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Publié par Bob Woodward

Le coup d’Etat de Platini

Ancien bras droit de Sepp Blatter, le Français Jérôme Champagne a accusé Michel Platini et l'UEFA d'avoir tenté un coup d'Etat contre la Fifa. "C'est dans l'histoire. Depuis la victoire de Havelange en 1974 sur le président de la Fifa anglais, l'UEFA a de manière permanente, en 1998, en 2002 et 2011, essayé de prendre le pouvoir" développe-t-il au micro de RTL.

Il rajoute que "Michel Platini, malgré ses grandes envolées est engagé dans une politique politicienne de remise en cause de l'autorité mondiale".

Ancien candidat à la présidence de la Fifa, Champagne a également tenu à préciser les propos du président de Fédération congolaise, Constant Omari, qui accusait l’Allemagne d’avoir acheté le vote de l’Océnaie lors de l'attribution du Mondial 2006 : "Le mot acheter n'est pas le mot que  je connais mais vous savez que le vote qui a eu lieu en juillet 2000 pour l'attribution de la Coupe du Monde 2006 s'est passé dans une situation extrêmement controversée puisque le Président de la confédération océanienne, Charles Dempsey, n'a pas voté au 3e tour, ce qui aurait amené l'égalité 12-12 et dans ce cas-là, le président Blatter aurait eu la voix déterminante. (Charles Dempsey) a décidé, selon le prétexte de menaces de mort qui n'ont jamais été démontrées, de rentrer chez lui mais il faut savoir que sa petite-fille travaillait au bureau du secrétaire général de l'UEFA qui était allemand et donc vous voyez bien la connexion qui a généré autant de controverses."

Le coup d’Etat de Platini

Impliqué jusqu'au cou

C'est une histoire qui sent la corruption, l'argent et l'échange de bons procédés. Et dans laquelle Michel Platini serait impliqué jusqu'au cou. Selon le Daily Telegraph, le président français de l'Union européenne de football (UEFA) serait directement mêlé à l'affaire de corruption qui entoure l'attribution du Mondial 2022 au Qatar. Car le quotidien britannique l'assure : l'ancien numéro 10 de l'équipe de France aurait rencontré en secret Mohamed Bin Hammam, membre qatari du comité exécutif de la Fifa et radié à vie en 2012 pour corruption, accusé d'avoir offert monts et merveilles à ceux qui voteraient en faveur de son pays.

''La France entraînée dans le scandale de la Coupe du monde au Qatar'', titre le quotidien, qui estime que Platini, avec cet entretien qui a précédé de peu le vote, a été l'un des principaux défenseurs de la candidature qatarienne. ''La France est la première nation européenne impliquée dans le scandale, qui était jusque-là limité aux pays africains et caribéens'', poursuit le quotidien, qui s'appuie sur deux preuves : le dîner à l'Elysée entre Platini, Nicolas Sarkozy (alors Président), Bin Hammam et le fils de l'émir du Qatar, ainsi que la nomination de Laurent Platini, fils de, comme chef exécutif de Burrda, compagnie de sports qatarienne.

Le coup d’Etat de Platini

Une candidature à la présidence de la Fifa se cache là-dessous

Autant d'accusations… déjà énoncées par le magazine France Football, lequel se référait également au fameux déjeuner qui avait fait changer d'avis au président de l'UEFA, lequel envisageait de donner sa voix aux Etats-Unis. ''Un tissu de mensonges'', avait alors répliqué Platini, qui ne s'interdisait pas ''d'attaquer en justice toute personne qui mettra en doute [son] intégrité dans ce vote''. ''Croire que mon choix se serait porté sur Qatar 2022 en échange d'arrangements entre l'Etat français et le Qatar n'est que pure spéculation et n'engage que ceux qui écrivent ces mensonges'', se défendait-il encore.

Ce mardi, l'ancien joueur de Nancy et Saint-Etienne en a remis une couche, via un de ses proches. ''Cette rencontre n'a rien de secret et n'a rien à voir avec le dossier de candidature du Qatar. C'était un simple petit-déjeuner pendant lequel Ben Hammam a demandé à Platini de se présenter contre Blatter à la présidence de la Fifa'', ce qu'il a refusé. Du côté de l'instance européenne, on se montre plus offensif : ''Tout ça, c'est la parano de Blatter (président de la Fifa, ndlr) qui a peur que Platini se présente contre lui à la présidence'', relate Le Monde. Cette histoire est encore loin d'être terminée.

