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Publié par Bob Woodward

Rappelez-vous quand le Premier ministre Manuel Valls avait vivement attaqué le député socialiste Thomas Thévenoud qui avait rejoint le gouvernement avant que l'on découvre qu'il n'avait pas payé ses impôts pendant plusieurs années. Valls pourrait-être la prochaine victime de cette guerre des chefs au Parti socialiste...

 

Thévenoud, la cible pour abattre Fabius

«Je ne comprends pas qu’en responsabilité et en conscience, il reste aujourd’hui membre de cette Assemblée. Même si aucun d’entre nous n’a le pouvoir de l’empêcher de venir et de voter, sinon par la persuasion, je considère que son vote, s’il est positif, ne peut pas être comptabilisé dans le vote de confiance que je demanderai.» Manuel Valls est ferme: Thomas Thévenoud, ex-secrétaire d’Etat qui a démissionné pour cause de non-conformité avec le fisc, doit démissionner de son poste de député de Saône-et-Loire.

Le ministre du Travail, François Rebsamen, avait tenu un discours similaires à l’antenne de RTL: «Il n’est plus au Parti socialiste, il n’est plus au groupe socialiste, il sera redevable devant ses électeurs. Il ira voir, je ne doute pas du résultat.» Le ministre avait reconnu l’embarras que posait la situation du député: «Les brebis galeuses, il y en a partout. Là, il y en a une, c’est vrai.» «Il faut que Thomas Thévenoud puisse rendre des comptes à l’administration. Le cas échéant, s’il y a des dérives, il se retrouvera au pénal et chacun prendra ses responsabilités politiques», a pour sa part déclaré Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, interrogé sur Europe1.

Neuf jours après avoir été nommé secrétaire d'Etat en charge du commerce extérieur, Thomas Thévenoud a dû démissionné pour des raisons fiscales: la “phobie administrative” était trop forte!

Quelques jours plus tard, c'est son épouse, Sandra, qui était mise en congé de son poste de chef de cabinet du président du Sénat. Moins d'une semaine a suffi pour transformer le couple en objet de scandale.

 

L'ascension des amis de Fabius, de Montebourg et de Moscovici!

Thomas Thévenoud a démarré sa carrière politique au cabinet de Laurent Fabius, quand celui-ci était ministre de l'économie de Lionel Jospin, après des études à Sciences Po Paris.

Sandra Elouarghi, elle, a fait ses armes auprès de Pierre Moscovici, alors ministre des affaires européennes, après un DESS à l'IEP de Lyon. Le couple se forme à cette époque, à la fin des années 1990.

En 2001, Thomas Thévenoud devient conseiller municipal de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), mais c'est à Paris, dans le 5e arrondissement, qu'il mène avec Sandra la moitié de sa vie.

En 2008, devenu vice-président du conseil général de Saône-et-Loire, il se rapproche d'Arnaud Montebourg, qui le pousse à se présenter dans la circonscription de Mâcon, qu'il prendra à la droite en juin 2012, faisant ainsi son entrée à l'Assemblée nationale.

Un couple au pouvoir

Dans le couple Thévenoud, « il est le plus charismatique, elle est la plus fine politique », résume Bernard Rullier, un proche de François Hollande. Dans les cercles du PS, on parle « des » Thévenoud.

Lorsque Thomas Thévenoud est nommé secrétaire d'Etat au commerce extérieur, le 26 août 2014, Sandra reçoit presque autant de messages de félicitations que son mari. A La Rochelle, fin août, le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, assure : « Thomas est le meilleur de sa génération. »

Au palais du Luxembourg, le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, sable le champagne en l'honneur de « Sandra », sa chef de cabinet, sa « collaboratrice idéale ».

 

... mais peu soucieux des contraintes administratives

« J'ai toujours été bordélique dans ma vie privée, tous ceux qui me connaissent le savent, mais je n'ai jamais été malhonnête. Seulement, j'ai une phobie administrative… », a déclaré Thomas Thévenoud au Canard enchaîné, lundi 8 septembre.

Les amis de longue date de Thomas Thévenoud se souviennent d'avoir vu, quand il était jeune militant, des paquets de factures encore fermées dans sa voiture et des PV pliés en vrac entre les dossiers.

Il est arrivé que l'eau de son local soit coupée, pour cause d'impayés. « Ecoute, c'est simple, j'ai toujours détesté la paperasse. Je n'ouvre pas les enveloppes… », avait-il lâché un jour au responsable de sa fédération socialiste, Jérôme Durain.

Le manque de rigueur administrative semble partagé par le couple. Depuis le passage éclair de Thomas Thévenoud au gouvernement, les révélations s'enchaînent : jeudi 4 septembre, on apprend d'abord que le couple a fait l'objet d'une procédure de recouvrement forcé, devant 12 593 euros de pénalités au fisc.

Puis Le Canard enchaîné détaille que les Thévenoud ont omis de payer leur loyer pendant 3 ans. Jusqu'au kinésithérapeute de leurs filles, qui a dû recourir à un huissier pour obtenir le paiement de deux années de soins non réglés...

Manul Valls a ainsi pu faire un croc-en-jambe à Laurent Fabius, son meilleur ennemi de l'intérieur et ancien premier ministre, en facilitant la révélation de l'affaire Thévenoud.

