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Publié par Bob Woodward

Le journaliste Benoît Dusquesne, qui présentait le magazine d'investigation "Complément d'Enquête" sur France2, est mort sur sa péniche de l’Ile Saint Denis à l'âge de 56 ans.

Père de quatre enfants, Benoît Duquesne aurait succombé à une crise cardiaque. "L'ensemble des personnels de France2 partage la peine et le chagrin de sa famille et de ses proches. La rédaction rendra hommage à ce grand professionnel dans le journal de 20h de ce soir", a fait savoir la chaîne dans un communiqué.

Diplômé de l'Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, il avait longtemps travaillé à TF1 avant de rejoindre le service public. De 1988 à 1994, il est grand reporter à TF1 et couvre notamment la guerre du Golfe, le conflit en Bosnie et l'écroulement du régime communiste roumain pour le compte d'émissions comme "Le droit de savoir" et "Reportages". Le soir du second tour de l'élection présidentielle de 1995, le journaliste avait marqué les esprits en poursuivant à moto la voiture du couple Chirac.

En 2005, il avait brièvement pris les rênes du 13H de France2 après le départ précipité de Christophe Hondelatte.

Dans un communiqué, François Hollande a salué la mémoire d'un "journaliste rigoureux et exigeant qui incarnait depuis de nombreuses années la liberté d’information". Le premier ministre Manuel Valls a tenu "à saluer un grand journaliste dont il a pu à de nombreuses reprises mesurer le professionnalisme". "Passionné par la politique, Benoît Duquesne était profondément attaché au service public, dont il était devenu un des grands visages", a indiqué l'hôte de Matignon.

Plusieurs journalistes ont également tenu à lui rendre hommage. J'ai vraiment découvert Benoît Duquesne en 2005, lors du Référendum français sur le Traité établissant une Constitution pour l'Europe. Il interviewait chaque jour des personnalités des différents Partis Politiques. Tout se passait bien. Jusqu'au jour où l'invité fût... Nicolas Dupont-Aignan, très critique vis-à-vis de ce Traité, très offensif et très convaincant. Patatras ! Le journaliste perdit contenance et se fendit même de quelque chose comme "oh non, vous allez trop loin" ! Son Journal changea alors, et il prit toutes les précautions possibles... pour écarter les invités imprévisibles et pour que les Français soient désinformés, votent "comme il faut" (c'est-à-dire pour l'Europe), en tordant la réalité pour les convaincre.

Un journalisme courtisan

Le temps a passé. En zappant, ici ou là, je suis tombé sur le sieur en question. Pas longtemps, car toutes ses émissions étaient des chefs-d’œuvre... de désinformation, de propagande la plus énorme pour que les Français ne s'écartent surtout pas de la Pensée Unique mondialiste. Du grand, du très grand journalisme courtisan ! A tel point que dès que la frimousse du journaliste apparaissait, je changeais de chaîne.

Hop là ! Par hasard, je suis tombé sur sa dernière émission, concernant le plus triste sire de France, à l'origine des plus grandes tragédies humaines de notre temps : le glorieux BHL, promoteur de guerres iniques, illégitimes, sauvages, détruisant des pays comme la Libye, si prospère. Et là, je n'ai jamais eu autant envie de vomir devant mon écran. Tout était fait pour flatter, encenser le bonhomme, celui qui devrait se retrouver depuis longtemps devant la CPI. J'ai d'ailleurs manqué m'étouffer en entendant Benoit Duquesne évoquer Malraux à son égard ! Là ce n'était plus du journalisme courtisan, mais une abjecte falsification de la réalité. Voir transformer un criminel de haut vol au seul service des intérêts d’Israël, en grande figure de l'Histoire de France comme Malraux, est une des choses les plus insensées, horribles, révoltantes, qui soient. Et cela a scandalisé beaucoup de téléspectateurs ! Notre Presse est d'ailleurs si servile, elle aussi, qu'elle a relayé l'extrait évoquant Malraux au sujet du personnage le plus immonde de France (http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120528.OBS6777/bhl-l-etoffe-des-malraux.html) . Et on s'étonne, après, que la Presse française soit considérée comme la pire d'Europe, "lanterne Rouge" ?

