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Publié par Bob Woodward

Le Che s'en va...

Jean-Pierre Chevènement a décidé de quitter le MRC le jour du congrès national du parti le 13 juin 2015. L’ancien ministre a décidé de quitter le Mouvement républicain et citoyen, dont il était président d’honneur, pour « reprendre sa liberté », a-t-il indiqué samedi à l’AFP.

« Comme tout parti politique, le MRC obéit à une logique. Je suis au-delà des logiques partisanes, a-t-il expliqué par téléphone. Le MRC a sa logique et moi, j’ai la mienne (…) Je veux m’exprimer en toute liberté sur l’école, le collège, l’Europe, la crise grecque, l’Ukraine, le terrorisme… » ajoutant qu’il ne fallait pas interpréter cette décision comme un « retrait (de la vie politique), tout au contraire ».

 

Relancer le cercle République moderne 

« Je compte relancer le cercle République moderne », créé en 1983 après son départ du gouvernement, a rappelé l’intéressé, âgé de 76 ans.

Le MRC est actuellement présidé par Jean-Luc Laurent, qui a qualifié cette décision de « regrettable ». « Le MRC, à une forte majorité, ne veut pas du dialogue préférentiel avec (le président de Debout la France) Nicolas Dupont-Aignan que proposait Jean-Pierre Chevènement », a-t-il expliqué à l’AFP. La motion en ce sens présentée au vote des militants au congrès du MRC avait recueilli seulement 16 % des voix.

« C’est un refus des procédures démocratiques et du vote des militants du MRC lors du congrès », a regretté Jean-Luc Laurent, tout en soulignant que « le combat engagé par Jean-Pierre Chevènement continue et l’amitié reste intacte ».

Le Che s'en va...

A l'heure où les djihadistes sont en capacité de faire main basse sur l'Irak. A l'heure où ils clament leur volonté de créer un Etat islamiste au Levant (Irak, Syrie, Liban, Jordanie et Palestine), il est possible de mesurer les conséquences politiques et stratégiques des projets fous portés par les Etats Unis d'Amérique depuis la guerre du Golfe en 1991.

On se souvient à l'époque de la démission de Jean-Pierre Chevènement alors ministre de la défense de François MItterrand.  Au nom "d'une certaine idée de la France", il avait refusé de cautionner cette aventure guerrière qui selon lui n'aurait comme seul résultat que de "fouetter l'intégrisme islamiste." Vingt ans plus tard nous mesurons l'étendu du désastre. Que n'avons-nous entendu à l'époque. En particulier de la part de celles et ceux qui masquaient leur conformisme et leur incapacité à développer une pensée stratégique, derrière des postures de matamores. Où sont-ils aujourd'hui?

Les néo-conservateurs de tous poils et leurs valets, notamment en France, n'ont eu de cesse de mettre de l'huile sur le feu. Les entreprises coloniales et même criminelles de la deuxième administration Bush ont plongé tout le Proche et le Moyen-Orient dans le chaos. Sous couvert "d'exportation de la démocratie", la vraie volonté était de "ramener l'Irak à l'âge de pierre" en réalisant au passage de juteux profits grâce à la privatisation de la guerre.

Aujourd'hui, une entité intégriste, pouvant bénéficier de la continuité territoriale est en cours de constitution sur le flanc Sud-Est du continent européen. Entité mafieuse, sectaire et en partie fanatisée. Si on ajoute à cela, les mouvements djihadistes de l'Afrique subsaharienne, sans oublier l'attirance pour une partie de la jeunesse occidentale de ces mouvements extrêmistes, il ne faut pas être grand clerc pour mesurer le danger géo-stratégique et géo-politique que cela représente.

Le Che s'en va...

Nous devons hélas nous préparer aux conséquences de ces politiques irresponsables.

Il faut avoir une politique étrangère à la hauteur des périls qui nous menacent. La France doit retrouver toute la puissance de sa voix. C'est à dire dans un premier temps et dans l'urgence:

-L'effort de défense de la France doit être maintenu et même accru. Bruxelles sera bien content le moment venu d'avoir une armée française en capacité de sauver ce qui pourra l'être.

-Rompre avec cette russophobie ambiante et imbécile totalement contre-productive pour les intérêts de la France.

-Mettre sur pied un véritable partenariat franco-méditerranéen, notamment avec l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, qui doivent être des partenaires stratégiques pour la France. 

-Repenser notre politique migratoire avec la rive Sud de la Méditerranée. Elle est à bout de souffle.

-Avancer résolument sur le réglement de la création de l'Etat de Palestine que la France doit reconnaître. S'il le faut unilatéralement. Soutenir et travailler avec le nouveau gouvernement d'Union nationale palestinien. C'est l'une des conditions pour amoindrir les dangers qui s'accumulent sur Israël.

-Lancer un partenariat stratégique avec l'Iran sur le nucléaire civil. 

Il convient aujourd'hui d'avancer rapidement...il est à craindre que nous n'ayons plus le luxe de mener des politiques à l'eau tiède.

De tous temps, Jean-Pierre Chevènement a eu la volonté de promouvoir une politique extérieure de la France indépendante des blocs, hors du giron des Etats-Unis. De son analyse des rapports de forces internationaux dépendent ses différentes prises de position politiques. De l’autogestion à la République, de la rédaction du Programme commun à son rôle de représentant auprès de la Russie, il garde pour fil rouge de sa pensée l’idée qu’une France indépendante des blocs hier, des Etats-Unis (et de la Chine) aujourd’hui est la clé pour bâtir une Europe dont l’indépendance et le rôle de médiateur dans le monde, entre Nord et Sud, lui permettrait de «jouer mondial». C’est la condition pour que nos sociétés renouent avec le progrès et l’émancipation pense-t-il...

Le Che s'en va...
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