Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Marc D

La science a tranché, en suivant par IRM fonctionnelle l’activité cérébrale de jeunes lecteurs, les neuropsychologues ont démontré que la méthode syllabique permet un bien meilleur apprentissage de la lecture que la méthode globale.
Pourtant en France les enseignants de l’Education nationale délaissent la méthode syllabique, préférant la globale. Après, ne nous étonnons pas que les résultats des petits Français dégringolent dans les tests PISA…sans compter les « Illettrées » de l’abattoir GAD ! Jusqu'au début des années 1980,
l'analphabétisme renvoyait à un problème d'insuffisance des compétences de lecture et d'écriture en français seconde langue, problème qui concernait les immigrés de la deuxième génération, notamment d'Afrique du Nord, ainsi que les Français originaires de régions ayant leur propre langue, comme le Pays basque, la Catalogne et la Bretagne.

 

 

L’illettrisme en France

C'est l'association caritative ATD Quart-monde qui conçoit le terme « illettrisme » pour que les Français pauvres aux compétences limitées en lecture et en écriture n'aient pas le sentiment qu'on les compare aux travailleurs immigrés qualifiés d'analphabètes.

Le groupe interministériel permanent de lutte contre l'illettrisme est créé en 1984 afin de trouver une solution à ce problème. C'est dans l'agriculture, la pêche et l'agroalimentaire que se concentre le plus fort taux d'illettrisme (près de 10 %), secteurs suivis par l’industrie, le BTP et les services aux personnes (entre 7 et 8 %). L’illettrisme est donc bien une réalité en France !

 

Les méthodes d’apprentissage

Les méthodes d’apprentissage de la lecture sont donc au cœur de ce problème. En effet, seuls 4% des enseignants utilisent la méthode syllabique pour l’apprentissage de la lecture en CP dans les quartiers populaires sur Paris et la petite couronne. Les usines à fabriquer des cancres ont de beaux jours devant elles. 4 % des enseignants adoptent donc une méthode syllabique, alors que c'est ce système qui réussirait le mieux aux enfants qui obtiendraient 20 points de réussite supplémentaires sur 100 aux épreuves de lecture et de compréhension. La majorité des enseignants (77 %) ont adopté l'un des 23 manuels de la méthode mixte, associant méthode syllabique et méthode globale (Abracadalire ; Gaffi ; Mika ; Ratus…).

Quelque 19 % des enseignants «bricolent» leurs propres supports ou combinent l'usage de deux manuels différents. Seuls 4 % ont adopté la méthode syllabique, utilisant Léo et Léa ; Je lis, j'écris. Beaucoup d'enseignants jugent en effet la méthode syllabique «trop rébarbative pour des publics populaires».

Pourtant les résultats de l'enquête montrent que ce sont les manuels de méthode syllabique qui réussissent le mieux à ces enfants: on compte 19 points de réussite supplémentaires sur 100 aux épreuves de lecture et de compréhension.

L'effet du manuel est considérable. Sa contribution à la formation de la maîtrise de la langue écrite s'avère ainsi au moins aussi importante que l'impact du niveau de diplôme des parents. «Ce sont les classes dans lesquelles l'apprentissage est résolument centré sur le déchiffrage, considéré comme la clé de l'accès au sens, et organise son étude de façon progres­sive (…), l'élève pouvant déchiffrer de façon autonome ce qu'on lui propose à lire, sans recours à la lecture devinette, qui obtiennent des résultats dont la supériorité est statistiquement bien établie», est-il indiqué.

 

Mais que qualifie-t-on de méthode syllabique ?

La méthode syllabique apprend à l’enfant, de manière méthodique, rigoureuse et progressive, le code de la lecture et de la transcription, à savoir :

  • les correspondances entre les sons du langage et les lettres (Ex. : le signe f code le son [f]), puis la lecture des graphies (ch, ou, eau, etc. Ex. : la graphie eau transcrit le son [o]).
  • la construction syllabique : les associations de consonnes et voyelles en syllabes permettent de construire les mots ;
  • les règles de lecture des mots (Ex. : d en fin de mot est muet) :
  • les conventions d’écriture syntaxiques (Ex. : le ent muet en fin de verbe).

