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Publié par Bob Woodward

BHL sur la liste noire du Kremlin

BHL est sur la liste noire de Poutine. BHL, l'une des figures les plus éclairée de la phalange d'intellos médiatiques français qui nous expliquent le monde et mouillent la chemise dès que se pointent les méchants, a parlé longuement de la Syrie dernièrement. Dans une tribune dans Libération d'octobre 2014, il parle, lui, du « miracle insensé de la résistance », des « fous d'allah », de Kobané « avant-garde (de) la coalition », de la nécessité « de vérifier la fiabilité des alliances et du système de sécurité collective mis en place dans la région au lendemain de la seconde guerre mondiale » et du (attention, c'est du lourd) « Kurdistan laïque, incarnation s’il en est des valeurs de modération et de droit que les chancelleries appellent de leurs vœux en terre d’Islam ». Et là, la chemise (blanchouvertesurpoitrailglabre, toujours), BHL, il te la détrempe carrément. Avec quelques manies étranges.

D'abord cette façon systématique de convoquer la guerre d'Espagne (Graeber l'évoque aussi mais pas comme une figure de style récurrente, plutôt pour ébaucher un lien politique et historique entre les deux situations). Ah! BHL et la guerre d'Espagne... Déjà, lors du conflit de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah, il n'avait pas pu s'empêcher de faire le rapprochement. Bien qu'un peu agaçante à la longue, cette constance est réconfortante, c'est un gage de fidélité à la cause : BHL est un vrai républicain antifasciste, la preuve, il parle tout le temps de la guerre d'Espagne. Ensuite, cette capacité à rendre compte, toujours humblement et sans ambiguité aucune, de son expérience physique des sujets dont il traite. Ainsi donc quand il évoque, à Kobané, « la bataille (qui) se joue au corps à corps, ruelle par ruelle, presque maison par maison, dans les faubourgs de la ville » on se dit que ce mec, tout ce qu'il a vécu à Sarajevo, à Tripoli et en Afghanistan, c'est quand même impressionnant, hein ? Hou là là. Y'a qu'à voir toutes les photos qui traînent de lui sur les « théâtres des opérations » du monde entier. Il sait ce que c'est, lui, les combats au corps à corps...

BHL va tomber. Espérons qu’il finisse par se taire. Et arrêter de nous fatiguer avec ses banalités pathétiques et son néoconservatisme au fond de sauce social-démocrate. C'est une question d'heures. De jours peut-être. De mois. D'années ? En tout cas, c'est pour bientôt. Sa pièce de théâtre terrassée un mois avant la date prévue, c'est le début de la fin. Zéro public. Un carnage artistique. Guernica... (Et d'ailleurs... l'Espagne va enfin pouvoir respirer tranquille. On est content pour elle.) Poutine, lui, a bien compris avant les autres à qui il avait à faire…Bravo M. Poutine !

BHL sur la liste noire du Kremlin

Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, avait déjà dénoncé dès 2012 les "professionnels de l'ingérence" qui poussent, selon lui, la France "à intervenir militairement" en Syrie."La Syrie n'est ni la Tunisie ni l'Egypte. C'est un pays plongé dans une guerre civile inspirée et alimentée de l'extérieur", estime-t-il. Selon l'ancien ministre de la Défense, "des professionnels de l'ingérence poussent aujourd'hui la France à intervenir militairement, fusse par la seule voie aérienne, en violation de la légalité internationale et au côté de pays dont les ambitions et les intérêts ne sont pas les nôtres".

"Le précédent libyen ne saurait être invoqué", déclare-t-il. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU de mars 2011 a, selon lui, "été interprétée au-delà de son objectif proclamé -la protection des civils-, jusqu'à un changement de régime dont l'une des conséquences a été la déstabilisation du Mali". M. Chevènement rappelle que le président François Hollande "a plusieurs fois souligné que la France n'interviendrait pas en dehors d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations-unies". "La politique de la France repose sur des principes et aucune campagne d'opinion ne doit l'en faire dévier", affirme-t-il.

"La politique de +changement de régime+ a été pratiquée en Irak" par l'ancien président américain George Bush en 2003, mais "elle ne saurait aujourd'hui recevoir la caution de la France". Dans le quotidien Le Monde, l'écrivain et essayiste Bernard-Henri Lévy, en pointe lors de l'intervention occidentale en Libye en 2011, avait lancé un appel à une action militaire aérienne en Syrie. On est en droit de lui demander de savoir quels djihadistes il soutient en Syrie, ceux du Qatar ou de l’Arabie Saoudite. Inlassablement la presse et les médias nous resservent la soupe de la guerre chimique, le hic, c’est que si gaz sarin il y a il n’est pas exclu que son utilisation soit le fait des islamistes.

Au fait, en Egypte Hollande est-il sur la position de nos amis du Qatar et soutient-il les islamistes? ou comme son grand allié saoudien est-il partisan de l’armée égyptienne?

