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Publié par JEA

En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle doit être protégée par un bouclier de mensonges

Winston Churchill

Médias et désinformation : pourquoi et comment ?

Tous les conflits sont basés sur la désinformation, afin :

- de favoriser son acceptation. Aucun conflit à l'extérieur du territoire national n'est basé sur la vérité. L’exemple des armes de destruction massive que détenait Saddam Hussein est frappant et a permis de justifier l’intervention militaire américaine en 2003.

 

- de favoriser la victoire : soutien politique indispensable (poursuite de la diabolisation) mais aussi moral des troupes.
Les PSYOPS (définition de l'OTAN) sont des "opérations psychologiques" - que les Français préfèrent appeler opérations militaires d’influence (OMI) - se définissent comme un ensemble d’activités destinées à modifier le comportement et les attitudes d’individus ou de groupes humains hostiles, neutres ou amicaux, en vue de contribuer à l’atteinte d’objectifs politiques ou militaires.

 

A cela, on peut ajouter la volonté d'atteindre des objectifs économiques. Dans ce cadre, qui fait partie de la guerre économique, l'entreprise se trouve particulièrement menacée. Exemple de la manipulation sur le thon rouge :

http://ocean71.com/fr/ecologie/thon-rouge-erreurs-et-desinformation/

 

- de justifier la victoire pour minorer ses propres exactions (aucune guerre n'est propre) : " L'histoire est écrite par les vainqueurs." (Robert Brasillach).

Afin de pouvoir mener ces opérations d'influence, deux moyens existent : Internet et les médias audio-visuels.

Cela explique la volonté de nombreux gouvernements de vouloir contrôler Internet.

 

De la même manière, la vérité, et donc sa courroie de transmission, à savoir les médias, sont donc les toutes premières victimes de tout conflit...

 

Exemples

Je ne vous ferai pas l'affront de remonter trop loin, à savoir au Kosovo, avec les faux charniers de Racak, en Irak, avec le faux récit sur les couveuses par la fille de l'ambassadeur du Koweit à Washington, ou encore avec les inénarrables armes de destruction massive que l'on cherche encore, tout comme les liens de Saddam Hussein avec Al Qaida. La prochaine étape de la désinformation sera de démontrer que tout cela n'a jamais existé...

Focalisons sur des mensonges récents que la presse mainstream a relayés et amplifiés:

EXEMPLE 1 : Mouammar qui distribue du Viagra à ses troupes impuissantes

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/04/29/97001-20110429FILWWW00354-libye-kadhafi-distribuerait-du-viagra.php

Mais faut-il vraiment y croire ? En particulier quand les rapports d’Amnesty International ou de Human Rights Watch infirment cette conclusion, au terme d’une investigation nettement plus fouillée que celle du TPI ? En effet, ces deux organisations, difficilement soupçonnables de complaisance envers les soldats de Kadhafi, se pencheront en détail sur ce dossier. Elles dépêcheront des équipes de professionnels sur le terrain, qui recueilleront des centaines et des centaines de témoignages pendant des mois. Pourtant, au terme de leurs enquêtes respectives, elles ne trouveront strictement aucune trace de ces viols à grande échelle. Ainsi, soit le Viagra n’a pas fonctionné, soit le TPI et le CNT ont menti…

À ce sujet, Donatella Rovera explique : « Nous n’avons pu trouver aucune victime [de viol] en trois mois d’enquête sur le terrain. Ni même rencontrer des gens qui en connaissaient une. Sauf la doctoresse libyenne (pro-CNT) qui s’était déjà abondamment exprimée sur le sujet dans les médias. Pourtant, même cette femme a été incapable de nous mettre en contact avec ne serait-ce qu’une seule des victimes qu’elle prétend avoir rencontrées. » Même son de cloche à l’organisation Human Rights Watch, lorsque Liesel Gerntholtz, responsable des droits de la femme, déclare qu’elle ne dispose d’« aucune preuve » concernant les viols imputés aux troupes de Kadhafi. Pourtant, de telles atrocités commises à grande échelle, si elles existent, laissent forcément des traces. Il apparaît donc clairement que ces « viols de masse » et ces « distributions de Viagra » constituent une manipulation de plus dans la guerre de propagande menée par le CNT. Tout comme cette graisse à fusil distribuée par Kadhafi à ses hommes, pour « faciliter » leurs ébats : une rumeur sans le moindre fondement, pourtant reprise par Bernard-Henri Lévy dans son livre !