Chaque étape de l’acquisition du code étend le champ des mots et textes que l’enfant peut lire en connaissance de cause (sans « hypothèses ») et en autonomie.

Les méthodes « mixtes », à départ global, ne sont pas des méthodes syllabiques :

Il ne suffit pas qu’une méthode entraîne à la lecture de syllabes pour qu’elle s’appelle « méthode syllabique ». Certes, les méthodes mixtes enseignent le code et la synthèse qui permet de lire des syllabes puis des mots, mais elles commencent l’apprentissage par plusieurs semaines de lecture globale (voire plus d‘un an quand les enfants « lisent » globalement en Grande Section de Maternelle…), et continuent à proposer la reconnaissance visuelle globale de mots alors même que le code commence à être enseigné.

Une méthode synthétique (ou « syllabique ») enseigne la lecture sans recourir à la lecture visuelle globale : voilà ce qui la différencie clairement d’une méthode mixte.

Le député UMP de la Somme Alain Gest, en compagnie d'une quarantaine de députés UMP, a déposé en juin 2013 un projet de loi imposant le choix de la "méthode syllabique" pour l'apprentissage de la lecture : "il convient d'inscrire dans la loi le choix de la méthode syllabique d'apprentissage de la lecture qui se révèle bien plus efficace que la méthode mixte et qui a largement fait ses preuves ".

Alain Gest s'était distingué en 2005 en posant le premier à l'Assemblée nationale une question au gouvernement sur les méthodes d'apprentissage de la lecture qui avait donné l'occasion au ministre de l'Education nationale Gilles de Robien de commencer publiquement sa croisade en faveur de la méthode syllabique. L'importance que l'enseignant accorde au déchiffrage est primordial et explique «à la fois l'efficacité supérieure de la syllabique et les différences de rendement des manuels au sein tant des méthodes mixtes que des méthodes syllabiques.»

 

Un débat sans fin

À l'inverse d'un «présupposé pédagogique très répandu» le manuel qui se révèle le plus efficace avec les élèves des milieux les plus défavorisés est aussi «le plus exigeant» dans l'apprentissage technique du code. Mais aussi dans ses contenus intellectuels, de par l'ambition lexicale et littéraire des textes qu'il propose à la lecture des élèves. L'apprentissage du déchiffrage est souvent vécu comme le «sale boulot» de l'enseignement de la lecture, un temps soustrait à l'essentiel, le travail sur la compréhension, dont les publics populaires sont estimés avoir un besoin prioritaire. Par-delà la ''saga'' quasi centenaire des débats entre « méthode globale » et « méthode syllabique », va-t-on rejouer indéfiniment cet affrontement plus passionné qu'opérationnel (dans la longue tradition des passions franco-françaises), une ''montagne'' qui ''accouche le plus souvent d'une souris''. La dernière ''guerre'' ou ''croisade'' n'a d'ailleurs pas dérogé à la règle puisque la circulaire ministérielle du 3 janvier 2006 indique certes que « l'apprentissage de la lecture passe par le décodage et l'identification des mots conduisant à leur compréhension », mais il n'est pas question pour autant de « méthode syllabique » d'autant que la circulaire prône la pluralité des entrées : « Déchiffrez les mots dans l'ordre constitue un savoir-faire indispensable, mais ne suffit pas : le but de la lecture est d'accéder au sens précis des mots, puis des phrases, puis des textes et non pas seulement au bruit des mots ».

La somme des illettrés n’a pas fini de décroître, car même les résultats scientifiques sont sujets à caution…les illettrés de M. Macron sont loin de disparaître !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article