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Publié par Bob Woodward

Merci M. Fabius !

La visite la semaine dernière à Téhéran du chef de la diplomatie française Laurent Fabius a été vivement critiquée dans les milieux conservateurs iraniens notamment pour sa position "dure" lors des négociations nucléaires ayant récemment abouti et le soutien à Bagdad pendant la guerre Iran-Irak1980-1988). Face à ces attaques, portant aussi sur un autre dossier des années 1980, le scandale du sang contaminé, le gouvernement iranien a pris sa défense, parlant de Laurent Fabius comme d'une "personnalité internationale" et estimant que le critiquer de la sorte n'était pas dans "l'intérêt" de l'Iran. 10 députés iraniens – sur 290 – ont demandé au ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, que Laurent Fabius ne vienne pas à Téhéran, selon l'agence semi-officielle Isna.

De son côté, l'agence Fars, proche des conservateurs, cite un des anciens représentants du Guide suprême Ali Khamenei, au sein des Gardiens de la révolution, Mojtaba Zolnour, qui parle de Fabius en "ennemi venant dans notre pays". Il note qu'il arrive "pendant la semaine du soutien aux hémophiles, ce qui nous rappelle nos chers compatriotes qui sont morts à cause de l'importation de sang contaminé dont le principal responsable est Fabius". Laurent Fabius était Premier ministre quand a éclaté en France, dans les années 1980, le scandale du sang contaminé. Le Centre national de transfusion sanguine avait distribué des produits sanguins contaminés par le VIH, provoquant la mort de centaines de personnes en France où ces produits avaient ensuite été interdits. Mais des lots de sang contaminé avaient continué à être exportés, notamment en Iran, y entraînant l'infection et la mort de plusieurs centaines de personnes. En 1999, Laurent Fabius avait été innocenté par la justice française.

Ces attaques, relayées par d'autres médias proches des milieux conservateurs, portent également sur le soutien de la France à l'Irak pendant la guerre avec l'Iran, ou encore sa position "dure" pendant les négociations nucléaires ayant abouti le 14 juillet à la conclusion d'un accord entre Téhéran et les grandes puissances.

Merci M. Fabius !

 

Selon Hubert Védrine, ex-ministre français des Affaires étrangères, ces attaques sont "une façon pour certains groupes iraniens de régler des comptes entre eux. Cela vient surtout des milieux les plus conservateurs, ce sont ceux qui ont le plus peur de l'accord" nucléaire conclu à Vienne. Cet accord ouvre la voie à la levée des sanctions internationales imposées à l'Iran depuis 2006, en échange de garanties qu'il ne se dotera pas de l'arme nucléaire.

"Fabius est une personnalité internationale" et après l'accord, "il n'est pas dans l'intérêt du pays de soulever cette question (du sang contaminé, NDLR) maintenant", a déclaré le ministre iranien de la Santé, Seyed Hassan Hashemi. Il a toutefois rappelé que l'Iran et la France avaient "une querelle juridique" sur cette question. Prenant à Paris la défense de son ministre, le président français François Hollande a prévenu : "Fabius, c'est la France (...) la manière dont il sera accueilli sera pour nous une évaluation du comportement de l'Iran."

Sans parler de la visite de Laurent Fabius, le ministre iranien de l'Industrie, des Mines et du Commerce, Mohammad Reza Nematzadeh, a cependant eu des propos fermes sur les constructeurs automobiles français qui ont quitté l'Iran – ou y ont baissé leur production – après l'imposition des sanctions internationales en 2006. Ils doivent "payer pour le non-respect de leur engagement passé et nous ne sommes pas prêts à leur donner un feu vert si facilement" pour une reprise de leurs activités en Iran, a-t-il dit.

Dans une tribune publiée par le quotidien gouvernemental Iran, Laurent Fabius écrit qu'après l'accord nucléaire du 14 juillet, "la voie est (...) ouverte pour une relance de notre dialogue bilatéral". "La France, puissance de sécurité et de paix, a toujours entretenu avec l'Iran des relations marquées par le respect et la franchise, y compris quand nous avons des différences d'approche", selon Laurent Fabius qui ajoute : "C'est dans cet esprit que je me rends à Téhéran et que j'aborderai avec les dirigeants l'ensemble des sujets (...) en particulier les enjeux de paix et de sécurité au Moyen-Orient, région traversée par de multiples tensions." Selon lui, "face à ces crises et à ces tragédies, l'Iran, pays influent, peut jouer un rôle positif. L'accord que nous venons de conclure lui crée et nous crée des responsabilités particulières."

Merci M. Fabius !