EXEMPLE 2 - Mouammar, pris d'une soudaine folie, bombarde sa population qui pourtant le soutient. Et enfin, le summum : les décors en carton-pâte réalisés à Doha pour clore le chapitre et terminer de plonger la Libye dans le chaos islamiste.

 

http://lesmoutonsenrages.fr/2011/08/24/libye-a-quel-point-sommes-nous-manipules/

- les armes chimiques utilisées par Bachar al Assad contre son peuple (qui le soutient à plus de 80%) et le bombardement de sa population

- le soutien aux rebelles "modérés" en Syrie...

- etc, etc.

 

EXEMPLE 3 – dans le domaine concurrentiel de l’entreprise, il en est de même : le cas Perrier

 

En 1989, le groupe Perrier constitue l’une des entreprises les plus en vue du marché français avec un bénéfice approchant les 1.250Mds de francs (approx. €190m). Dans les années 90, des traces de benzène sont découvertes en interne au sein de bouteilles à destination du marché U.S. La direction passe l’information sous silence; les valeurs de benzène relevées ne présentant aucun risque de nature à affecter la santé des consommateurs (la teneur étant beaucoup trop faible).

 

Une fuite d’information d'origine interne amène la FDA (Food & Drug Administration) à déclencher l’alerte. Les suspicions de la haute autorité sanitaire américaine seront confirmées par des analyses ultérieures qui seront menées en un temps record. Dix jours après la détection de la présence de benzène par la FDA, Perrier se doit de retirer trois millions de caisses du marché. Une tentative désespérée visant à limiter l’impact de ce désastre médiatique sur l’image du groupe ! Finalement, les ventes auront été interdites dans de nombreux pays tels que les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne, la Suisse, le Canada etc…. La sphère médiatique s'est alors empressée de relayer cette nouvelle à sensation, amplifiant les débats autour de la boisson gazeuse, contribuant ainsi à dégrader l'image de la marque auprès des consommateurs et ce alors même qu’aucune analyse n’avait pu attester de la dangerosité du produit pour l'homme. L’image de marque de Perrier ainsi que ses ventes se dégraderont de manière substantielle et conduiront le groupe au bord de la faillite.

 

Le plan de contre-information basé sur un aveu de la part de la direction, un retrait de l’ensemble des bouteilles du marché, une campagne d’information axée sur une parfaite transparence et des analyses scientifiques réalisées par des laboratoires indépendants sauveront le groupe.

 

Le cas Perrier reste aujourd’hui un parfait exemple de l’impact que peut produire une campagne de désinformation bien orchestrée. Il souligne également l’importance que revêt la mise en œuvre de scénarii afin de répondre à des situations de crise.

Première raison (exogène) : une volonté politico/militaire de peser sur le cours de l'information

Si les médias cherchent à rapporter la guerre, les militaires cherchent à la gagner. Leurs objectifs ultimes ne font pas toujours bon ménage, surtout quand les choses tournent au vinaigre. Dans l’histoire de la couverture médiatique de la guerre, deux visions antagonistes opposent les militaires et les médias. Les militaires veulent contrôler toutes les informations relevant du front, si nécessaire par la censure ; les médias veulent rapporter toutes les nouvelles de la guerre au mieux sans interférence militaire. Le contrôle militaire de l’information se justifie par l’impératif de préserver la sécurité des troupes et des opérations. La nécessité de la couverture médiatique est inscrite dans les fondements démocratiques de la liberté de presse et du rôle de contre-pouvoir des médias.

