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Publié par Bob Woodward

Le Monde a révèle derniérement que les services de renseignement français disposent depuis au moins 30 ans d'un "accès total, indiscriminé et hors de tout contrôle" aux réseaux d'Orange et aux flux de données qui y transitent.


C'est grâce à un document des services secrets britanniques (GCHQ) extrait des archives de la NSA par Edward Snowdenque le quotidien du soir a pu remonter à l'opérateur historique. Toutefois, il précise que d'autres opérateurs français seraient également concernés. La collecte "libre de tout contrôle" concerne des Français comme des étrangers car les données "sont partagées avec des alliés étrangers comme le GCHQ", affirme Le Monde. Selon ce document, la DGSE et Orange "travaillent ensemble pour améliorer les capacités nationales d'interception sur les réseaux de communication et collaborent pour casser les cryptages de données qui circulent dans les réseaux".

Cette coopération entre la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et l'opérateur "est portée par des personnes habilitées secret-défense, au sein de l'entreprise, et pérennisée, depuis au moins trente ans, par des ingénieurs, qui font la navette entre les deux institutions", affirme Le Monde. Le journal s'appuie sur un document interne des services secrets techniques britanniques, l'équivalent de l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA). Cette note a été extraite des archives de la NSA par son ex-consultant Edward Snowden.

Big Brother ou Big Orange???

 

Orange pourait crypter ses données et ainsi garentir la sécurité de ses données, mais ce n'est pas le choix de l'opérateur qui veut pouvoir transmettre ces même données aux gouvernement en temprs réel. Pourtant, son existence figure discrètement dans des documents parlementaires. Les huit députés et sénateurs de la délégation parlementaire au renseignement rappellent, dans leur rapport du 30 avril, que "depuis 2008, des progrès ont été réalisés en matière de mutualisation des capacités, notamment en ce qui concerne le renseignement d'origine électromagnétique, opéré par la DGSE au profit de l'ensemble de la communauté du renseignement".

Les parlementaires proposent même d'aller plus loin, de "renforcer les capacités exploitées par la DGSE" et de "consolider l'accès des autres services aux capacités mutualisées de la DGSE".

La cible : les "métadonnées"


Les services de renseignement cherchent non pas le contenu des messages, mais leur contenant. Il est plus intéressant de savoir qui parle et à qui que d'enregistrer ce que disent les gens. Plus que les écoutes, ce sont ces données techniques, les "métadonnées", qu'il s'agit d'éplucher.

La DGSE collecte ainsi les relevés téléphoniques de millions d'abonnés – l'identifiant des appelants et des appelés, le lieu, la date, la durée, le poids du message. Même chose pour les mails (avec possibilité de lire l'objet du courrier), les SMS, les fax... Et toute l'activité Internet, qui passe par Google, Facebook, Microsoft, Apple, Yahoo!... C'est ce que la délégation parlementaire au renseignement appelle très justement "le renseignement d'origine électromagnétique" (ROEM), traduction du Sigint (signal intelligence) de la NSA.

Ces métadonnées permettent de dessiner d'immenses graphes de liaisons entre personnes à partir de leur activité numérique, et ce depuis des années. De dessiner une sorte de journal intime de l'activité de chacun, tant sur son téléphone que sur son ordinateur. A charge ensuite pour les services de renseignement, lorsqu'un groupe intéressant a été identifié, d'utiliser des techniques plus intrusives, comme les écoutes ou les filatures.

Ni Orange et ni les syndicats n’ont essayé de défendre les droits démocratiques des clients d’Orange.

Toutes ces révélations soulignent de nouveau la mauvaise foi des manœuvres réactionnaires du Parti socialiste (PS) dans l’affaire Snowden. À la suite des révélations de Snowden, le parlement sous majorité PS a adopté en novembre 2013 la loi de programmation militaire, rendant légaux les échanges d’informations entre les sociétés et la DGSE. Cette loi autorise la surveillance des communications téléphoniques et internet en temps réel, sans intervention d’un juge.

En fait, cette pratique se déroulait déjà, avec la complicité de l’État et de la bureaucratie syndicale, sans la couverture politique réactionnaire offerte par la loi votée par le PS. Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC de France Télécom-Orange a confirmé l’information du Monde: «Le recueil massif de données par les Etats, lui, n’obéit à aucune loi. Les opérateurs, quelle que soit leur taille, n’ont pas les moyens de résister. Etre opérateur, c’est bien plus qu’on ne le croit une fonction de souveraineté nationale. Et ce, dans tous les pays. ».

Ni Orange et ni les syndicats n’ont essayé de défendre les droits démocratiques des clients d’Orange. Comme l’explique Crozet, «Cette problématique n’est pas appréhendée» auprès des travailleurs, ce qui démontre le rôle du silence complice de la bureaucratie syndicale et des forces de pseudo-gauche qui y sont alliées, tel le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA).

Il devient plus facile de comprendre pourquoi les organisations petite-bourgeoises de la prétendue «extrême-gauche» n’ont monté aucune défense de Snowden à la suite des révélations qu’il a faites sur la NSA. Ces organisations étaient au courant des mesures policières de l’État et en restant silencieux ils voulaient éviter que leur complicité avec les services de renseignement ne soit mise en avant.

Crozier a justifié l’inaction de l’opérateur et de la bureaucratie syndicale en prétextant la toute-puissance de l’État. Toujours selon le bureaucrate, «l’État de droit fait la différence: dans un cas, on peut couper votre câble; dans l’autre, rendre vos surcoûts insupportables au travers de modifications réglementaires.»

Ces déclarations de Crozier soulignent avant tout le fait qu’Orange et les syndicats Orange n’ont tenté ni une défense de leurs clients, ni une défense devant les tribunaux de leurs propres intérêts contre d’éventuelles manœuvres de rétorsion de l’État. Avec l’ensemble de la classe politique, ils sont complices d’une vaste opération d’espionnage dirigée contre les travailleurs.

Orange, la taupe de la DGSE ?

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gsm 16/01/2015 03:06

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Adealis CBE 07/12/2014 15:34

Voilà un exemple de partenariat intéressant pour pouvoir améliorer toutes les capacités d’interception sur les réseaux de communication de toute une nation. Cette coopération est également un moyen de crypter toutes les données qui sont susceptibles de circuler dans les divers réseaux. Toutefois, au niveau de la société Orange, seuls les membres de la direction des réseaux, la direction internationale, mais surtout la direction sécurité sont les principaux acteurs dans le cadre de cette coopération.