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Publié par Bob Woodward

De vives tensions se sont déclarées, vendredi 5 décembre, à Bazzalié dans l'est du Liban. C'est de cette localité qu'était originaire Ali al-Bazzal, un policier libanais dont le Front al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a revendiqué l'exécution, vendredi.

Il faisait partie des 27 soldats et policiers libanais enlevés par des djihadistes début août lors de combats à Aarsal.

REPRÉSAILLES APRÈS DES ENLÈVEMENTS

Dans un texte publié sur un des comptes Twitter d'Al-Nosra, le groupe djihadiste déclare que « l'armée libanaise a poursuivi ses actions lâches (...) en arrêtant des femmes et des enfants ».

« L'exécution d'un de nos prisonniers de guerre, Ali al-Bazzal, est la réponse minimale », poursuit le communiqué qui est accompagné d'une photo sur laquelle Ali al-Bazzal est à genoux, et une personne, dont le visage n'apparaît pas, lui tire dans la tête par derrière avec un fusil d'assaut Kalachnikov. Al-Nosra y menace par ailleurs d'exécuter « un autre prisonnier si les femmes n'étaient pas relâchées ».

L'armée a arrêté ces derniers jours au Liban l'ex-femme et la fille du chef du groupe Etat Islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, ainsi que l'épouse et deux enfants d'un commandant djihadiste syrien ayant appartenu au Front al-Nosra avant de rejoindre l'EI, connu sous le nom d'Abou Ali al-Chichani.

Vendredi, sur une vidéo postée sur Twitter, Abou Ali al-Chichani, entouré de deux hommes masqués et armés, a déclaré: « Si ma femme et mes enfants ne sont pas libérés très vite, ne rêvez pas de la libération des militaires. En tout cas, les épouses et les enfants des membres de l'armée (libanaise) sont désormais un objectif pour nous ».

 

UN SUNNITE TUÉ

A cette annonce, les habitants de Bazzalié sont sortis dans les rues, ont enflammé des pneus et coupé des routes. Une source de sécurité que des hommes armés avaient fait leur apparition. Ils ont arrêté des voitures et ont enlevé des habitants sunnites de la région.

Le corps d'un jeune homme sunnite d'une trentaine d'années, originaire d'Aarsal, tué par balles, a été trouvé sur la route menant à Bazzalié, a indiqué cette source. « C'est probablement un acte de vengeance après l'exécution d'Ali al-Bazzal », a-t-elle avancé.

 

Israël à la manoeuvre?


Installé en Syrie et en Irak, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ou Daech tente maintenant de s'établir au Liban et s'est heurté à l'armée libanaise. Mais faute d'aide rapide, cette dernière n'est pas de taille.

Après la mise en coupe réglée du pays par le Hezbollah, ami subventionné par l'Iran, le Liban est à présent touché par un autre danger, les bandes islamistes sanguinaires qui détruisent tout sur leur passage. Les takfiris, des extrémistes islamistes adeptes d'une idéologie violente créée en 1971, cherchent à investir le pays. Ils considèrent les musulmans ne partageant pas leur point de vue comme  des apostats, donc des cibles légitimes pour leurs attaques. Ils exigent par ailleurs l'élimination de tous les non-musulmans, sans distinction.

Ce courant sectaire, extrêmement marginal dans l’islam sunnite, s’appuie sur la violence pour imposer sa vision particulière de la charia. Contrairement aux autres mouvances de l'islam, il autorise et encourage même les actes contraires à l'islam, dans l'intérêt de leur lutte, comme tuer des innocents, violer et détruire des tombeaux.

A l’époque contemporaine, le takfirisme a ressurgi en Algérie où le GIA l’avait utilisé pour plonger le pays dans la guerre civile. Aujourd’hui, il est soutenu par une faction de la famille royale saoudienne pour renverser le régime syrien de Bachar el-Assad. Pour parvenir au pouvoir, l'Etat Islamique, groupe armé takfiriste n'hésite pas à procéder à des «exécutions de masse», ce qu'il a fait à Haqrim et à Tel Abyad. L'EI a même aussi combattu parfois ses anciens frères d'armes et a affronté les autres djihadistes sunnites d'Al-Nosra.

Le chef d'al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, avait sommé en février l'EI de limiter son action sur le sol irakien, l'appelant à se retirer de Syrie et désignant Al-Nosra comme sa filiale officielle en Syrie. Mais l'EI refuse de voir ses troupes engagées en Syrie rejoindre les rangs d'Al-Nosra et semble parvenu dernièrement a un relatif accord avec eux.

