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Publié par Marc

 

Tiré à 200 000 exemplaires, Merci pour ce moment est le carton surprise de la rentrée littéraire et politique. Pour sa première semaine de vente, le livre de Valérie Trierweiler a fait une véritable percée. Merci pour ce moment (Les Arènes, 320 p., 20 €) s'est vendu à 145 000 exemplaires, dont 131 000 pour l'édition papier, selon les estimations de l'institut GFK, faites à partir d'un panel représentatif de sorties de caisse.

« Il s'agit du meilleur démarrage pour un livre en 2014 », explique Sébastien Rouault, responsable du panel livre chez GFK. Pour trouver une semaine de lancement comparable, il faut remonter aux ventes de best-sellers de bande dessinées et de fiction, comme Astérix ou Harry Potter.

 

Peopolisation

Un succès qui reflète une propension à la peopolisation de la vie politique. L’affaire Trierweiler n'est que l'avatar d'une mauvaise habitude répandue dans la presse française: la propension des journalistes féminines suivant la politique intérieure à finir dans les bras des politiciens qu'elles couvrent, si l'on ose dire. Point n'est besoin de faire une liste, elle déborderait de la courtepointe. Et alors, où est la muraille de Chine? L'impavide vertu du journaliste qui ne doit dîner avec le diable que muni d'une longue cuiller? Si les rédactrices des rubriques politiques avaient un peu de déontologie, elles proscriraient tout conflit d'intérêt en forme de ciel de lit.

 

Séduction

Dominique Strauss Kahn et Anne Sinclair, Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, Bernard Kouchner et Christine Ockrent…toute une série de couples médiatico-politiques peut être déclinée.

Selon la « version officielle » qui s’étale régulièrement dans les hebdos dans le but de légitimer ces liaisons gênantes, le journalisme politique français aurait hérité d’une tradition de séduction, initiée à la fin des années 1960 par Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud à L’Express. Le tandem à la tête de l’hebdomadaire avait recruté à dessein de jeunes et jolies femmes pour couvrir la politique. Quoi de plus banal que certains hommes succombent ainsi à leurs charmes ? D’après Catherine Nay, qui faisait partie de l’équipe de L’Express avec Michèle Cotta. « Françoise Giroud pensait que des hommes se dévoileraient plus facilement devant des femmes. » Les rédactions politiques se sont mises à embaucher des femmes à partir des années 1970. La même Catherine Nay entretiendra d’ailleurs une liaison avec Albin Chalandon, Garde des Sceaux. Rappelons la gêne des observateurs avertis quand Michèle Cotta anima le débat télévisé du 24 avril 1988 entre François Mitterrand et Jacques Chirac, deux hommes qu’elle avait « très bien connus » par le passé, ce qui lui donnait un rôle d’arbitre « assez insolite »…

 

Sciences Po

Les journalistes d’aujourd’hui font Sciences-Po et une école de journalisme tandis que les hommes politiques font Sciences-po et l’ENA, dans des cursus universitaires formatant les esprits à la même pensée unique. Les journalistes sont, comme les hommes politiques, largement issus des classes supérieures de la société. Ainsi 53 % des journalistes ont des parents cadres supérieurs ou équivalents contre 32 % des étudiants et 18,5 % de la population masculine française. Politiques et journalistes seraient donc principalement issus de la même bourgeoisie urbaine partageant les valeurs communes libérales libertaires…

Un contre-pouvoir ?

Ces liaisons, qui ne se limitent pas à quelques couples emblématiques, montrent une véritable endogamie. Cette endogamie est révélatrice de l’extrême proximité qui caractérise désormais le « haut journalisme parisien » et la classe politique. Loin d’être un contre-pouvoir, le monde médiatique fait désormais partie intégrante du pouvoir par tout un écheveau de relations croisées. Un exemple caractéristique de cette proximité concerne Christophe Barbier qui arbore toujours sa fameuse écharpe rouge. Interrogé à son sujet par Philippe Vandel sur France Info le 7 janvier 2010, il précisait alors : « Sachez que celle que je porte aujourd’hui m’a été offerte par Carla ». « Carla » qui était, là encore, témoin à son mariage de Christophe Barbier en 2008, accompagné du président de la République en personne… On imagine la critique féroce qu’un journaliste peut exercer dans les colonnes de son journal après de telles agapes en si bonne compagnie.

Face à la multiplication de ces liaisons amoureuses et des couples qui s’étalent sous le feu des projecteurs, ou plus discrètement dans le secret des alcôves, la question qui se pose est évidemment de savoir dans quelle mesure une journaliste vivant avec un ministre ou un chef de parti peut travailler de façon impartiale et crédible. La réponse est malheureusement évidente…

Merci pour ce moment…de bonne intelligence

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