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Publié par Bob Woodward

 

Nous venons de fêter le centenaire de la naissance d’Albert Camus. Ses œuvres sont toujours d’actualité car rien n’a changé. Les héros absurdes, que sont nos chefs d’Etat, font face à l'absurdité de la vie. Ils vont même jusqu'à l'apprécier, recherchant toujours la même flamme, la même passion qui les anime…une passion destructrice et perpétuelle : la guerre. L'absurdité et l'éternel recommencement: deux thèmes chers à Camus.

Des problématiques quotidiennes pour l'homme, sur lesquelles l'auteur a beaucoup écrit, et qu'il a parfaitement retrouvées dans l'objet de sa première œuvre philosophique: le mythe de Sisyphe. Condamné par les dieux pour avoir osé les défier, Sisyphe se retrouve à pousser sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne du Tartare. Chaque fois qu'il atteint son objectif, la pierre retombe. Et il doit recommencer…

Les pays occidentaux recommencent toujours la même erreur…et aucun chef d’Etat ne souhaite la réparer. Un Président guerrier est bien plus vendeur qu’un Président attentiste. Ces hommes d’Etat semblent condamnés à porter un bandeau et à pousser au sommet d'une montagne un rocher, qui roule inéluctablement vers la vallée avant que le but ne soit atteint. Absurde mais réel…
Toutes ces tâches peuvent sembler répétitives et vaines…et elles le sont ! Aucun accomplissement dans ces guerres absurdes à l’encontre de la pensée de Camus.

 

L’Etat islamique vole de victoires en victoires. Les djihadistes de l'Etat islamique progressent dans le nord de la Syrie. Lundi 29 septembre, les insurgés se trouvaient à 5 kilomètres d'Aïn Al-Arab, la troisième ville kurde du pays – également appelée Kobané en kurde –, à la frontière avec la Turquie. L'EI mène dans cette région syrienne un assaut qui lui a déjà permis de prendre au moins 67 villages en deux semaines. L'offensive a entraîné un exode massif de la population et obligé la Turquie à ouvrir sa frontière aux 160 000 réfugiés fuyant les combats. A l'inverse, des miliciens du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont quitté Turquie pour aller prêter main-forte à leurs frères syriens assiégés. La progression des djihadistes dans cette région se fait malgré les raids de la coalition internationale, qui a frappé la semaine dernière les environs d'Aïn Al-Arab…les pays occidentaux ne parviennent pas à arrêter l’avancée de l’EI. Encore une guerre inutile avec ses conséquences absurdes et destructrices…

Les Etats-Unis et ses alliés supplétifs (dont la France) n’ont tiré aucune leçon des guerres passées. Tel Sisyphe, nous sommes condamnés à refaire le même chemin et donc les mêmes erreurs.

 

Le même chemin

De l’autre côté de l’échiquier, les actions sont également identiques : la spirale ne sera pas rompue. Depuis plus de vingt ans, les mêmes crimes sont commis par les mêmes individus : de Khaled Kelkal à Salim Benghalem...de 1995 à 2014. Même parcours, même but.

Souvenez-vous ! En juin 1990, Khaled Kelkal est interpellé, soupçonné d'avoir participé à trois reprises à des casses à la voiture bélier. Il est inculpé puis incarcéré pendant six mois à la prison Saint-Paul de Lyon. Il est condamné le 19 avril 1991 à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour complicité de vols à la voiture bélier. Deux mois plus tard, en appel sa peine est portée à quatre ans de prison ferme...petite délinquance qui le mènera au grand banditisme et au terrorisme. Durant sa peine, Khaled Kelkal rencontre des religieux islamistes, apprend l'arabe et se radicalise. Après sa libération, il apprend le Coran, fréquente les mosquées et se lie aux milieux islamistes et se rend même en Algérie. Le 15 juillet 1995, il participe à une fusillade contre des gendarmes à Bron. Le 25 juillet 1995, il est impliqué dans le groupe qui pose une bombe à la station Saint-Michel - Notre-Dame de la ligne B du RER parisien. Cet attentat fait huit morts et 117 blessés. Le 17 août 1995, il est impliqué dans un autre attentat sur la place de l'Étoile à Paris où une bombe blesse dix-sept personnes. Le 26 août 1995, il est impliqué dans un attentat raté contre la ligne TGV Paris-Lyon, où ses empreintes digitales sont relevées sur une bombe qui n'explose pas. Malgré la traque dont il fait l'objet, Khaled Kelkal parvient à commettre encore deux attentats : le 3 septembre 1995, une bombe défectueuse explose dans un square parisien et fait quatre blessés ; et le 7 septembre 1995, une bombe placée dans une voiture garée en face d'une école juive de Villeurbanne fait quatorze blessés. Il sera finalement abattu par les gendarmes fin septembre 1995.

 

20 ans après, la même histoire se répète…Parmi les personnes liées à l'Etat islamique particulièrement recherchées par les Etats-Unis, on trouve des Syriens, des Russes, des Tchétchènes, des Marocains et un Français, Salim Benghalem. A-t-il basculé dans l'extrémisme et la barbarie ? Il semble que Salim Benghalem soit le bourreau d’otages occidentaux.

Comme l'ont repéré Europe 1 et Le Monde.fr, ce trentenaire originaire de Cachan dans le Val-de-Marne et installé en Syrie figure en effet sur la liste des "Specially Designated Global Terrorists" (
http://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2014/09/232067.htm), désignant les personnes ou organisations les plus dangereuses pour le gouvernement américain. Il est présenté comme un bourreau de l'organisation terroriste.

Salim Benghalem n'est pas inconnu des services de police de l'Hexagone. En 2007, il a été condamné à 11 ans de prison pour tentative de meurtre…de la délinquance au terrorisme. En toile de fond, un vieux contentieux : en 1997, une bagarre de chiffonniers entre deux très jeunes de la cité Bleue et de la Plaine, à Cachan. Même type de parcours que Khaled Kelkal ! Sorti en 2010, Salim Benghalem a rejoint les rangs de l'Etat islamique en Syrie.

Les services français estiment que
près de 1000 Français sont concernés par le djihad en Syrie, dont environ 300 qui combattent sur place.

Sisyphe
Sisyphe

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