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Publié par Bob Woodward

Le combat Valls contre Dumas

Dumas, soutien de Dieudonné

L'ancien ministre (PS) des Affaires étrangères Roland Dumas a soulevé la polémique en estimant ce lundi matin sur RMC et BFMTV que Manuel Valls était "probablement" sous influence juive, évoquant ses "alliances personnelles" .

L'ancien ministre (PS) des Affaires étrangères Roland Dumas a estimé lundi sur RMC et BFMTV que Manuel Valls était "probablement" sous influence juive, évoquant ses "alliances personnelles" et, sans la nommer, l'épouse du Premier ministre, Anne Gravoin.

Le Premier ministre est-il sous influence juive?, demande RMC et BFMTV. "Probablement", "je peux le penser", a répondu l'ancien président du Conseil constitutionnel. "Il a des alliances personnelles qui font qu'il a des préjugés. Chacun sait qu'il est marié avec quelqu'un, quelqu'un de très bien d'ailleurs, qui a de l'influence sur lui", a-t-il également déclaré.

Manuel Valls est régulièrement attaqué avec cet argument dans les milieux proches de l'extrême droite et ceux proches de Dieudonné M'Bala M'Bala, qui avait qualifié l'actuel Premier ministre "de petit soldat israélien veule et docile". Rappelons-nous que Roland Dumas et Dieudonné se sont retrouvés lors des obsèques de l'avocat Jacques Vergès!

Le combat Valls contre Dumas

Anne Gravoin jusqu'au-boutiste?

Dans un dossier consacré à M. Valls le 30 janvier 2014, l'hebdomadaire Valeurs Actuelles écrivait notamment: "de nombreuses sources, Place Beauvau, attestent du +jusqu'au-boutisme+ d'Anne Gravoin, elle-même membre de la communauté juive, dans la lutte contre l'humoriste controversé (Dieudonné, NDLR). Une influence qui expliquerait que Manuel Valls ait mis tout son poids dans un combat pourtant loin d'être prioritaire".

Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale Bruno Le Roux s'est dit "révulsé par les propos de monsieur Dumas". "A un moment où il faut combattre l'antisémitisme, c'est honteux".

Proche de Manuel Valls, le sénateur PS Luc Carvounas a dénoncé des "propos nauséabonds".

"Sous le prétexte que je défendais à une époque les Arabes, les Palestiniens, contre les Israéliens, (M. Valls) m'a agressé un jour alors que je le connais à peine, c'est un copain de parti (...) Le père (de M. Valls) était un Républicain espagnol formidable, c'était un bon peintre, il est resté en France, il a toujours refusé de revenir en Espagne du temps de Franco. Cela signifie quelque chose pour moi. Lui a pris le point de vue contraire. C'est sa vie, ça le regarde", a raconté lundi M. Dumas. "Il m'avait attaqué en disant que ce n'était pas la position des socialistes. En quoi il est socialiste, lui ? Moi, j'ai refait le Parti socialiste en 1942", a dit l'ancien ministre de François Mitterrand, âgé de 92 ans.

M. Dumas a par ailleurs rejeté l'expression "islamo-fascisme" employée lundi matin par M. Valls. "Le fascisme, c'était pas ça, l'hitlerisme non plus, il ne faut pas exagérer". "Il y a une sorte d'escalade qui se produit, moi j'appelle à la raison", a-t-il dit.

Il s'est enfin dit "assez sévère" sur la politique extérieure actuelle de la France qui n'est "plus indépendante. La meilleure preuve: elle a des complexes dans la politique actuelle. Elle devance et va plus loin" que les Etats-Unis. Dans le dossier syrien, "c'étaient les Américains qui nous freinaient, c'est un comble".

