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Publié par Bob Woodward

Kadyrov, le Poutine tchétchène

Le chef de la République de Tchétchénie Ramzan Kadyrov a qualifié « menaces de gamins » la déclaration des terroristes de l’organisation « Etat Islamique », dans laquelle ils menacent de déclencher une guerre en Tchétchénie et dans le Caucase. Sur sa page Instagram Kadyrov a souligné que « les terroristes de Syrie, se nommant « état islamique », ne disent que ce que leur ordonnent leurs maîtres des agences de renseignement de l’Occident ».« Ces salauds n’ont rien à voir avec l’Islam. Ce sont des ennemis explicites des musulmans du monde entier. Des gens naïfs ont décidé de menacer avec deux avions la Tchétchénie et la Russie toute entière. Ils peuvent s’asseoir au poste de pilotage de deux mille avions, mais n’arriveront pas jusqu’en Russie. Tout les pays sous contrôle des États-Unis ont annoncé des sanctions contre la Russie et ne sont arrivés à rien. Ici, une sorte de criminel non lavé a décidé de se distinguer, en assumant le rôle de caniche« .Le président tchétchène a ajouté que personne ne peut impunément menacer la Russie et le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine.

« Je déclare en toute responsabilité que celui auquel est passé par la tête d’exprimer une menace contre la Russie et de prononcer le nom du président de notre pays, Vladimir Poutine, sera détruit là où il l’a fait. Nous n’allons pas attendre qu’il aille au-delà de la roue de l'avion. Il ira là où pourrissent ses frères les terroristes Khattab, Abou Walid et d’autres messagers de l’Occident ». Le chef de la république a souligné que la République de Tchétchénie d’aujourd’hui va dans la bonne direction, celle de se débarrasser de la menace du terrorisme et du wahhabisme.« C’est nous qui sommes sur le chemin d’Allah et de Son Prophète (la paix soit sur lui), comme nous l’a indiqué le premier Président de la République de Tchétchénie, le Héros de la Russie Ahmad-Hadji Kadyrov. C’est le chemin gazwa au nom d’Allah, le chemin de la destruction de ceux que le Messager (paix soit sur lui) a maudit. Nous les avons entièrement détruit en Tchétchénie, où leurs forces se comptaient en dizaines de milliers de personnes, et maintenant nous allons détruire ceux à qui viendra dans la tête de seulement loucher sur la Tchétchénie, qui est en Russie« .Le chef de la république de Tchétchénie a également souligné que la Russie a suffisamment de puissance pour résister à tout type de menace. « Je tiens à rappeler à tous ceux, qui complotent quelque chose contre notre pays, que la Russie a de dignes fils, prêts à exécuter n’importe quel ordre, à tordre le cou à tout ennemi dans son antre, où qu’il soit. Et nous pensons que ce serait un honneur pour nous de purifier le monde de telles ordures ».

Kadyrov a souligné que les militants de l’organisation terroriste « état islamique » agissent dans le meilleur intérêt des USA et de l’Occident.

«Ce sont des bandits, formés et armés par les États-Unis. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est le Coran et la Sounnah. Je tiens à souligner que leurs jours, ils les finiront sous les chauds rayons du soleil de Syrie et d’Irak, et qu’au premier instant de leur mort ils seront soumis à la flamme éternelle de l’Enfer ».

Kadyrov, le Poutine tchétchène

La voie pro-russe de Kadyrov

Opportuniste, Ramzan Kadyrov sait tirer les cartes d'un Islam à géométrie variable...Les républiques russes musulmanes du Caucase ont donc emboîté le pas aux manifestations anti-charlie qui embrasent certains pays arabes. Lundi, entre 800.000 et un million de personnes, selon des décomptes officiels difficilement vérifiables, se sont rassemblées en Tchétchénie, devant la grande mosquée de la capitale, Grozny. Une foule sage et disciplinée, peu encline aux débordements notamment constatés au Niger. «Ceci est une manifestation contre ceux qui insultent la religion musulmane» a lancé le président tchétchène, Ramzan Kadyrov. Ce dernier s'en est pris aux «journalistes français qui dessinent des caricatures représentant soi-disant le Prophète».

Protégé de Vladimir Poutine, ce leader autoritaire, dont le père est mort en 2004 dans un attentat terroriste, était à l'origine même de ce rassemblement, auquel il avait convié tous les habitants du Caucase russe. «J'aime mon Prophète», pourvait-on lire sur des pancartes soigneusement calligraphiées, en cyrillique et en arabe, décorées de roses rouges, brandies par des femmes. «L'image du Prophète est intouchable», affichaient pour leur part des hommes coiffés de la toque traditionnelle tchétchène.

Samedi, déjà, près de 15.000 personnes avaient manifesté dans la république voisine d'Ingouchie. Bien que dirigée par un homme, maintes fois accusé d'avoir instauré la charia dans sa république et dont le père, Akhmad Kadyrov, fut autrefois un chef indépendantiste, la Tchétchénie est aujourd'hui victime du terrorisme islamique.

Pendant la dislocation de l'URSS, Akhmad Kadyrov est un des chefs indépendantistes tchétchènes qui veulent faire sécession de la Russie pendant la première guerre de Tchétchénie. Il rallie cependant par la suite le camp pro-russe et est ainsi nommé chef du gouvernement en juin 2000. Il échappe le 14 mai 2003 et est ensuite élu président de la république à la fin de la même année, à l'issue d'un scrutin non reconnu par la communauté internationale.

Il meurt au cours d'un attentat terroriste à la bombe le 9 mai 2004, au stade de Grozny. Cet attentat est perpétré par des islamistes tchétchènes pendant le défilé de la victoire de la Seconde Guerre Mondiale, commémoration qu'Akhmad Kadyrov préside dans la tribune officielle. L'explosif était noyé dans le béton d'une colonne portante de la tribune et provoque en tout la mort de six à une trentaine de personnes, selon différentes sources.

Kadyrov, le Poutine tchétchène
Kadyrov, le Poutine tchétchène

Une participation «spontanée-obligatoire»

Après un attentat suicide qui a tué sept policiers en octobre, au moins quinze personnes sont mortes le 4 décembre dans un assaut lancé par des rebelles salafistes à Grozny. Ces derniers accusent désormais Kadyrov fils d'être un «doberman» du Kremlin. Lundi, tout en dénonçant le «charlisme international», le site Kavkazcenter, relais de la djihadosphère russe, informait ses lecteurs que «le chef des apostats Kadyrov organise, dans le territoire occupé par les mécréants russes, un meeting de protestation contre les caricatures».

Cette manifestation tchétchène, à laquelle la participation était «spontanée-obligatoire» selon un journaliste indépendant, a aussi pour vertu de tendre un miroir anti-occidental et antilibéral à l'opinion publique russe, notamment incarné par la figure de l'ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski. Au lendemain des attentats parisiens, cet opposant à Poutine réfugié en Suisse avait, en guise de solidarité, appelé tous les journaux à publier des caricatures du Prophète.

Son initiative a heurté y compris les Russes les plus libéraux, tandis que l'Union des journalistes reprochait à la couverture de Charlie Hebdo de nuire «à la paix et à la tranquillité». Déjà, un mois auparavant, lors des attaques terroristes contre Grozny, le président ingouche, Iounous-Bek Evkourov, avait, devant Le Figaro, évoqué l'existence d'une filiation «anglo-saxonne» chez les rebelles tchétchènes. En Russie, le «terrorisme» reste un concept à géométrie variable.

Kadyrov, le Poutine tchétchène

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