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Publié par Bob Woodward

 

Des musulmans radicaux seraient en train de s’entraîner au djihad dans le sud des Ardennes belges. « C’est inquiétant et ne ressemble en rien à une simple partie de paintball entre amis, mais d’avantage à un camp d’entraînement radical », a expliqué la police.

Ce sont des photos postées, jeudi 2 octobre sur Facebook, par Abd Al Wadoud Abu Daoud, un musulman radical bruxellois prêchant en faveur du salafisme, qui ont attiré l’attention des policiers. L’homme serait lié à la famille Elouassaki dont deux frères sont déjà partis se battre en Syrie.

À peu près à la même époque, l’an dernier, la forêt des Epioux était au centre de l’attention des djihadistes et de la police belge. Abu Moussa, un proche de l’islamiste radical Fouad Belkacem, alors incarcéré, avait recruté des jeunes pour une semaine de « stage », avant de partir en Syrie.

Sur Facebook, celui qui se présente comme Abu Moussa, proche du leader de Sharia4Belgium, invitait les jeunes à un camp d’entraînement d’une semaine dans les Ardennes. Une invitation pour un camp dans les Ardennes belges, du 25 octobre au 1er novembre 2013. « Il reste encore sept ou huit places disponibles ». A priori, rien d’inquiétant dans ce message diffusé sur Facebook. Sauf qu’il est de l’initiative d’un certain Abu Moussa, un islamiste radical connu pour ses liens avec Fouad Belkacem, le leader de Sharia4Belgium, actuellement en prison. C’est ce que nos confrères du Nieuwsblad ont découvert sur les réseaux sociaux.

La question est maintenant de savoir où ce « camp » va avoir lieu. En province de Luxembourg, les autorités judiciaires n’étaient pas informées ce mercredi de cette venue d’éventuels djihadistes. Un policier de la région nous a toutefois confié qu’il ne serait pas surpris si de tels entraînements avaient lieu dans la forêt des Epioux en Belgique, située entre Bouillon et Florenville, à quelques kilomètres de la frontière française. Sur les images, les hommes tiennent ce qui semble être des armes factices utilisées pour des parties de paintball. Selon les quotidiens "Het Nieuwsblad" et "De Standaard", la police belge soupçonne ces hommes d’être des musulmans radicaux en entraînement dans la forêt des Ardennes et a ouvert une enquête. Difficile d’obtenir des informations sur Abd Al Wadoud Abu Daoud, sa page Facebook ayant disparu depuis le 29 septembre, date à laquelle les photos ont été postées. Mais les deux quotidiens néerlandophones affirment qu’il s’agit d’un musulman radical prêchant le salafisme.

 

Le djihad belge : le cas de l’organisation Sharia4Belgium

La Belgique est ainsi très touchée par le phénomène des départs pour la Syrie. Le nombre d’individus est disproportionné par rapport à la population belge et par rapport aux autres pays occidentaux qui sont également touchés : pour un pays de 11 millions d’habitants, le nombre de ressortissants partis combattre en Syrie est beaucoup plus élevé (environ 500) que des pays comme la France, l’Angleterre ou l’Allemagne. Les difficultés personnelles et/ou d’ordre socio-économique permettent d’expliquer la décision de certains jeunes de partir en Syrie, mais ce n’est pas suffisant pour comprendre la spécificité du djihad belge.

Il existe dans le pays de nombreuses filières, très organisées, qui envoient des combattants belges en Syrie. La plus connue d’entre elles est l’organisation Sharia4Belgium, fondée le 3 mars 2010 par un Belge d’origine marocaine, Fouad Belkacem, qui a été condamné à plusieurs reprises par la justice belge, notamment pour des faits de vols, de harcèlement et d’incitation à la haine et à la violence.

 

Cette organisation salafiste rejette en bloc la démocratie en tant que système où les hommes font la loi. Selon eux, Dieu fait la loi, et il faut suivre les normes islamiques. C’est sur ce point que l’organisation s’est faite connaître en 2010 lors des élections législatives belges, en appelant les musulmans au boycott. Ils luttent également contre les symboles nationaux, à l’instar de l’Atomium haut lieu touristique de Bruxelles, et qui fait l’objet, selon eux, d’une vénération malsaine, car non-islamique.