Un qui ne touche pas terre, c’est bien BHL, au-dessus des présidents : il ne s’agit pas d’une hypothèse douteuse, ni de complotisme estudiantin, mais de la granitique constatation que cet homme a les moyens de faire bouger les quatre derniers élus du peuple : Mitterrand avec Sarajevo, Chirac avec l’Afghanistan (grâce à François Pinault, auquel Chirac ne refusait rien), Sarkozy avec la Libye, et Hollande avec la Syrie, malgré un engagement français contrarié par le lâchage d’Obama. Adieu questions dérangeantes sur ses liens avec Israël. Le reportage frôle le danger mais n’y plonge jamais, un peu comme BHL dans ses déplacements. Au lieu de ça, on a droit à une critique de la tenue vestimentaire de l’homme « d’influence », à une révélation éculée de sa femme officielle Arielle Dombasle sur ses drogues, ce que Justine Lévy avait déjà balancé dans son premier livre, consacré à la « Terminator » Carla Bruni, qui lui avait piqué son mec, Raphaël Enthoven qui se gargarise de philosophie sur France 5. BHL gobe des amphétamines (cocaïne) ? D’autres boivent…

Une volonté de vérité ?

Pourtant, pendant le débat qui suit la projection, on voit un Duquesne mal à l’aise : son phrasé est haut perché, sa respiration mal ajustée, le ton pas serein… Comme s’il y avait deux voix en lui : l’une qui lui murmure des questions interdites sur la puissance politique réelle de son vis-à-vis, l’autre qui lui demande de la boucler. C’est la première fois que ce baron de France Télévisions ose bousculer légèrement un des Élus, et quel Élu, et il doit le faire, car son émission de faux journalisme d’investigation est attaquée comme paillasson des puissants. Complément d’enquêteCompliment d’enquête… peu importe les jeux de mots, a toujours été le relais de la pensée dominante. Il faut corriger cela, voyez-vous. Benoît Duquesne est mort le 4 juillet 2014, soit le lendemain de la première diffusion de son émission faussement anti-BHL, mais il faut croire que pour lui, ça l’était déjà assez. Le rapprochement est facile, mais une vie de soumission, avec les dégâts organiques que cela suppose, qui s’arrête le lendemain d’une légère audace, les croyants y verront un signe du Destin.

Voulait-il réellement effectuer une enquête sur les « écoutes de l’Elysée », comme il l’a annoncé dans sa dernière émission diffusée de Complément d’enquête et ainsi racheter sa crédibilité de journaliste ? L’Elysée aurait-elle mal vécu le sursaut d’honnêteté d’un journaliste qui ne fut toute sa carrière qu’un courtisan ? Sa mort soudaine (qui arrive au bon moment) a permis à France Télévisions d’oublier de diffuser cette émission sur les écoutes de l’Elysée…France Hollande échappe ainsi à une enquête bien dérangeante cette fois-ci si elle a été réellement menée avec sincérité…

Les morts suspectes de l’Elysée

Ce n’est pas la première fois que l’Elysée est au cœur de morts suspectes : Roger-Patrice Pelat, Pierre Bérégovoy, François de Grossouvre, Jean-Edern Hallier... Il est des morts opportunes en ce second septennat de François Mitterrand. Prenons le cas de François de Grossouvre : son décès a donné matière à toutes sortes de théories. Alors, suicide ou assassinat ?

Le 7 avril 1994, le conseiller spécial du président de la République est retrouvé mort dans son bureau de l'Elysée peu avant 20 heures, un 357 Magnum à la main. Au Château, c'est la panique au point que certains proposent de transporter le corps au Val-de-Grâce mais Michel Charasse, présent sur les lieux, leur fait entendre raison. A PPDA qui demande à Mitterrand si "le choix du lieu ne [lui] paraît pas être un acte contre la fonction qu' [il] incarne", celui-ci répond, sibyllin : "Vous pouvez l'interpréter autant que vous le voulez."

L'industriel lyonnais était pourtant un intime du président, qu'il a rencontré quelque trente ans plus tôt, et au service duquel il a consacré une partie de sa fortune pour financer ses campagnes. Longtemps, François de Grossouvre a d'ailleurs été le seul à connaître l'existence de Mazarine, sa filleule. Les deux amis partageaient aussi un autre secret, ce lui d'avoir été un temps proches de l'Action française. Mais notre homme supporte mal d'être peu à peu mis à l'écart. Cela suffit-il à accréditer la thèse du suicide ? Il est troublant qu'aucune analyse balistique ni toxicologique n'ait été effectuée à sa mort. Et que le rapport de police ne mentionne pas l'existence d'un coffre-fort dans son bureau. Surtout, le domicile de l'intéressé est perquisitionné par les hommes de Christian Prouteau, alors chef de la cellule de l'Elysée, avant l'arrivée de la police. Depuis, le manuscrit des Mémoires de François de Grossouvre a, semble-t-il, disparu. Ah ! Si seulement les morts pouvaient parler...