La société Peugeot sacrifiée

 

Présent en Iran depuis l'époque du shah, Peugeot fait de très bonnes affaires au pays des mollahs. Avec 455 000 véhicules écoulés en 2011, la République islamique représente, derrière la France, le deuxième marché dans le monde pour la marque au lion. Ces voitures - des Peugeot 206 et des 405 - sont livrées en kits de montage, assemblés dans son usine de Vesoul (Haute-Saône) avant d'être expédiés en Iran. Sur place, ils sont montés par Iran Khodro, principal constructeur iranien, qui assure la production et la commercialisation des véhicules. Or, cette idylle a été récemment contrariée par les sanctions internationales et européennes sur le programme nucléaire controversé de l'Iran.

Fin février 2012, le groupe français décide de "geler son activité" en Iran, c'est-à-dire de suspendre provisoirement ses livraisons de kits. "Le renforcement des sanctions contre l'Iran, notamment la collaboration entre les banques iraniennes et occidentales, rendait impossible le financement de ces exportations", explique au Point.fr un porte-parole de PSA. Ainsi, entre le premier semestre de 2011 et celui de 2012, le nombre de véhicules Peugeot vendus en pièces détachées dans le monde a baissé de 31,1 %, dont une grande partie concerne les exportations à l'Iran.

 

Pression de General Motors

 

Les sanctions européennes ont effectivement rendu difficile la possibilité pour Peugeot d'être payé par voie classique, c'est-à-dire bancaire. Mais ce serait surtout la récente fusion du groupe français avec la firme américaine General Motors (GM, qui est entrée fin février à hauteur de 7 % dans le capital de PSA, NDLR) qui aurait précipité la décision de rompre avec l'Iran. "Une des conditions de l'accord était bien la rupture des activités avec l'Iran", affirme le spécialiste de l'économie iranienne.

"Un lobby financier américain, United Against Nuclear Iran ("Unis contre un Iran nucléarisé"), nous a demandé de cesser nos activités en Iran", assure de son côté le porte-parole de PSA. "Mais nous lui avons répondu que cela avait déjà été fait avant l'alliance", précise-t-il. "Concernant la suspension de nos activités avec l'Iran, poursuit-il, c'est uniquement l'impossibilité de financer qui a pesé dans la balance." Pourtant, une source bien informée affirme au Point.fr que Peugeot a bel et bien dû montrer patte blanche à GM au sujet de l'Iran avant la signature de l'accord. "C'est l'administration Obama (l'État fédéral possède 60 % de GM, NDLR) qui a imposé la rupture des relations avec l'Iran", souligne la source. Au cours de la crise de 2008, GM a notamment bénéficié d'une aide de près de 50 milliards de dollars de la part de Washington.

Quoi qu'il en soit, l'alliance avec GM a mis définitivement un terme à la présence de Peugeot en République islamique.

Merci M. Fabius !

Il est clair que M. Fabius a suivi la ligne dure vis-à-vis de l’Iran, celle de l’Arabie Saoudite dont le roi vient de passer une semaine sur la Côte d’Azur. M. Fabius defend la « diplomatie économique ». A l’issue de la première réunion d’une « commission conjointe franco-saoudienne », Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, et Mohamed Ben Salman, ministre saoudien de la défense, ont annoncé mercredi 24 juin à Paris, l'achat par Riyad de 23 hélicoptères Airbus H 145, pour une valeur d'environ 500 millions d'euros.

Selon M. Fabius, vingt projets représentant « plusieurs dizaines de milliards d'euros s'ils sont intégralement menés à bien » sont par ailleurs actuellement en discussion entre les deux pays. Les deux pays vont par ailleurs étudier la faisabilité de la construction de deux réacteurs pressurisés européens (EPR) en Arabie saoudite. « Nous allons également signer un accord sur la formation à la sûreté nucléaire et un autre sur le traitement des déchets nucléaires », a ensuite ajouté M. Fabius, lors d’un point presse.

Le chef de la diplomatie française a aussi annoncé un « engagement » de Riyad sur l’acquisition de patrouilleurs rapides pour sa marine. « Cela représente à la fois beaucoup de créations d’emplois et plusieurs centaines de millions d’euros », a souligné M. Fabius. La partie saoudienne a toutefois expliqué discuter toujours le prix de ces navires. La France assume ce « partenariat stratégique » avec les monarchies du Golfe, dont l’Arabie saoudite, malgré les critiques des organisations non gouvernementales.

Pour qui travaille M. Fabius? Qui defend-il en apportant un appui aux interêts saoudiens, en attaquant le régime syrien et en voulant renverser Bachar Al Assad. La diplomatie française semble soutenir les groupes les plus radicaux en Syrie et non pas un processus de négociation avec les partenaires iranien et syrien. La diplomatie française a-t-elle oublié qu’elle a donné refuge à l’Ayatollah Khomeini en 1978 et début 1979? M. Fabius met à mal une histoire franco-iranienne commune pour des benefices bien légers avec des monarchies du Golfe qui ont tendance à soutenir des groupes djihadistes en Syrie…

 

 

Merci M. Fabius !

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