 

L’organisation s’est dissoute elle-même le 7 octobre 2012, mais ses membres continuent d’agir dans l’ombre, à travers un réseau d’associations et de mosquées qui recrute pour le djihad en Syrie. C’est le cas de l’association caritative « les Restos du Tawhid », qui distribuait de la nourriture aux sans-abris à la gare du Nord, à Bruxelles. Cette association, dirigée par Jean-Louis Denis, un Belge converti à l’islam et sympathisant de Sharia4Belgium, a été accusée de prosélytisme en vue de recruter pour la Syrie. Certaines mosquées aux mains de prédicateurs salafistes proches du mouvement ont également été critiquées pour leur rôle dans le recrutement de jeunes pour le djihad, à l’instar de la mosquée de Vilvorde où deux frères, Zacharia (23 ans) et Ismaïl (16 ans) sont soupçonnés d’y avoir été embrigadés et envoyés combattre en Syrie.

Ces réseaux salafistes ont des cibles bien précises : d’une part les convertis, qui trouvent dans la religion une identité nouvelle ou une façon de lutter contre une situation de précarité ; d’autre part, les populations issues de l’immigration. Dans le cas de la Belgique, le groupe Soufan (agence américaine spécialisée dans les études d’intelligence et de géopolitique: http://soufangroup.com/) rapporte qu’environ 80% des djihadistes belges dont la présence est avérée en Syrie sont d’origine marocaine. La difficulté de l’Etat à favoriser l’intégration de ces populations, qui ont pourtant participé à la reconstruction de la Belgique dans les années 1960, et les difficultés socio-économiques qu’elles rencontrent en ont fait des cibles de choix pour les réseaux extrémistes.

Selon les estimations du chercheur indépendant Pieter van Ostaeyen, 59 combattants belges en Syrie seraient liés à Sharia4Belgium, un chiffre sans doute plus élevé, du fait que de nombreux combattants n’aient pas pu être identifiés. Parmi les combattants identifiés, la majeure partie est originaire des centres urbains, en particulier Bruxelles et Anvers. Lors d’une opération coup de poing de la police fédérale contre le mouvement en avril dernier, 48 perquisitions ont été menées, dont 32 à Anvers et dans sa région. Six personnes ont été arrêtées, dont Fouad Belkacem lui-même. Le ministère public belge a requis, mardi 30 septembre 2014, quinze ans de prison pour Fouad Belkacem, qu'il considère comme le chef d'une organisation terroriste. Le procès pour terrorisme du groupuscule Sharia4Belgium s'est ouvert donc au tribunal correctionnel d'Anvers. Fouad Belkacem ne s'est pas présenté au procès. "Il a ses raisons, mais cela ne signifie certainement pas une absence de respect envers le tribunal", a indiqué son avocat Me John Maes... Des prévenus ont décrit Fouad Belkacem comme le leader incontestable du groupuscule. Celui-ci avait reconnu lors de l’enquête qu’il avait fondé Sharia4Belgium, mais a nié toute violence ou entraînement au combat. Il considère les vidéos appelant au djihad comme de la pure théologie et de la simple provocation, et dément avoir enrôlé des personnes en vue de les envoyer en Syrie.

En procédant à des arrestations et des perquisitions, les gouvernements français et belges arrivent sans doute à éviter que certains jeunes soient endoctrinés et embrigadés. Lors de ces campagnes de perquisition, ils obtiennent également plus d’informations sur le phénomène. Mais en agissant de la sorte, ils ne s’offrent qu’un sursis : s’attaquer aux racines du mal, à savoir les difficultés d’ordre socio-économique, la consultation libre et facile de sites islamistes, la présence d’imams étrangers radicaux sur leur territoire, et l’absence d’une politique cohérente sur le dossier syrien, doit être désormais une priorité si l’on veut réellement freiner ces départs.

 

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Preuve que la Belgique et la France deviennent des cibles pour l'Islam radical!

 

 

 

La Belgique, nouveau djihadistan...

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