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Publié par JEA

 

Des moyens de prévention exceptionnels ont été déployés dans les villes sacrées de Médine et de La Mecque. Le terminal de l'aéroport international King Abdulaziz à Djedda est transformé en véritable bunker médicalisé. Huit cent cinquante médecins, infirmiers et personnel médical sont mobilisés. Ils doivent impérativement porter gants, masques et blouses de protection. À sa descente d'avion, chaque pèlerin en provenance de l'étranger doit se soumettre à une série de tests de dépistage du virus Ebola. Toute personne qui entre sur le territoire saoudien doit obligatoirement remplir un formulaire médical puis passer par un sas, devant une caméra thermique. Au moindre doute, la personne est évacuée vers un hôpital de Djedda. Tous les établissements de la ville sont en alerte.

Pour éviter toute propagation du virus Ebola, les autorités sanitaires ont déconseillé le hadj cette année aux femmes enceintes, aux personnes âgées et aux malades chroniques. Aucun visa n'a été délivré cette année aux pèlerins de Guinée, Liberia et Sierra Leone, les trois pays les plus touchés par Ebola. Autre menace sanitaire à gérer, le coronavirus ou syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Depuis juin 2012, l'épidémie a contaminé 700 personnes en Arabie saoudite, dont 300 en sont décédées.

De nouveaux moyens de contrôle des voyageurs : prises d’empreinte, photographie d’identité, contrôle de la température, voire prise de sang…

Les germes des maladies ont coutume d’emprunter les navires pour se déplacer. Le Grand-Saint-Antoine apportant la peste à Marseille en 1720, pour une ultime incursion meurtrière en Europe, est resté dans toutes les mémoires. L’Europe du XIXème siècle, portée par une idéologie de progrès, tend d’abord à se croire à l’abri des maladies épidémiques, jugées d’un autre âge, grâce à son degré de «civilisation». Or l’un des fleurons de cette modernité triomphante, la navigation à vapeur, en augmentant la rapidité de déplacement des germes, va entraîner l’effet paradoxal de rendre le monde plus vulnérable encore au danger des maladies.

 

La nouvelle technologie favorise certes le développement du commerce, mais aussi la mobilité des hommes. Le pèlerinage à La Mecque, qui de tout temps a constitué l’une des plus importantes migrations temporaires au monde, se trouve profondément bouleversé par l’apparition de ce nouveau moyen de transport. L’antique caravane chamelière, dont la durée du trajet constituait une prophylaxie naturelle, cède le pas aux navires à vapeur, à l’automobile et à l’avion.

 

La Mecque, cible potentielle

Des musulmans, venus du monde entier pour le pèlerinage à La Mecque, dénoncent les atrocités commises en Irak et en Syrie par les jihadistes du groupe Etat islamique, tout en se montrant méfiants à l'égard de la campagne militaire dirigée par Washington. L’Etat islamique (EI), qui contrôle de vastes territoires à cheval entre la Syrie et l'Irak, est accusé d'avoir commis des massacres et des exactions contre des soldats et des civils. Il a, en outre, revendiqué la décapitation de deux journalistes américains et d'un travailleur humanitaire britannique.

Des centaines de milliers de pèlerins continuaient mardi de se rassembler à La Mecque pour le hajj, pèlerinage annuel. L'Arabie saoudite fait partie de la coalition internationale initiée par les Etats-Unis qui mène des frappes aériennes depuis la semaine dernière contre l'EI en Syrie. Des combattants kurdes sont aussi mobilisés contre les jihadistes. La semaine dernière, l'émir du Qatar, dont le pays fait partie de la coalition, a indiqué que l'objectif immédiat de la coalition était de mettre en déroute les mouvements extrémistes mais qu'à long terme, il fallait "punir" le régime impopulaire de Bachar al-Assad.

Les autorités saoudiennes parviendront-elles à contrôler l’ensemble des pèlerins ? Plus de deux millions de pèlerins musulmans sont attendus à Mina, près de la ville sainte de La Mecque, au début du Hajj annuel. Mina est une étroite vallée surplombée de montagnes rocailleuses transformée en immense ville de toile avec 45.000 tentes blanches ignifugées. Les pèlerins y arrivaient par la route, par le train ou à pied, les hommes portant un habit composé de deux pièces de tissu blanc non cousues et les femmes entièrement couvertes à l'exception du visage et des mains, comme le veut la tradition.

