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Publié par Bob Woodward

Une exécution annoncée

Comme vous l’avait indiqué decryptnewsonline le 24 avril dernier, la justice indonésienne n’a pas flanché : http://www.decryptnewsonline.com/2015/04/l-indonesie-ne-va-pas-plier-face-a-l-occident.html

Les pays occidentaux, et en particulier la France, ont du mal à comprendre les enjeux de fierté nationale qui se jouent en Indonésie. La Cour administrative de Jakarta a rejeté, lundi 22 juin, le recours du Français Serge Atlaoui, qui contestait le refus du président indonésien de lui accorder une grâce après sa condamnation à mort en 2007 pour trafic de drogue. Les raisons ne sont pas juridiques mais bien politiques. Cette décision était attendue dans la mesure où des recours semblables introduits par d'autres condamnés à mort en Indonésie ont été rejetés par le passé par cette juridiction qui s'était déclaré incompétente. Il était initialement prévu que Serge Atlaoui soit exécuté le 29 avril avec huit autres condamnés à mort pour trafic de drogue dans le cadre d'affaires distinctes -- deux Australiens, un Brésilien, quatre Africains et un Indonésien --, mais son nom avait été retiré de la liste au dernier moment.

« Nous rejetons le recours du demandeur », a déclaré le président de la juridiction, Ujang Abdullah. Un précédent recours du Français qui avait demandé au tribunal administratif de Jakarta d'examiner au fond cette affaire avait déjà été rejeté en première instance. Son avocat a promis de continuer à explorer toutes les voies juridiques pour sauver son client de la peine capitale. Ce recours en grâce était la dernière voie à disposition du Français, même si aucune date n'a encore été fixée pour son exécution.

Vainqueur de la présidentielle de 2014, Joko Widodo, dit "Jokowi", dirige l'Indonésie depuis le 20 octobre 2014.

Premier président sans lien avec le régime du dictateur Suharto, qui a dirigé le pays entre 1967 et 1998, il était très bien perçu par les associations des droits de l'homme. Celles-ci avaient placé beaucoup d'espoirs dans cet homme, issu d'un milieu modeste, pour développer les libertés fondamentales.

Une exécution annoncée

Des exécutions régulières

C'est dire si ces ONG ont été déçues quand l'une des premières décisions de Joko Widodo fut de rejeter les demandes de grâce de six condamnés à mort pour trafic de drogue, dont tous les recours judiciaires avaient été épuisés. La décision de "Jokowi" a alors ouvert la voie à la reprise des exécutions, qui avaient cessé depuis novembre 2013. Début janvier, ces six personnes, dont cinq étrangers (et parmi eux un Néerlandais), sont ainsi passées devant le peloton d'exécution.

Pourquoi une telle fermeté ? Selon l'analyste politique Yohanes Sulaiman, interrogé par l'AFP, "Jokowi est profondément convaincu qu'une exécution est un must pour faire face au trafic de drogue", un trafic qui fait chaque année des centaines de morts dans le pays.

 

Un sursis lui avait été accordé

Serge Atlaoui devait être exécuté fin avril en compagnie de 8 autres personnes mais un sursis lui avait été accordé in extremis. Les autorités indonésiennes avaient invoqué cette procédure en cours, sur fond de pressions diplomatiques françaises. Dans le cadre des efforts entrepris par la France, opposée à la peine de mort, le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, avait écrit en avril à son homologue indonésienne en déplorant de « graves dysfonctionnements de la justice indonésienne » dans l'affaire Atlaoui.

Ces mises à mort avaient provoqué de vives protestations internationales, tandis que les autorités indonésiennes évoquaient déjà d'autres exécutions à venir. Mais depuis plus d'un mois, la question n'est plus abordée. Dans la procédure intentée devant la Cour administrative, les avocates indonésiennes du Français ont fait valoir lors de précédentes audiences que le président indonésien n'avait pas examiné le dossier de Serge Atlaoui avant de rejeter sa demande.

La défense avait fait citer un expert expliquant qu'il était du ressort de la Cour administrative d'examiner cette affaire au fond. Mais les juges ont estimé que cela ne relevait pas de leur compétence. Avant même que la décision ne soit rendue, les avocates de Serge Atlaoui avaient indiqué envisager d'autres recours.

Serge Atlaoui, 51 ans, soudeur de profession, affirme qu'il n'a fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique, et qui abritait en réalité un laboratoire clandestin d'ecstasy.

Une exécution annoncée
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