 

 

Le 12 janvier 1997, en villégiature à Deauville à l’hôtel Normandy, Jean-Édern comme d’habitude se lève tôt. Bien qu’à moitié aveugle, il enfourche sa bicyclette pour rallier le Cyrano, bar des jockeys. Toujours très entouré, cette escapade matinale, est l’un des très rares moments de solitude du polémiste. En guise de petit-déjeuner, un viandox. C’est sur le chemin du retour, peu avant 8 heures que se produit l’accident. Sans témoins. C’est l’employé d’un casino qui découvre son corps. Son visage face contre le bitume baigne dans une mare de sang. Des ecchymoses sur le dessus des mains laissent à penser qu’il n’a pas eu le réflexe de se protéger lorsqu’il a chuté, sans doute déjà inconscient. « Malaise cardiaque » pour les uns, « embolie cérébrale » pour d’autres, autant d’hypothèses qui ne seront jamais confirmées. Faute d’autopsie. Une autopsie relève de l’autorité judiciaire lors d’un accident sur la voie publique. Elle est réclamée par le Parquet dans le cas d’une mort brutale ou simplement suspecte. N’importe quel quidam un tant soit peu connu a droit à son autopsie. C’est le privilège de la notoriété, une façon pour les autorités de se prémunir contre les rumeurs qui accompagnent souvent le décès d’une « personnalité ».

Hallier n’y a donc pas droit. On prend quand même soin de lui pourtant.

Moins de deux heures après son décès, ses proches ont la surprise de constater que son visage a été embaumé à la morgue. Il est comme « plâtré ». Initiative prise sans autorisation de la famille, par on ne sait qui, avec pour seule explication le souci de le rendre « présentable ».

Au même moment, sa suite de l’hôtel Normandy reçoit beaucoup de visiteurs. Un mystérieux policier qui exhibe une carte tricolore, d’autres non identifiés mais bien renseignés. Dans la confusion des allées et venues qui suivent le décès, disparaissent du coffre de sa chambre une importante somme d’argent (1 million de francs), un dessin de Picasso et plusieurs dossiers confidentiels concernant ses têtes de turcs préférées : Mitterrand, Dumas et quelques autres. Indélicatesse d’un proche ? Barbouzerie ? Aucune enquête ne s’attachera à l’élucider. Toutes les plaintes déposées par sa garde rapprochée et notamment pour « assassinat » sont classées sans suite sous des prétextes divers.

Mais y a-t-il une affaire Hallier ? Pas pour la presse. Pourtant habituellement friande de « mort mystérieuse », elle traite cette disparition comme un non-événement. Depuis des années sa religion est faite. Mythomane, maître chanteur, alcoolique, mégalo, escroc, le triste sire ne mérite guère que l’on s’attarde sur son cas. Secrets de famille, secrets de jeunesse, secrets médicaux, que la raison d’État imposait à Mitterrand de préserver. Hallier allait, plus tard, aggraver son cas en s’attaquant à quelques-uns des puissants barons de la mitterrandie. Avec ceux-là Dumas, Kiejman, Lang, Hernu, Tapie, Charasse, Hallier n’avait jamais rien partagé. Hallier sera l’homme le plus écouté de France. 640 écoutes téléphoniques illégales (prouvées !) pour la seule période du 4 septembre 1985 au 19 mars 1986 et réalisées par la fameuse cellule de l’Élysée dont la mission originelle consistait à lutter contre le terrorisme. Femmes de chambre, imprimeurs, relations, bistrots fréquentés par l’écrivain, aucune ligne n’échappe ainsi à l’indiscrétion des hommes du Président. Autant d’informations qu’il s’agit ensuite d’exploiter. C’est l’ensemble des moyens de l’État qui est ainsi mis à contribution pour le réduire au silence. Les banques sont invitées à lui couper les vivres, le fisc à lui réclamer subitement de régler ses impôts. Éditeurs, imprimeurs sont eux informés des « risques » encourus à le publier…Hallier fréquente beaucoup Bernard Pons comme Jean-Louis Debré. Ce dernier est alors ministre de l’Intérieur. C’est Debré qui à l’automne 1996 prend la décision de placer Hallier sous protection policière. Sur quelle base ? Pour lui faire plaisir ? Seul le futur Président du Conseil Constitutionnel pourrait le dire. Unique certitude, cette protection (trois fonctionnaires qui l’accompagnent dans tous ses déplacements) est levée fin novembre de la même année.

L’Elysée gagnera définitivement avec la mort de ce journaliste gênant.

Benoit Duquesne a-t-il également voulu parler sur les pratiques élyséennes du nouveau régime hollandais?

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