Dans cette vallée, ils vont prier et se reposer avant de se rendre lundi sur le Mont Arafat, à 6 km de Mina, pour une journée de prières et d'invocations qui constitue le temps fort du Hajj. L'Arabie saoudite a déployé plus de 100.000 soldats et policiers et mis en garde contre toute manifestation politique durant le Hajj. Ryad veille à tenir le pèlerinage à l'écart des tensions politiques régionales depuis une manifestation anti-américaine et anti-israélienne de pèlerins iraniens en 1987 qui avait été réprimée au prix de 402 morts.

Le Hajj avait été marqué dans les années suivantes par des accidents, dont un incendie du campement de Mina et des bousculades qui ont fait des centaines de morts.
C'est en raison des manifestations d'Iraniens que Ryad avait obtenu en 1988 un système de quotas octroyant à chaque pays 1.000 pèlerins par million d'habitants pour mieux contrôler ce rassemblement de fidèles venant des quatre coins du monde.

 

 

La vidéosurveillance sera-t-elle suffisante ?


Pour assurer la sécurité des pèlerins, les autorités saoudiennes ont placé dans et autour de La Mecque 42.000 caméras de surveillance de haute technologie dont certaines peuvent filmer à 60 km à la ronde. Dans le cadre du pèlerinage de La Mecque, Thales a mis en place un système intégré de gestion de crise permettant de détecter et d'optimiser la gestion des mouvements de foule. Chaque année ce pèlerinage, qui rassemble des millions de personnes, fait l'objet d'accidents, notamment lors du passage des pèlerins dans la zone du pont des lapidations (les 3 Jamarat). Le système déployé comprend l'acquisition des données, leur traitement et la diffusion des informations de pilotage. 32 caméras sont réparties sur 8 points stratégiques de la zone du pont des lapidations et les routes d'accès. Pour chaque point, 3 caméras fixes et une caméra mobile ont été installées sur des mâts de 10 à 60 m de hauteur. Les caméras fixes sont reliées à un système d'acquisition permettant de délivrer en temps réel la mesure de densité de foule et de vitesse de déplacement. Les caméras mobiles permettent aux opérateurs de visualiser l'ensemble de la scène et de faire une analyse en cas d'incident.
 


Les autorités saoudiennes mettent 20.000 bus à la disposition des pèlerins pour qu'ils puissent parcourir les 10 km séparant La Mecque de Mina en empruntant de nombreux tunnels creusés dans les montagnes. Mais beaucoup préfèrent marcher. Ryad a imposé une réduction de 20% du nombre de pèlerins venant d'autres pays et de 50% pour ceux d'Arabie saoudite, en invoquant le risque d'une épidémie du coronavirus MERS et des travaux d'agrandissement des lieux saints. Par souci de protéger les millions de pèlerins qui se rendent à la Mecque, les autorités saoudiennes ont pris des mesures d’interdiction de pèlerinage à l’encontre des ressortissants des trois pays touchés par le virus Ebola : Guinée, Sierra Leone et Libéria. Aucune autorisation administrative ne sera délivrée aux pèlerins de ces pays.

Le Mali n’est pas frappé par cette mesure d’interdiction. Pour les pays touchés par la fièvre, les instructions sont claires : pas d’autorisation de voyage en Arabie Saoudite pour le pèlerinage. L’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite en France a aussi souligné que des mesures ont été prises pour le transport des pèlerins dans les meilleures conditions possibles. Il n’y a de place que pour les compagnies crédibles. Les compagnies ne disposant pas de représentation en Arabie Saoudite et n’ayant pas d’autorisation d’atterrissage des autorités de l’aviation civile saoudienne, sont exclues du transport des pèlerins. Les contrôles deviennent donc plus stricts…peur du coronavirus, peur d’Ebola, ou peur des islamistes de l’EI ?

A la suite des contrôles, qui commencent dès l'aéroport, une trentaine de personnes présentant des symptômes de fièvre ont d'ores et déjà été mises à l'isolement. Une précaution extrême de la part des autorités, qui veulent éviter tout risque de contamination, alors que deux millions de personnes seront réunies dans des espaces confinés. Par ailleurs, 650 médecins et techniciens ont été déployés sur place…sans compter les milliers de militaires et policiers qui veillent sur la sécurité des lieux saints…

 

 

 

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