-> Mise en place depuis la seconde guerre mondiale de bureaux de liaison avec la presse, dirigés par les militaires : contrôle et censure possible car les journalistes ne se trouvent pas sur le front. Le Vietnam était la première guerre où les correspondants de guerre américains étaient officiellement accrédités auprès de l’armée sans faire l’objet de la censure. Mais au lendemain de l’offensive du Têt de janvier 1968 plus connue sous le nom de la bataille de Saigon, les médias américains sont blâmés pour avoir contribué à la défaite américaine. Têt n’est pas une défaite militaire, mais un désastre politique pour les Américains. Désormais, il est acquis que la guerre peut se perdre sur les écrans de télévision.

Désormais, le système de pool est mis en place : la collaboration entre l’armée et la presse s’organise. Pour les militaires, il est plus facile de contrôler les journalistes avec les troupes. En offrant compagnie et protection aux journalistes, les militaires misent sur la camaraderie et l’esprit de corps. Nious ne sommes ainsi pas loin du syndrome de Stockholm!
Les journalistes indépendants courent le risque d’être arrêtés parce qu’ils n’ont pas les autorisations nécessaires ou d’être tués car ils ne sont pas sous la protection d’une force armée. Faire du journalisme dans ces conditions relève donc du tour de force.

 

Deuxième raison (endogène) : des limites inhérentes au monde du journalisme

 

1/ Le journaliste est une cible
Les journalistes sont des électrons libres qui deviennent rapidement gênants pour les militaires et les politiques lorsqu'ils risquent d'exposer ce qui doit rester caché aux yeux du monde. Se débarrasser d'un importun, en le faire tuer par une faction prétendument incontrôlable, est chose facile et peu coûteuse au regard des risques que la vérité risque de faire encourir. face à une raison d’État, la vie d'un seul ne vaut rien.

La difficulté en est accrue par l'impossibilité de connaître les réels enjeux de pouvoir entre ou au sein d’États ou d'organisations : il est difficile de savoir qui tire les ficelles, et la confiance ne doit surtout pas être acquise sans certitude préalable. D'autant que l'argent est potentiellement un facteur de complication de ces mécanismes : quiconque peut alors devenir dangereux au hasard d'une seule transaction, qui permet de faire oublier un écart moral... Donc, on connaît son interlocuteur, ou il nous est conseillé, ou alors il doit être considéré comme un tueur potentiel. Les exemples de journalistes ayant "suivi leur intuition" et qui en sont morts sont multiples.


Ainsi, les journalistes indépendants courent le risque d’être arrêtés parce qu’ils n’ont pas les autorisations nécessaires ou d’être tués car ils ne sont pas sous la protection d’une force armée. Faire du journalisme dans ces conditions relève donc du tour de force.
S’il est vrai que « la vérité est la première victime de la guerre », on peut dire que les journalistes en sont les deuxièmes. Victimes collatérales ou tués froidement, les journalistes deviennent des cibles sur le théâtre des opérations.
« Ce qui a réellement changé, c’est que les journalistes désormais sont des cibles » commente Robert Ménard, ancien président de RSF. Les journalistes sont devenus des cibles parce que tous les protagonistes « ont compris qu’on gagnait ou qu’on perdait les guerres avec les médias. On cherche donc, beaucoup plus qu’avant, à cacher les faits. » Les journalistes ont à lutter contre cette tentative de mainmise sur la communication : ils sont donc à leur tour des cibles
La crainte d’être traînés devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité entraîne de plus en plus l’exclusion des médias du théâtre de guerre : silence, on tue !
Dans les conflits armés, les journalistes sont par ailleurs souvent accusés d’être des espions. L’accusation d’espionnage n’est pas l’apanage des guerres récentes et n’est pas toujours dénuée de tout fondement. En outre certains espions utilisent le métier de journaliste comme couverture…

Ces difficultés sont de nature différente :
Une capacité de mouvement limitée par des contraintes sécuritaires;
Des sources d'information limitées, insuffisantes ou peu objectives (ex : OSDH): http://allainjules.com/2013/08/21/armes-chimiques-syrie-douma-la-nouvelle-escroquerie-de-la-presse-mainstream-via-losdh/

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