Violents combats à la frontière

Car les takfiristes ont maintenant une autre cible après la Syrie et l'Irak, un pays également divisé sur le plan religieux et ethnique: le Liban. De violents combats avec l’armée libanaise ont eu lieu dans la région d’Ersal, à la frontière avec la Syrie. Seize militaires libanais, dont deux officiers, ont été tués ainsi qu’au moins une cinquantaine d'hommes armés et de nombreux civils. L’armée a été contrainte d’arrêter le chef islamiste Imad Ahmad Jomaa, d’origine syrienne, qui a sa propre brigade, Liwa' fajr al-Islam et qui a fait récemment allégeance à l'EI.

Selon le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwagi:

«L’incursion terroriste des islamistes n'est ni fortuite ni spontanée, mais préméditée et depuis longtemps, semble-t-il.»

L’école technique d’Ersal, proche de la caserne 83, a été la cible des djihadistes qui ont empêché les habitants de quitter la localité en liquidant ceux qui avaient refusé d’obtempérer. Des familles entières ont été ainsi assassinées. Les témoins racontent l’intensité des combats entre l'armée et les djihadistes de l'EI et aussi ceux du Front al-Nosra qui se sont emparés du village frontalier d’Ersal. Le ballet des ambulances de la Défense civile et de la Croix-Rouge libanaise (CRL) a été pratiquement incessant. La population civile est tétanisée. Les dernières familles à avoir voulu quitter le village ont été massacrées. Les djihadistes veulent empêcher les habitants de quitter le village à tout prix afin de les utiliser comme des boucliers humains. A peine 10% de la population a pu s’exiler vers la plaine de Bekaa. Des milliers de réfugiés syriens avaient trouvé refuge à Ersal, depuis l'éclatement du conflit syrien en mars 2011. La ville compte aujourd'hui 35.000 habitants et 120.000 réfugiés.

La «faute à Israël»!

Le gouvernement libanais a trouvé un coupable tout désigné. Le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, incrimine Israël dans ces attaques:

«Nous sommes coincés entre Israël et Daech, ils se font face en théorie et se retrouvent dans la pratique et le Liban coupera un tel lien. Le combat à Gaza est le même qu'à Mossoul et Ersal. Tuer au nom de la religion n'est en aucun cas justifié.»

Les dirigeants libanais ne sont pas unanimes à condamner ces attaques contre l’armée car certains y trouvent un intérêt dans la consolidation implicite du Hezbollah libanais qui affronte depuis deux ans les islamistes en Syrie pour sauver son allié Bachar el-Assad. Et Ersal est le lieu de passage le plus approprié pour accéder aux localités chiites environnantes.

L'intervention du général Jean Kahwagi, qui ne se manifeste pratiquement jamais publiquement, illustre la gravité de la situation. Il a exigé un contrôle plus strict sur les camps de réfugiés syriens répandus sur l’ensemble du territoire libanais et qui comptent de nombreux adversaires et victimes du Hezbollah et de Bachar el-Assad.

Une armé libanaise faible

Selon Jean Kahwagi, les soldats libanais ont dû affronter «quelque 7.000 islamistes bien entraînés, armés jusqu'aux dents et prêts à tout». Le Liban se trouve ainsi impliqué dans un conflit avec des moyens militaires limités. Toutes ces nébuleuses djihadistes tentent par tous les moyens de prendre le contrôle de la frontière avec la Syrie pour pouvoir accéder aux localités chiites environnantes, car l'objectif ultime de ces islamistes sunnites et d'attaquer les chiites et le Hezbollah.

Pour le moment, le Hezbollah n'intervient pas directement et veut éviter de tomber dans le piège vers lequel les djihadistes cherchent à l'entraîner sur son propre sol libanais. Dans la ville d’Ersal, plusieurs dirigeants souhaiteraient que le Hezbollah aide l'armée et utilise ses moyens très supérieurs mais jusqu'à aujourd'hui le Hezbollah à résister au risque de plonger le pays à nouveau dans un conflit confessionnel. Les hommes de la milice libanaise sont pourtant nombreux à parader en tenue militaire, à quelques pas des combats, mais ils se bornent à observer sans intervenir.

Le commandement de l'armée insiste sur l’objectif de son combat: la protection de la souveraineté libanaise et le refus de voir la guerre syrienne transposée au Liban. Mais l’armée ne dispose pas d'armements modernes et de combattants aguerris.

Le Liban se sent aussi abandonné par les Occidentaux. Le chef de l'armée, le général Jean Kahwahji, a lancé un appel au secours:

«Nous avons besoin, dans la bataille actuelle, d'équipements, de matériel et de technologies. Il est nécessaire d'accélérer la fourniture d'aides militaires à travers la finalisation des listes des armes demandées à la France dans le cadre de l'accord de financement saoudien et de la conférence de Rome.»