La politique d’ingérence baptisée humanity protect a abouti à un désastre en Libye sans qu’aucun compte ne soit demandé à ses instigateurs. BHL peut continuer sa sale besogne belliciste; M. Sarkozy et M. Hollande plastronner…

Quant à la Syrie on peut se demander comment Hollande ose après les 6000 morts virtuels invoqués à Benghazi et qui ont « motivé » l’intervention occidentale , puisse sans rire demander à l’ONU de vérifier les assertions des djihadistes en difficultés .La politique du chaos , destruction de tous les états susceptibles de faire obstacle à la politique américano israélienne, risque fort de se retourner un jour contre ses instigateurs. Et que dire de Daniel Cohn Bendit qui demande à l'Union Européenne d'accueillir la Turquie comme nouvel Etat membre, alors que la Turquie soutient militairement l'Etat Islamique en Syrie et en Irak...
Merci M. Poutine de nous ouvrir les yeux sur ces contempteurs du bon sens !

BHL sur la liste noire du Kremlin

On dit que tous les points de vue se valent. C’est sur cette affirmation positive que je suis allé visiter bravement le site de BHL, pour y dénicher un billet, summum de déclaration d’amour à un Atlantisme aveugle. La pièce, qui assurément ne restera pas dans les annales journalistiques comme le fameux ‘j’accuse’ écrit, lui par un écrivain génial, s’intitule ‘Pourquoi Poutine est un danger pour l’Europe’.

Je mesure combien analyser ce texte c’est lui faire trop d’honneur, et aussi à celui qui l’a commis, mais je m’y risque. Il emploie les qualificatifs « faire échec par la seule diplomatie à l’aventurisme, au jusqu’au boutisme, au bellicisme du Kremlin » pour Poutine, ce qui est parfaitement exact, si ce n’est qu’il se trompe de responsable, il aurait dû dire que ces qualificatifs s’appliquent à Washington.

Suit une série de reproches, où les descriptions sont partiellement vraies, sauf qu’il manque les reproches essentiels qui, eux, ne s’appliquent pas à Poutine mais à Obama. Il s’attaque à « tous les Podemos, Syriza et autres Front National dont le but avoué est de déstabiliser l’Union européenne et ses règles ». Quelle honte, un schisme ! Il y en a qui osent défier l’Europe. Certains parmi eux sont même démocratiques ; le peuple, cette horreur.

Il présente comme une hérésie de dire que « L’Ukraine appartiendrait historiquement à la Russie », comme si ça n’était pas vrai. « L’histoire, disait Valéry, est le produit le plus dangereux que la chimie de l’intellect ait élaboré. » Sans élaborer sur la chimie qui à l’occasion s’invite dans le cerveau de BHL, tant frapper en dessous de la ceinture c’est mal même avec cet individu, on dira que les notions historiques de BHL sont à revoir. « Et, en occupant la Crimée puis le Donbass, l’héritier de Nicolas 1er et de Staline ne ferait que récupérer son bien ? » dit-il, oubliant qu’un petit pays fort puissant du Moyen-Orient qu’il aime plus que tout base sa légitimité sur le même genre d’argument, ce qui lui donne le prétexte à éliminer un Peuple à petit feu.

Pensez donc, on a invité ce gars-là (Poutine, car c’est BHL qui parle) à rejoindre le Partenariat pour la Paix (1994), le Conseil de l’Europe (1996), la Charte de Sécurité européenne de l’OSCE (1999) ou le Conseil conjoint OTAN-Russie (2002). On lui a fait cet honneur illustre et voilà comment il nous remercie au lieu de s’étaler sous nos pieds comme le paillasson qu’il devrait être.

Il monte d’un cran dans la bêtise, alors qu’il est déjà dans sa stratosphère. « Bref, l’Europe est confrontée, en Ukraine, à une situation dont c’est peu dire qu’elle ne l’a pas choisie ». Ça, c’est clair. C’est Washington qui a tout manigancé et c’est même une super épine dans le pied de l’Europe qui s’en serait bien passée. Il parle d’une « crise gravissime mais orchestrée, de bout en bout, par le Kremlin », or cette crise est due aux 5 milliards de dollars offerts par l’Amérique pour démarrer les hostilités au Maidan. Le Maidan, il sait ce que c’est le philosophe, il y était et il a fait marrer les trois quarts des gens sur la place. Et ceux qui l’ont écouté présenter sa pièce à la télé ukrainienne se tiennent encore les côtes. Je parle bien russe et je me suis amusé de l’effroi de la traductrice et du journaliste, qui transpirait dans la traduction (l’effroi et la traductrice).

Poussant l’ignominie encore plus loin, il estime que l’« Ukraine est devenue, bien malgré elle, la sentinelle de l’Europe démocratique ». Et il conclut que « faute de pouvoir arrêter Poutine, il faut donner à Porochenko les moyens militaires de se défendre vraiment ».

Il n’est pas retourné sur les lieux de ses précédentes interventions, de la Libye à l’Ukraine et ailleurs où il ne serait pas très bien accueilli, tant il a semé le vent et les autres ont récolté la tempête. Saura-t-on un jour pourquoi ce dandy et faux philosophe est invité ou écrit dans les colonnes les plus fermées ?

Cela restera un des mystères les plus opaques du temps présent. "Les cons, ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît" disait Michel Audiard. C’est vrai qu’on le reconnaît, BHL.

BHL sur la liste noire du Kremlin
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