 

Laurent Platini, l’agent du Qatar

Qatar Sports Investments a réussi un gros coup en 2012 en recrutant le fils de Michel Platini. Moins cher que Carlos Tevez mais moins beau gosse que David Beckham, c’est Laurent Platini, fils de Platoche, triple ballon d’or et président de l’UEFA depuis 4 ans. QSI a fait venir Platini Jr afin qu’il intègre la direction du fonds souverain à Paris, en qualité de juriste. Et pourtant, la frontière entre sa profession et le football n’a jamais été très éloignée.

Tout a commencé le 24 mai 1988, Michel Platini fait son jubilé. Laurent, 9 ans à l’époque, remplace son père avec le numéro 10 sur le dos, son plus bel héritage. Et Laurent va rater de peu l’ouverture de son compteur but. Michel avait ramené à sa fête Pelé, Maradona et l’EdF de l’époque sévillane. C’est sûr qu’après ça, tu ne peux pas imaginer les crochets de Youssouf Hadji et les débordements de Jean Calvé à Marcel Picot. Laurent lui, défenseur central des moins de 17 ans de Boulogne, a été peu épargné par les blessures, il n’a jamais ambitionné un passage vers le haut niveau, à l’inverse de son copain Thibault, le fils d’Alain Giresse.

 

Le coeur au Parc

Alors que sa soeur opte pour les costumes du théâtre, Laurent Platini désire enfiler la robe d’avocat. Après une maîtrise à la faculté d’Assas de Paris, il décroche le DJCE (diplôme de juriste conseil en entreprise) à Nancy. Intervenant à la faculté de Dijon, il démarre fin 2004 une thèse intitulée « Le contrôle financier des clubs sportifs professionnels ». Supporter du PSG depuis l’enfance, il contacte le club de la capitale pour proposer ses services. La présence de Jean-Michel Moutier, ami de son père, facilite son arrivée. Il sera sous l’autorité de Jean-François Meaudre, président du directoire. Le junior se fait discret, jusqu’à son départ du PSG pour le groupe d’Arnaud Lagardère en 2008.

Le coup d’Etat de Platini

La tête ailleurs

Laurent Platini rejoint donc la troupe Lagardère et sa filiale sport, Lagardère Unlimited en tant que directeur juridique. Misant sur le football mais n’ayant pas d’accord avec la FIFA, le PdG décide de s’implanter dans le multisport. Sauf que ce virage ne correspond pas au désir du numéro 1 et 2 de la firme, qui voulaient tout concentrer sur le football. Résultat, ils démissionnent durant l’été 2011. Ces départs conjugués ont sûrement convaincu le fils Platini de rejoindre le groupe QSI qui entre temps, a racheté son club de coeur, le PSG. QSI en a profité également pour investir à hauteur de 10% dans le groupe Lagardère. On ne sait pas encore s’il va reprendre sa position au club, ou s’il va seulement s’occuper des intérêts du fonds d’investissement en Europe. Cette arrivée ne doit pas ravir son père, lui n’avait pas hésité à critiquer le rachat du PSG, « on peut avoir un propriétaire du Qatar, un directeur sportif brésilien, et pourquoi pas un entraîneur italien et des joueurs d’autres nationalités : je ne vois pas le rapport avec le PSG. » Lui qui disait aussi en 1998, « moi, je ne me résous pas à ce que le CAC 40 et la Bourse dominent le football ».

 

Conflit d’intérêt

Désormais, le président de l’UEFA a son fils dans la place qatarienne. Non content de revenir au plus près de son club favori, qui vient de remporter la quasi-totalité des droits de la Ligue 1.