Riyad s'était engagé à octroyer trois milliards de dollars à l'armée libanaise afin que celle-ci puisse se procurer des armes françaises. Depuis, les discussions se sont enlisées sur la liste du matériel.

Le temps presse et le gouvernement libanais va être de plus en plus tenté de confier son destin au Hezbollah, ce qui n'est pas vraiment l'intérêt des occidentaux et de la France, «protecteur» du Liban.

En tout cas, les djihadistes sunnites ne vont certainement pas relâcher la pression militaire. L’offensive à Ersal a pour objectif de s'implanter durablement sur le territoire libanais. Il sera peut-être bientôt trop tard pour pleurer la chute du Liban.

Israël allié de l'EI ?

 

Selon un rapport de 15 pages publié par le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon à partir des travaux de la Force des Nations Unies chargée d’Observer le Dégagement à savoir la FNUOD (FNUOD), au cours des trois derniers mois, les rebelles syriens aguerris ont transporté des dizaines de Syriens blessés à travers une ligne de cessez-le-feu qui séparait Israël de la Syrie depuis 1974. Une fois en Israël, ils reçoivent un traitement médical dans un hôpital de campagne, avant d’être envoyé en Syrie, où, sans doute, certains reviendront poursuivre les combats.

Les casques bleus de l’ONU chargés de surveiller le cessez-le-feu vieux de plusieurs décennies ont observé la présence de groupes d’opposition armés qui “transféraient 89 personnes blessées” à partir du territoire syrien en Israël, où ils ont été reçus par des membres des Forces de défense israéliennes, selon le rapport. Les forces israéliennes ont retourné 21 Syriens membres armés de l’opposition en Syrie, dont les corps de deux hommes morts.

Le gouvernement israélien fourni une assistance médicale aux rebelles syriens blessés depuis plus d’un an. En février, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a effectué une visite à l’hôpital militaire de campagne dans le plateau du Golan.
The Times of Israël a
rapporté :

Un commandant de l’Armée syrienne libre, arrêté le mois dernier par la milice islamiste Al-Nosra, a déclaré à ses ravisseurs, qu’il a collaboré avec Israël en échange d’un soutien médical et militaire, dans une vidéo .

Dans une vidéo en ligne sur YouTube Sharif As-Safouri, le commandant d’Al-Haramein du bataillon de l’Armée syrienne libre, a admis être entré en Israël à cinq reprises pour rencontrer les dirigeants israéliens qui lui ont plus tard fourni des armes anti-chars soviétiques et des armes légères. Safouri a été enlevé par le Front al-Nosra proche d’al-Qaïda dans la région de Quneitra, près de la frontière israélienne, le 22 juillet.

Les factions recevaient un soutien d’Israël et envoyaient les blessés [en Israël] à condition que la zone de démarcation israélienne soit respectée. Aucune personne n’a été autorisée à venir près de cette zone sans coordination préalable avec les autorités israéliennes“, a déclaré Safouri dans la vidéo.

Dans la vidéo, dans lequel Safouri semble indemne physiquement, il dit que dans un premier temps, qu’il a rencontré un officier israélien nommé Achraf à la frontière et a reçu un téléphone cellulaire israélien. Il a rencontré plus tard un autre officier du nom de Younis et avec les deux hommes, Abou Daoud. Au total, Safouri a déclaré qu’il est entré en Israël à cinq reprises pour des réunions qui ont eu lieu à Tibériade.

Après les réunions, Israël a commencé à fournir Safouri et ses hommes avec “le soutien médical de base et des vêtements” ainsi que des armes, qui comprenaient 30 fusils russes, 10 lance-roquettes RPG avec 47 et 48 000 balles de 5,56 millimètres.

En mars, le journal Haaretz a rapporté qu’un haut fonctionnaire de l’opposition a déclaré au journal Al Arab, selon un rapport publié dans Al Alam, que l’opposition syrienne était prête à abandonner les revendications sur les hauteurs du Golan en échange d’argent et d’aide militaire israélienne contre le président Bachar al-Assad.

Israël peut, par son soutien aux rebelles islamistes syriens, affaiblir le Liban, voisin partiellement contrôlé par le Hezbollah (et donc par l'Iran) et peut-être récupérer les hauteurs du Golan...belle alliance de deux Etats fondés sur la religion: Israël et l'EI!

 

 

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si zabi 01/01/2015 20:18

ah lala connerie d arabe