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Publié par CHEMS AKF

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne

La scène peut suprendre. Quelque 500 personnes étaient réunies vendredi au Danemark pour l'enterrement du tueur Omar El Hussein, alors que la police danoise a confirmé que son ADN avait été retrouvé sur le lieu de la première attaque. Le jeune homme de 22 ans, né au Danemark et d'origine palestinienne, a été enterré dans l'après-midi dans le cimetière musulman de Brøndby à l'ouest de Copenhague, près d'une bretelle d'autoroute. Près de 500 personnes se sont recueillies devant la tombe restée anonyme, sans plaque.

Une brève cérémonie avait été célébrée à la mosquée avant la mise en terre, à la suite de la prière du vendredi. Près de 500 personnes étaient présentes. Nombre d'entre elles priaient dehors sur de grands tapis. Des enfants étaient là également. Un responsable des services funéraires de la communauté islamique danoise, Kasem Said Ahmad avait affirmé à un quotidien danois que les personnes venaient «pour soutenir sa famille, pas lui». Sur les photos circulant sur Twitter, le journaliste David Thomson, spécialisé sur les mouvements djihadistes, a repéré que certaines personnes présentes avaient l'index levé vers le ciel, symbole d'allégeance à l'Etat islamique.

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne

Au Danemark, ces scènes soulèvent de nombreuses questions. «Un terroriste présumé a-t-il le droit à un enterrement comme les autres? Ou doit-il être enterré à l'abris des regards pour éviter que des sympathisants extrêmistes n'affluent sur sa tombe?», s'interroge un quotidien danois, qui explique que ces questions font débat au sein de la classe politique.

Il y a une semaine, jour pour jour, le tueur s'est attaqué à un centre culturel où avait lieu un débat sur la liberté d'expression. Il a tiré 28 fois contre le bâtiment avec un M 95, un fusil très puissant retrouvé ensuite par la police. L'une des balles a été fatale à un réalisateur danois de 55 ans, Finn Nørgaard, qui sera inhumé mardi. Quelques heures plus tard, le tueur était devant la grande synagogue de Copenhague avec deux pistolets, et a tué l'homme qui assurait la sécurité d'une bar-mitzvah. Sa victime Dan Uzan, un juif de 37 ans, a été enterrée mercredi en présence du chef du gouvernement danois. L'Etat Islamique semble donc représenter un véritable espoir chez la jeunesse européenne (française, belge, danoise, néerlandaise...) qui voit en ce nouvel "Etat" un territoire acquis aux idées révolutionnaires. Abou Bakr al Baghdadi est le nouveau Che Guevara.

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne
L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne

Mais le vrai fondateur auquel se réfèreront notamment Oussama Ben Laden et Ayman Al Zahouiri, les dirigeants d’Al Qaida, est Sayyd Qutb (1906-1966), Frères musulman, écrivain, poète, fonctionnaire au ministère de l’éducation égyptien. Le ministère l’envoie faire un voyage d’études aux USA. Il est choqué par l’immoralité ambiante qu’il y constate : « un peuple qui atteint des sommités dans les domaines de la science et du travail, cependant qu’il est au stade primitif dans les domaines des sentiments et du comportement, ne dépassant guère l’état de la première humanité. »

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne

Il reproche aux Américains leur individualisme, leur matérialisme du dollar et leur vide spirituel (pays tourné vers l’action et non vers la méditation). Suite à l’attentat contre le colonel Nasser, il est condamné à 15 ans de travaux forcés et est finalement pendu en 1966. En prison, il a écrit deux livres qui font sa notoriété : Fi Zilaal Al Quran (Sous l’ombre du Coran) et Maâlim fi Tariq (Jalons sur la route). Il établit une doctrine fondée sur le concept de Jahiliya (ignorance du vrai Islam) et estime qu’on ne peut en sortir que par une révolution pour créer un Etat islamique. Dans cet Etat, Dieu est législateur et la démocratie est donc une impiété puisque qu’elle prétend que les hommes, et non Dieu, doivent faire les lois. L’Etat occidental est donc toujours tyrannique. L’Etat doit islamiser la société grâce à son monopole de la force et doit résoudre, grâce à l’islam, tous les problèmes. Il faut lutter contre l’Occident et les juifs. Il explique que l’Occident n’est pas une civilisation dans son livre « Moushkilât al Hadâra » car il vit dans l’état d’ignorance (la Jahilya).

Donc le mouvement révolutionnaire islamiste a été fondé par des intellectuels et il continue au plus haut niveau à être dirigé par des intellectuels comme Ben Laden, milliardaire mais aussi diplômé de l’université de Djeddah (Arabie saoudite) et spécialiste du wahhabisme, la doctrine fondamentaliste de son pays. Son second, toujours vivant, Ayman Al Zahouari est à l’origine Frère musulman et médecin chirurgien diplômé de l’université du Caire. Ce n’est pas un mouvement de marginaux et de miséreux, en tous cas au sommet.

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne

Mais ces intellectuels sont des intellectuels combattants qui pourront diriger les djihadistes, soldats de Dieu contre les soviétiques (Ben Laden travaille alors avec la CIA) puis l’Occident.

