de HEC s'étonne encore :

« C'est fou de se dire que c'est lui le mec de la promo dont tout le monde parle. Personne n'aurait parié sur lui. »

L'un de ses amis énarques de la promo Willy Brandt confie aussi : « Il n'avait jamais parlé du FN, je l'aurais plutôt vu à gauche. »

A ceux-là, "Florian" explique que le parti d'extrême droite a changé : "Le passé, c'est le passé." Et que, plus Jean-Marie Le Pen fait des provocations, plus le distinguo apparaît avec sa fille. Il assure aussi que "Marine est sympa et drôle". Quelques anciens camarades le revoient toujours. Une preuve de plus que même au sein des élites le lepénisme n'est plus aussi infréquentable qu'hier.

Florian Philippot à Matignon ?

Mais, au FN, Philippot-le-techno se fait peu d'amis et de nombreux ennemis. Trop froid, trop distant. Trop à gauche pour Marion Maréchal-Le Pen, qui s'en sert pour jouer sa propre musique. Florian Philippot habite les beaux quartiers du 6e arrondissement de Paris. Mais il prend garde de donner rendez-vous aux journalistes dans des cafés pas trop clinquants, "comme ça vous n'écrirez plus que j'ai mes habitudes au Lutetia".

Le journal "Minute" relaie, lui, les inquiétudes de la vieille garde d'extrême droite, et estime que : "le système n'a pas de souci à se faire : un de ses agents est dans la place".

Le "philippotisme" n'est-il pas le triomphe de la culture par fiches ? Il connaît le taux de production de la banane aux Antilles, mais pas la feuille de paie d'un ouvrier", peste un de ses détracteurs.

Pire, il place ses pions partout. On connaissait Florian Philippot, le vice-président du FN et bras droit de Marine Le Pen. On connaîtra désormais son père! Daniel Philippot, enseignant puis directeur d'école primaire à Linselles (Nord) aura la tâche de structurer et développer la déclinaison régionale du collectif Racine - un collectif d'enseignants du public comme du privé - pour l'ensemble de la région.

Si Daniel Philippot n'est pas censé figurer sur les listes de la candidate FN pour les élections régionales de décembre, sa présence et son nom apparaîtront assurément comme un pied de nez de Marine Le Pen à son père. On se souvient des critiques virulentes de Jean-Marie Le Pen à l’encontre de Florian Philippot et de son influence au sein du parti. Il y aura donc fort à parier que Le Pen père verra d'un mauvais oeil l'arrivée de Philippot père.

Un proche de la patronne du FN analyse toute la séquence : «  Le Pen est dans une situation d’exclusion du Front. Philippot a frappé fort. Est-il amoindri ? Je ne crois pas. Il a obtenu ce qu’il voulait, de manière factuelle ».

Florian Philippot semble donc avoir gagné le pari de contrôler le FN. Le Front national, qui s'estime porté par la conjonction des crises économique, agricole et migratoire, ambitionne de gagner quatre à cinq régions en décembre, pour le dernier scrutin avant la présidentielle, dit Florian Philippot, le numéro deux du FN.

Le vice-président du FN appelle dans le même temps, dans une interview à Reuters, les têtes de liste, en particulier du parti Les Républicains (LR), à dire "solennellement" avant le premier tour si elles envisagent une fusion avec les pistes socialistes pour faire barrage à la formation d'extrême droite.

De nombreux responsables socialistes, à l'exception de Christophe Caresche, proche du Premier ministre Manuel Valls, ont rejeté lundi cette idée.

"Mais ce n'est pas parce qu'il y a des dénégations que la messe est dite", estime Florian Philippot. "On appelle solennellement les Républicains à se prononcer là-dessus. Il faut qu'ils prennent un engagement avant le premier tour devant les électeurs, sinon, c'est une tromperie", dit-il.

"Ce sera un grand sujet. Est-ce qu'il y aura, comme d'habitude, d'une manière plus éclatante que jamais, la sainte alliance LRPS?", demande-t-il.

Sur la lancée de sa victoire aux européennes de 2014 et ses bons scores aux départementales, le FN fait le pari que la crise provoquée par l'exclusion de Jean-Marie Le Pen ne l'a pas affecté et compte poursuivre sa progression.

"Nous pensons qu'il y a quatre ou cinq régions gagnables", sur treize, déclare le vice-président du parti, citant Provence-Alpes-Côte d'Azur, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Alsace-Champagne-Lorraine, Franche-Comté-Bourgogne et peut-être la région Midi-Pyrénées-Roussillon.

Le parti d'extrême droite mise particulière sur la région Nord-Pas-de-Calais où Marine Le Pen a pris le risque de conduire la liste FN, au risque, en cas d'échec, d'enrayer sa dynamique en vue du scrutin présidentiel. Et sur la région Paca, où la bataille est menée par la députée Marion Maréchal-Le Pen.

A trois mois des régionales, de récents sondages semblent confirmer la capacité de progression du FN.

"Les électeurs ont le sentiment que cette conjonction de crises économique, agricole, migratoire donne raison au Front national et crée incontestablement un appel d'air vers nous", souligne Florian Philippot.

Pour le numéro deux du FN, le scrutin sera marqué par "des thématiques régionales" que son parti mettra en avant, mais il y aura aussi "une dimension nationale extrêmement forte".

"Parce que c'est la dernière élection avant la présidentielle, parce que du fait de la réforme territoriale, les gens ne comprennent plus les limites des régions, des compétences, et parce qu'il y a une telle conjonction des crises que ça nationalise le scrutin", dit-il.

Le député européen insiste sur l'effritement continu de l'ex-UMP présidée par Nicolas Sarkozy "qui est infiniment moins solide que ses résultats aux élections départementales n'ont pu le laisser penser".

"Il y a une grande fragilité. Une fragilité idéologique et la fragilité d'un parti qui veut à tout prix cacher qu'il est totalement en accord avec le PS et le gouvernement sur tous les sujets, l'Europe, l'immigration, la politique économique.

"Tout ce temps et cette énergie consacrés à essayer de masquer cette collusion avec le PS ne l'aide pas à travailler sur le fond. C'est toute la différence avec le Front national qui, pendant ce temps-là, avance", ajoute-t-il. 

Florian Philippot à Matignon ?
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