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Publié par Bob Woodward

Devine qui vient déjeuner? Le feuilleton Jouyet-Fillon est devenu, au fil des jours, un concentré chimiquement pur de la misère en milieu gouvernant, quand les princes qui nous dirigent ne savent plus comment se comporter face à l'omniprésence permanente et globale des médias et du tout-info. Aux temps heureux de Fouchet et de Talleyrand, voire de de Gaulle et Foccart, de Pompidou et du vigoureux triumvirat Juillet-Garaud-Pasqua, tout se réglait à coups de lettres de cachet bien cachées, de dagues tirées silencieusement du fourreau, d'empoisonnements de bouche à oreille et autres joyeusetés des tueurs de Cour. Le tout se passait entre initiés, le bon peuple, heureusement, restait maintenu dans l'ignorance totale des petits meurtres entre amis.

Las! Tout cela a changé, comme chacun sait, avec le numérique, le Web et l'instantanéité de l'info. Mais surtout, la multiplication des caméras et des micros, au lieu d'amener le monde politique à une prudence de Sioux et à des prises de parole mûrement réfléchies, l'a au contraire transformé en commentateur permanent et réjoui de ses propres actes. Les ravis de la crèche se précipitent donc devant chaque micro tendu, oublient tout et se confessent à tort et à travers. Ils accueillent certains journalistes comme des partenaires, des amis, voire des complices: qu'importe le «off» pourvu qu'on ait l'ivresse. Plus de muraille de Chine, les rôles sont quasiment interchangeables, nous n'avons rien à cacher, je t'informe, cher ami, à condition que tu continues de caillasser mes ennemis.

 

Ekelle et jekel Reçus par Hollande une fois par mois -

 

En mars 2011, il retrouve son ami Gérard Davet au Monde: les deux journalistes sont nommés au service investigation.

Depuis, ils travaillent en binôme et viennent même de courir ensemble le marathon de New York, à 48 ans.

Ces deux complices ont déjà sorti deux livres sur Nicolas Sarkozy: "Sarko m'a tuer" (Stock), en août 2011, et, ce lundi, "Sarko s'est tuer", toujours chez Stock, dont la préface révèle l'affaire Fillon-Jouyet.

Toujours en duo, ces fans du film "Les hommes du président" sur le scandale du Watergate, qu'ils diffusent tous les ans à leurs étudiants de l'Institut pratique de journalisme (IPJ), préparent pour 2017 une histoire du quinquennat de François Hollande, pour laquelle le président de la République a accepté de les recevoir une fois par mois en moyenne.

Ce projet de livre, mené en parallèle avec leur travail au Monde, suscite des critiques. Au Monde, commente Edwy Plenel, "les journalistes qui traitent les affaires Sarkozy sont en même temps ceux qui voient le président de la République et ses plus proches collaborateurs pour faire le récit de son quinquennat. Cela établit un lien très fort avec une des parties prenantes. En tant que responsable d'un journal, ce mélange des genres, j'y aurais mis fin tout de suite".

"Ceux qui voient chez nous une motivation politique font fausse route", répond Fabrice Lhomme. "Nous avons ce point commun d'être obsédés par l'info. C'est notre seul parti."

"Ils sont réputés pour avoir la grosse tête, mais il y a beaucoup de jalousie parmi les journalistes d'investigation. Le fait est qu'ils sont bons et qu'ils sortent plein de trucs", commente anonymement un de leur confrère.

Leurs étudiants les apprécient. "Ils sont cyniques, mais très sympas, ils ont beaucoup d'humour. Ce sont des journalistes à l'ancienne, pas vraiment 2.0", confie Élodie.

Depuis quelques mois, ils sont flanqués de deux gardes du corps chacun. Après des articles sur les écoutes de Nicolas Sarkozy et la mafia corse en Afrique, ils avaient fait l'objet de menaces.

La protection rapprochée, qui venait d'être levée, a repris: début novembre, l'un d'entre eux a reçu une balle à blanc.

 

Le mardi 24 juin, donc, lorsque François Fillon déjeune avec Jean-Pierre Jouyet dans "un grand restaurant parisien" et lui demande - selon les affirmations enregistrées du secrétaire général de l’Élysée, démenties par l'ancien Premier ministre - de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy, François Hollande est lui-même en déjeuner avec la presse (RTL, Libération, Le Figaro et Les Echos), assure le palais. Un rendez-vous avec des journalistes non inscrit à l'agenda officiel.

Le samedi 20 septembre, lorsque le même Jean-Pierre Jouyet rencontre en fin de matinée les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, dans le cadre de la rédaction de leurs deux ouvrages - l'un sur François Hollande, l'autre sur Nicolas Sarkozy - François Hollande est "au même moment avec des ONG", explique l'Elysée au Parisien.

Une rencontre avec des responsables d'ONG "en vue du Sommet des chefs d'états sur le climat" est en effet inscrite à l'agenda du président sur le site de l'Elysée à partir de 10h30. Le rendez-vous suivant est à 16h. On sait également que, ce jour-là, François Hollande a eu un déjeuner de travail en extérieur avec six collaborateurs. Le lieu et le coût de ce déjeuner précis avait été épinglé par Le Point.

Lundi, sur RTL, le porte-parole de Nicolas Sarkozy a pour sa part insinué que le chef de l'Etat pourrait être "le quatrième homme" de la rencontre du 20 septembre, placé entre les journalistes du Monde et son secrétaire général, et donc hautement impliqué dans cette histoire mêlant François Fillon et Nicolas Sarkozy. Gérald Darmanin souhaite entendre les enregistrements des deux journalistes :

Assis sur une baïonnette

Donc pour résumer simplement l'affaire, nous avons un ancien premier ministre qui cherche à convaincre l'Elysée d'accélérer les procédures judiciaires contre l'ancien président Sarkozy  car il est l'ennemi commun. Un secrétaire général de l'Elysée apparaît qui  rend compte au Président Hollande de la demande de Fillon et qui va en référer directement aux journalistes du Monde qui sont bien évidement des amis du Président Hollande. Jouyet ayant reçu comme consigne de tirer sur Fillon afin de créer la zizanie à l'UMP: l'opportunité est trop belle. Jouyet ne se doute pas une seule seconde que ces mêmes journalistes du Monde complices de Hollande iraient jusqu'à donner son nom dans les médias et ainsi le trahir de la sorte. Dés lors il cherche à nier, puis se rend vite compte que des bandes sonores prouveront leur dire. Donc Hollande l'a sacrifié et a ainsi coupé les liens entre Jouyet et ses anciens amis de l'UMP.

 Surprise surprise....
Les journalistes vendent Jouyet pour se couvrir et ainsi sauvent leur réputation et Jouyet se retrouve ainsi sacrifié par la stratégie de Hollande. Jouyet  n'avait pas à se confier aux journalistes Davet et Lhomme. Ceux-ci se sentaient tellement chez eux qu'ils en ont oublié les précautions élémentaires ; Fillon se retrouve assis sur une baïonnette et cette tempête dans un verre d'eau saumâtre rehausse une fois de plus, de Léonarda à sa dernière prestation télévisée, le prestige inébranlable et infracassable de la Présidence d'une République...

Liaisons dangereuses...
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