Le succès de cette doctrine, non seulement dans les Etats musulmans mais aussi dans les banlieues européennes, vient du fait qu’elle donne un sens à la vie dans un monde occidental dominé par l’utilitarisme qui fait des hommes des rouages du système technique et économique (ce que le philosophe Heidegger appelle le Gestell). Le Gestell déracine toujours plus les hommes car il a besoin de leur mobilité : la famille, la patrie, la religion sont attaquées comme archaïques, surtout à la suite du mouvement de Mai 1968, lui-même issu de certains campus universitaires américains. Ce déracinement, favorisé par les politiciens de gauche principalement mais non exclusivement, avec l’appui des médias (80% de journalistes de gauche selon Marianne) créé le terreau favorable au recrutement des combattants djihadistes. Ceux-ci ne sont plus « jetés » dans un monde absurde superficiel et tourné vers la consommation et le plaisir fugitif, mais envoyés en « mission » par Allah pour renverser le pouvoir de l’Occident impie. Ces jeunes fanatiques ont alors le sentiment d’avoir une existence et pas seulement une vie animale et ils sont capables de sacrifier leur vie. Ils méprisent profondément les Occidentaux incroyants comparés à des animaux.

On peut donc dessiner le monde qui est le leur avec la « croix existentielle inventée par Heidegger, grand lecteur d’Aristote et de ses quatre causes, matérielle, formelle, motrice et finale. Une église par exemple a pour cause matérielle les pierres, pour cause formelle le plan et les idées de l’architecte, pour cause motrice les ouvriers qui construisent et pour cause finale, la religion sans laquelle la construction d’une église n’aurait pas de sens.

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne

De même, l’essence du mouvement révolutionnaire islamiste est définie par quatre éléments :

– La cause finale est la révolution, violente comme toute révolution, pour bâtir le califat mondial. L’islamisme révolutionnaire est donc dans son essence conquérant à vocation universelle, comme le communisme autrefois.

– La cause motrice, ce sont les combattants de l’Islam, prêts à mourir pour la cause. La mort du martyr est donc magnifiée, ce qui donne une force psychologique considérable aux combattants.

– La cause formelle est la doctrine révolutionnaire de Sayyd Qutb qui interprète le Coran de façon révolutionnaire. Il s’agit d’une nouvelle forme de totalitarisme comme on en avait connu avec le nazisme, le bolchevisme ou même l’idéologie de Robespierre lors de la Terreur.

– La cause matérielle est le déracinement provoqué par l’immigration (immigration vers l’Occident mais aussi immigration interne des campagnes vers les villes en Orient) et le mode de vie occidental qui détruit de plus en plus les racines familiales, patriotiques, culturelles et spirituelles depuis les années soixante. A l’insécurité s’ajoute le manque de repères.

Celui qui veut combattre efficacement cette révolution (à ne pas confondre avec l’islam traditionnel non révolutionnaire) doit donc s’attaquer aux quatre causes qui sont à l’origine d’une véritable guerre déclarée à l’Occident.

La cause finale (la révolution) et la cause motrice (les djihadistes) doivent être combattues par des moyens militaires, policiers et judiciaires. C’est ce qui est fait sauf dans le passé où l’Occident en retard d’une guerre a préféré aider l’expansion primitive des islamistes pour mieux combattre l’Union soviétique et ses alliés laïcs en Orient.

La cause formelle (l’idéologie des imâms révolutionnaires) et la cause matérielle (le déracinement que l’on favorise inconsciemment) ne peuvent pas être combattues par des moyens purement matériels. Il faut aussi savoir « séduire » au bon sens du terme les âmes de ceux qui peuvent être tentés. Cela ne pourra pas se faire avec les idéaux froids et intellectuels de la laïcité, de la République ou de la sécurité sociale !

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne

l faut savoir pour quelles causes on est prêt à mourir. On ne meurt pas pour une institution juridique, que ce soit la sécu ou la constitution. De Gaulle a résisté au péril de sa vie pour défendre la France, bien plus que des institutions juridiques baptisées république, Stauffenberg et Walesa se sont levés contre la tyrannie parce qu’ils avaient été formés à être patriotes et chrétiens. Staline lui-même, face à Hitler, a appelé à se battre pour la mère patrie et pour la sainte Russie ! Il savait que le combat pour une idéologie (le communisme) ou des formes juridiques n’était pas assez mobilisateur.

Inspirons nous de ces exemples historiques : il faut relancer le patriotisme, base affective du lien social, et pour cela rétablir le service militaire, institution républicaine d’ailleurs ! Il faut que l’Etat tout en restant formellement laïc collabore avec les religions traditionnelles comme cela se fait dans la Russie de Vladimir Poutine. C’était l’idée de « laïcité positive ». Il faut aussi renforcer la famille, avec des aides financières mais aussi une aide morale (créer un climat qui lui soit favorable, notamment dans les médias) comme cela est aussi fait en Russie.

Si notre réponse est purement celle des forces de l’ordre, nous n’éviterons pas une guerre civile sur notre sol. Il y a eu la guerre d’Algérie, prenons garde à ce qu’il n’y ait pas une guerre de France : immigration, déracinement, incivisme et oubli de la patrie nous y conduisent et nous serons coupables de ne pas avoir compris l’enjeu historique qui commence à se dérouler devant nous.

L'Etat Islamique, l'espoir du changement pour la jeunesse européenne