Jusqu’où peut aller le groupe QSI ? Ligue 1, Ligue des Champions, bientôt l’Europa League et le championnat d’Europe, l’entente familiale devrait faciliter encore plus la donne. D’autant plus que Michel Platini serait bien placé pour prendre la succession de Blatter à la FIFA. Il ne tient qu’à Laurent de réconcilier définitivement son père avec ses nouveaux employeurs. Platini est dévoré par la même soif de pouvoir que son homologue de la FIFA, Joseph Blatter. Contrairement à son mentor politico-sportif qui n’a jamais été un grand joueur, Platini n’a rien à prouver. Sa carrière parle pour lui. Ses paroles ont du poids. Platini n’a besoin ni d’argent ni de reconnaissance. Le pouvoir est pour lui, d’une certaine façon, une question subsidiaire. Profiter ou bien travailler ? Sans cesse, on lui demande quand il prendra la suite de Blatter aux commandes de la FIFA. L’intéressé esquive la question. “C’est suffisamment fatigant comme ça de voyager aux quatre coins de l’Europe, mais au moins il y a toujours un vol pour le retour le soir, explique-t-il. Vous imaginez les déplacements du président de la FIFA ?” De fait, ce dernier voyage 300 jours par an, en première classe ou en jet privé, mais tout de même… “Aujourd’hui l’Océanie, demain l’Amérique du Sud, après-demain l’Afrique. Il faudrait que je subisse ça ?” s’interroge Platini. Mais ne vous y trompez pas. Sur le terrain, Platini donnait déjà souvent l’impression d’être absent, comme s’il ne fallait pas compter sur lui. Légèrement rondelet, le maillot dépassant du short, les chaussettes tombantes. Et pourtant, quel génie. Raffiné et toujours dangereux.

Le coup d’Etat de Platini

L'UEFA et les soupçons de corruption

Platini a nettement moins bonne presse aujourd’hui. Aussi bien au sein de l’UEFA que de la FIFA, où il garde un silence de marbre à propos de la corruption généralisée et où il ne compte pas parmi les réformateurs. C’est grâce à lui que l’Ukraine et la Pologne ont obtenu l’organisation de l’Euro 2012. Sur ce point, tout le monde est d’accord pour dire qu’il s’agissait d’un renvoi d’ascenseur à ceux qui l’ont soutenu dans la région, notamment le président de la fédération ukrainienne, le mystérieux Grigoriy Surkis. Platini a furieusement défendu sa décision et a dû remettre à sa place le défenseur allemand Phillip Lahm, qui appelait à une prise de position politique. Platini le charmeur a subitement montré un visage impitoyable. Platini a succédé au Suédois Lennart Johansson en janvier 2007 grâce à trois hommes en particulier : Grigoriy Surkis, Joseph Blatter et le Chypriote Marios Lefkaritis, sulfureux magnat du pétrole. Cet entourage n’est guère à l’honneur de l’ancien joueur et soulève de nombreuses questions qui restent encore sans réponse. Il y a les accusations de corruption lancées fin 2010 par l’ancien joueur grec Spyros Marangos à propos de l’attribution de l’Euro à l’Ukraine et à la Pologne. Il serait question de millions distribués à des fonctionnaires de l’UEFA. L’institution – et son président – ont balayé ces accusations et déposé plainte contre Marangos. L’UEFA n’est guère pressée de s’expliquer. Marangos n’a de toute manière pas apporté de preuve. 


 

Du népotisme ?

L’ancien fonctionnaire craindrait pour la sécurité de sa famille. Cela n’est peut-être pas étranger au fait que de nombreuses pistes mènent à Chypre, où règne en maître le richissime Marios Lefkaritis, l’un des directeurs du groupe Petrolina et membre des comités exécutifs de l’UEFA et de la FIFA. Platini défend le Chypriote avec ferveur et leurs familles sont étroitement liées, ce qui suffit à alimenter le soupçon dans les rangs des fonctionnaires les plus intègres de l’institution. Un cabinet d’avocats chypriote gère les affaires de l’Ukrainien Surkis, pour qui la petite île méditerranéenne est comme une seconde patrie. Il y a aussi les rumeurs de pots-de-vin faramineux dans l’attribution de la Coupe du monde de football à la Russie en 2018 et au Qatar en 2022. Des intermédiaires chypriotes auraient joué un rôle important dans ces décisions. Il n’y a toutefois pas de preuve. Et pas plus d’explications. Platini a soutenu la candidature du Qatar en décembre 2010. Quelques semaines plus tard, son fils Laurent, un avocat, était nommé responsable de la branche européenne du fonds Qatar Sports Investments. Ce fonds d’investissement gère notamment les activités commerciales du PSG et a été impliqué dans le sponsoring spectaculaire du FC Barcelone par la Qatar Foundation. Les affaires du fils du patron de l’UEFA et futur président de la FIFA se portent particulièrement bien. Platini n’y voit rien de problématique. Certains parlent de népotisme. Ces relations ne sont guère conformes aux nouvelles règles de la FIFA. Pourtant, pour Platini, l’homme aux deux visages, rien de plus normal.

 

Le coup d’Etat de Platini

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