 

Les ennemis du PS liquidés

Martine Aubry n'est pas la seule ennemie de François Hollande et de Manuel Valls à gauche. Autre anti-Hollande affirmé ? Laurent Fabius bien-sûr. Lorsque ce dernier défend le "non" à la Constitution européenne en 2005, le Premier secrétaire du PS destitue le numéro 2 du parti. Une humiliation qui n'est pas digérée par l'intéressé. Les deux hommes deviennent les pires ennemis. Fabius surnomme Hollande "fraise des bois" et va jusqu'à moquer, dans Sud Ouest, son rival : "Franchement, vous imaginez Hollande Président de la République ? On rêve !" Le soir du 6 mai, l'ancien Premier ministre, pourtant rallié et devenu premier-ministrable, restera quelque peu en retrait à la Bastille. L'affaire Thévenoud a permis à Valls et Hollande de diminuer l'aura de Fabius, depuis que Montebourg et Moscovici ont quitté le gouvernement.

Montebourg et Valls s'étaient affrontés lors de la primaire du parti socialiste avant la présidentielle. Tout les oppose: l'un représentait l'aile gauche et vantait la «démondialisation», l'autre incarnait l'aile droite du PS.

L'entourage de Martine Aubry est également assez hostile à Manuel Valls, estimant que sa ligne droitière pose problème. Les critiques de Martine Aubry sur la loi Macron ces derniers jours prouvent sa haine contre Manuel Valls. L'animosité entre les deux remonte plus loin. En 2009, face aux critiques de Valls, Aubry s'était fendue d'une lettre ouverte dans Le Parisien où elle lui demandait de quitter le parti s'il n'était pas heureux de la ligne choisie.

Au congrès de Reims en 2008, Manuel Valls soutient la motion E portée par Ségolène Royal. C'est lui, qui, dans la nuit, accuse le clan Aubry de fraude lors du vote. Il monte au créneau avec des mots très durs et réclame l'intervention des tribunaux face à un “deni de justice”

Souvenez-vous! Ségolène Royal, elle, en retrait depuis la victoire de la gauche en 2012, est sortie de sa réserve à l'occasion du résultats de ces municipales, réclamant un «changement radical» d'équipe, sans trop d'égard pour Jean-Marc Ayrault.

Manuel Valls, un Thévenoud en puissance?

Les fabiusiens et partisans de Martine Aubry semblent revenir en odeur de sainteté...car Manuel Valls subirait lui-même une autre forme de phobie administrative...et ses amis tombent les uns après les autres.

Alain Bauer a été le premier à être visé. C'est l'argument qui conforte tous ceux qui voient en Manuel Valls l'incarnation socialiste de Nicolas Sarkozy. Les médias ne se privent d'ailleurs pas de le présenter comme le trait d'union entre les deux hommes, l'un tout-nouveau Premier ministre, l'autre ancien Président de la République.

 

Il faut dire qu'Alain Bauer est tout à la fois parrain du deuxième fils de Manuel Valls et ancien proche conseiller de Nicolas Sarkozy sur tous les dossiers touchant à la sécurité –ce n'est pas pour rien que cet expert de la vidéosurveillance et passionné de criminologie a longtemps été présenté comme le «Monsieur Sécurité de Sarkozy». Mais l'ami de Valls est en train de tomber de sa superbe! Mediapart vient de révéler qu'Alain Bauer a profité de contrats de complaisance à la Caisse des dépôts, sous la direction générale d'Augustin de Romanet puis de Jean-Pierre Jouyet. Un contrat annuel de 200 000 euros, totalement inutile, portait sur les questions de sécurité. Plusieurs milliers d'exemplaires du guide gastronomique Champérard, contrôlé à 50 % par le criminologue, ont aussi été achetés par la Caisse...Les amis de Manuel Valls tombent les uns après les autres...A qui le tour?

 

La situation de Manuel Valls devient également plus problématique...Manuel Valls aurait caché 99% des parts d'une SCI détenant un actif de près de 2 millions d'euros, en les mettant au nom de sa femme.

Dans sa déclaration de patrimoine, Manuel Valls ne déclarait que 93 000 euros d’actifs, après déduction de ses dettes et emprunts. Valls déclarait être le propriétaire de 2 appartements: un 88 m² à Evry, et un 44 m² à Paris dans le 11ème arrondissement. D’après le premier ministre, c’est dans ce studio de 44 m² qu’il habite avec son épouse, la violoniste Anne Gravoin

Mais Manuel Valls a plus d’un tour dans son sac ! Le premier ministre est en effet marié sous le régime de la séparation de biens et ne possède qu’une seule part de la SCI Homère qui détient l’appartement du 11ème arrondissement, les 99 autres parts appartenant à sa femme. La SCI Homère ne possède pas seulement le petit studio dans lequel Valls et son épouse sont censés vivre, mais 16 lots de copropriété, pour un total de 210 à 250m². Ces lots de copropriété sont valorisés entre 1,6 et 2 millions d’euros.

Le descriptif des lots sur le plan de cadastre est édifiant: 4 chambres, 5 salles d’eau, 7 pièces de séjour, 5 cuisines et 2 terrasses… rien que ça ! Le « petit studio » dans lequel vit Manuel Valls ressemble à s’y méprendre à un énorme appartement de 11 pièces, au minimum.

Manuel Valls a ainsi caché 99% des parts d’une SCI détenant un actif de près de 2 millions d’euros, en les mettant au nom de sa femme pour ne pas avoir à en déclarer le montant ou l’existence.

Si Manuel Valls et Anne Gravoin divorçaient, le régime de la séparation de biens obligerait à rechercher l’origine des fonds ayant servi à l’acquisition des biens détenus en indivision. Il serait ainsi intéressant de savoir si Anne Gravoin a bien payé 99% des mensualités de l’emprunt de la SCI et 99% de l’apport initial avec ses cachets de violoniste, ou bien s’il ne s’agit là que d’un tour de passe-passe évitant à Manuel Valls de passer pour un muli-millionnaire…

 

 

L'arroseur arrosé

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