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Publié par ELISE T

 

Pour la première fois, des raids ont visé des positions du groupe terroriste, notamment dans leur fief de Raqqa et à la frontière entre l'Irak et la Syrie. Damas aurait été informée de ces frappes, réalisées avec d'autres pays arabes.

L'armée américaine et des «partenaires» ont mené pour la première fois, tôt mardi matin, des raids contre des positions du groupe Etat islamique en Syrie, a annoncé le Pentagone. Plusieurs dizaines de pays ont offert de participer d'une manière ou d'une autre au combat contre l'EI, y compris une dizaine de pays arabes. La France est pour l'heure le seul allié à avoir bombardé des positions de l'EI en Irak la semaine dernière.

Les nombreuses exactions commises par l'EI en Syrie et en Irak, y compris la décapitation de deux journalistes américains et d'un travailleur humanitaire britannique ont indigné l'opinion publique et les milliers de recrues dotées d'un passeport occidental font craindre qu'à leur retour ces combattants aguerris et endoctrinés ne commettent des attentats dans leur pays d'origine en Europe ou aux Etats-Unis.

Les troupes de l'organisation font l'objet de bombardements quotidiens par l'armée américaine en Irak depuis le 8 août 2014. Grâce à ces frappes, les forces irakiennes et kurdes ont pu reprendre pied et reconquérir plusieurs endroits stratégiques mais sans être en mesure de prendre totalement le dessus.

Pour autant, le président Obama ne souhaite pas engager toute la puissance militaire américaine. Il a exclu d'envoyer des troupes de combats au sol - en évitant soigneusement d'évoquer les membres des forces spéciales qui guident souvent les frappes - et il estime que le combat ne pourra être gagné contre l'EI qu'avec l'aide des rebelles syriens modérés ainsi que de l'armée irakienne et des Kurdes. La semaine dernière, le congrès américain a autorisé le président à armer et entraîner les rebelles syriens modérés.

 

Un nouvel Afghanistan ?

Sommes-nous repartis dans l’engrenage de la guerre ? Oui, et la situation semble prendre la même forme que l’attaque du régime taliban en Afghanistan. Frappes aériennes, puis envoi de troupes…et finalement après plus de 10 ans de guerre, un échec sur le plan militaire.

Aujourd'hui, la menace est inédite par son ampleur et son caractère protéiforme. Daech n'est pas un État au sens du droit international. Mais le cantonner à une simple organisation terroriste serait une erreur: structurée autour d'anciens baasistes, militaires ou membres des services secrets, confortablement financée, c'est une véritable armée à l'efficacité avérée, qui recrute des milliers de supplétifs venus de tous horizons. Daech n’est pas un Etat au sens du droit, mais en a l’allure : contrôle d’un large territoire, gestion des administrations sous leur contrôle, mise en place d’une armée structurée…

Outre la menace extérieure (par exemple Aqmi), les services de sécurité français doivent désormais s'adapter à cette menace intérieure massive et hétéroclite comme en témoignent les profils variés des djihadistes identifiés: milieux bourgeois ou non, jeunes issus de l'immigration ou pas, convertis de la dernière minute. Certes, tous ne passeront pas à l'acte, mais, par le passé, s'agissant des fronts bosniaques ou afghans, un djihadiste français sur deux a été impliqué à son retour dans un projet terroriste.

 

 

La France dans la ligne de mire

Il se déduit de l'ensemble de ces éléments qu'un passage à l'acte en France, d'initiative ou sur instruction extérieure, est désormais plausible. Nos forces de sécurité intérieure sont-elles prêtes à faire face ? Les services de renseignement sont vigilants. Mais le spectre de modus operandi observé depuis quelques années permet d'envisager tous les scénarios. De l'attentat à l'arme blanche (décapitation d'un soldat en pleine rue à Londres en mai 2014) en passant par les assassinats ciblés de Merah et Nemmouche, jusqu'à l'attaque dans un lieu public avec des explosifs militaires ou des armes à grande capacité de feu comme à Bombay en 2008, tout est désormais possible.

Les attaques contre la France ont déjà débuté. Un groupe lié à l'Etat islamique a revendiqué, lundi 22 septembre, le rapt d'un ressortissant français survenu dimanche à Tizi Ouzou, dans l'est de l’Algérie. Le ministère des affaires étrangères avait confirmé son enlèvement un peu plus tôt.

Les intérêts de la France bafoués

Dans une vidéo diffusée lundi soir par ce groupe, Hervé Gourdel, un homme de 55 ans originaire de Nice, dit avoir été enlevé par un groupe islamiste connu sous le nom Jund Al-Khilafah (« soldats du califat »), qui s'est séparé d’Al Qaida au Maghreb islamique il y a quelques jours afin de se rallier à l'Etat islamique, qui a promis de s’attaquer aux intérêts français. Va-t-on revenir à la période de la vague d’attentats commis en France en 1995 ? Des Kelkal en puissance préparent-ils de nouveaux attentats ? Tout le laisse présager…la France est-elle prête à s’engager dans un nouveau conflit afin de défendre des intérêts qui sont très éloignés de ceux de la France ?

L’Algérie en embuscade

Un coup dur aussi pour l’image de l’Algérie, que le discours officiel a faussement magnifiée alors que des poches terroristes subsistent, notamment en Kabylie. Sans doute que le rapt du touriste français provoquera une onde de choc médiatique dont l’Algérie se serait passée volontiers. L’Algérie, qui se pose en faiseur de paix au Mali et en Libye, se voit ainsi brusquement projeté sur le devant de la scène. Et c’est une publicité de mauvais goût alors même que les diplomates tentent de vendre la "solution politique" chez les voisins de l’Algérie en proie à des guerres larvées. Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, s’est fait fort de déclarer le 21 septembre, depuis Washington, à côté de son homologue américain John Kerry, que l’Algérie était "un exportateur net de stabilité"…Sous réserve d’identification des ravisseurs et de leurs motivations, on peut légitimement se demander si cette opération ne vise pas à pousser l’Algérie à s’occuper de sa sécurité au lieu de se soucier de celle de ses voisins. Une façon de réinstaller la menace terroriste en Algérie, pendant que le pouvoir étale avec délectation sa "science" et son "expérience"  dans la lutte contre ce fléau. L’armée algérienne souhaite peut-être réinstaller son pouvoir au sein de la société algérienne au moment où Bouteflika, chef d’Etat malade, ne dirige plus que lui-même et encore avec beaucoup de difficultés …

Et la Turquie ?

Les intérêts de l’Union Européenne sont également en danger…que va-t-on faire d’une Turquie, pays proche de l’EI, au sein de l’Union Européenne au cas où elle souhaiterait toujours intégrer notre belle union ? Les liens dangereux entre la milice de l’Etat Islamique et la Turquie se révèlent et se confirment de jour en jour. Des officiers turcs à la retraite ont rejoint les rangs de cette organisation terroriste. En échange de leurs services, ces officiers perçoivent des salaires importants versés par le service de renseignement turc…l’EI s’approvisionne en outre pour ses besoins logistiques auprès d’une société également turque, et dirigée par un officier retraitée originaire de Konia. Il lui fournit les pièces de détachements des armes, les armes légères et les tenues militaires. Ce n’est un secret pour personne non plus que la Turquie a toujours ouvert ses frontières à ces miliciens takfiris venus des quatre coins du monde pour entrer en Syrie…A quand l’ouverture des frontières de l’Union Européenne avec la Turquie ?

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