Le combat Valls contre Dumas

Dieudonné au coeur du débat

Qu’un ministre d’État, celui de l’Intérieur et des Cultes, puisse poursuivre un humoriste – plus ou moins drôle, c’est à laisser à l’appréciation de chacun – de sa vindicte personnelle, mobilisant au passage tout l’arsenal juridique et policier de notre Ve République, on refuse de le croire. Et pourtant…

Ainsi, Manuel Valls – car c’est de lui qu’il s’agit – en veut à mort à Dieudonné M’Bala M’Bala. Assez justement, Florian Philippot, vice-président du Front national, rappelait qu’on « ne sait plus trop bien qui est le plus humoriste des deux… » La preuve en est, nous apprend notre confrère Valeurs actuelles du 30 janvier dernier, que le Manuel Valls en question aurait hérité d’un petit surnom, au siège du parti dirigé par Marine Le Pen : Adolfo Ramirez. Pour mémoire, cet Adolfo Ramirez est l’ignoble gestapiste interprété par Gérard Jugnot dans Papy fait de la résistance, irrésistible poilade mise en scène par Jean-Marie Poiré, en 1983.

Dans la foulée, cette information passée quasi inaperçue dans les médias : Manuel Valls a personnellement porté plainte contre Dieudonné, en ce début de janvier dernier, pour « injure publique ». Ce qui tendrait à prouver, en la circonstance, que le premier argousin de France serait à la fois un peu juge et partie.

Le combat Valls contre Dumas
Le combat Valls contre Dumas

Anne Gravoin joue sa partition

Dans le registre du mélange des genres, les politiques n’en finissent plus de « pécho » dans le monde médiatico-artistique. À qui la chanteuse ou la journaliste. À Manuel Valls, donc, la madone du Stradivarius (Anne Gravoin), qui fait vibrer son violon derrière notre Johnny national. Seulement voilà, ce n'est pas la première fois. Piqûre de rappel : en 2012, Le Canard enchaîné nous révèle : « Manuel Valls [déjà ministre de l’Intérieur] aurait donné pour consigne la “tolérance zéro” dans son quartier pour les Roms et les SDF, à la demande de sa compagne. » Why ? Because que sa gisquette était importunée par les gueux et les mendiants, lorsqu’elle allait acheter son thé équitable dans les magasins bio de la rue de la Roquette. « C’est une décision du ministère de l’Intérieur », ont plaidé les infortunés pandores. Il est un fait avéré que tout le monde n’a pas les moyens d’être de gauche ; les pauvres encore moins, de fait.

Conflit d’intérêts déjà sujet à caution, mais qui devient des plus délicats, à la lecture de notre confrère Valeurs actuelles (déjà cité plus haut), lorsque évoquant le rôle de Mme Gravoin dans l’affaire Dieudonné : « De nombreuses sources, Place Beauvau, attestent du “jusqu’au-boutisme” d’Anne Gravoin, elle-même membre de la communauté juive, dans la lutte contre l’humoriste controversé. Une influence qui expliquerait que Manuel Valls ait mis tout son poids dans un combat pourtant loin d’être prioritaire. » Ite missa est, pourrait-on dire.

Tout cela tombe d’autant plus mal pour le Premier Ministre en question qu’une vidéo n’en finit plus de lui coller aux doigts, tel le fameux sparadrap du capitaine Haddock. Celle dans laquelle il déclare : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël. » Pour un compatriote d’origine espagnole, naturalisé français en 1982, il aurait peut-être été plus opportun de faire état de sa liaison « éternelle » d’avec sa patrie d’accueil qui, pour raciste qu’elle puisse être stigmatisée, l’a malgré tout accueilli en sa maison, allant jusqu’à en faire l’un de ses ministres aux prérogatives régaliennes.

Alors, autant laisser le mot de la fin à notre consœur Élisabeth Lévy qui, de retour du Théâtre de la Main d’or et sur le site causeur.fr, nous assure crânement : « Ce serait une victoire paradoxale de l’antisémitisme qu’on n’ait plus le droit de se moquer des juifs. »

Le combat Valls contre Dumas

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