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Publié par Olivier M

L’Etat islamique (EI) décapite civils, adversaires et otages dans toute la région entre l’Irak et la Syrie. Deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff, ont été mis à mort de cette manière, leur décapitation étant mise en scène devant les caméras envoyant ainsi clairement « un message à l’Amérique ».

Mais quel est donc ce message? Ce n’est pas une simple exécution par arme a feu, le symbole de la décapitation est bien plus fort. Le bourreau commence par égorger sa victime de manière laborieuse puis la vidéo coupe et l’organisation filme le cadavre décapité avec la tête posée dessus. Le symbole est fort et la vidéo diffusée sur des plateformes islamistes devient un véritable coup de communication: la méthode de l'Etat islamique pour propager la peur...

 

 

Histoire de la décapitation

La décapitation est un châtiment pratiqué durant l'Antiquité par les Grecs et les Romains. A Rome c’est une mort honorable et moins douloureuse réservée à ses citoyens. Dans l'Antiquité, de nombreux chrétiens connurent ce martyre dont Saint Jean-Baptiste, Saint Paul ou Saint Denis... En France, durant le Moyen-Age et l’Ancien Régime c’est une forme d’exécution destinée aux nobles. Considérée comme plus rapide et moins douloureuse, c’est un privilège. Si la hache était bien aiguisée — et le bourreau habile ! —, la décapitation était rapide et présumée être une peine de mort indolore. Si le tranchant de l'instrument était émoussé ou le bourreau maladroit, plusieurs tentatives pouvaient être nécessaires pour trancher la tête (lors de la décapitation de Sainte Cécile, le bourreau, après trois tentatives infructueuses, la laisse agoniser durant trois jours - la loi romaine interdisait le quatrième coup-)... Aussi recommandait-on au condamné à mort de donner une pièce d'or au bourreau pour s'assurer qu'il ferait son travail avec soin.

D’ailleurs à la Révolution, au nom du principe d’égalité, la généralisation de la décapitation à tous les citoyens est réclamée dans les cahiers de doléances. En 1791, l’Assemblée adopte d'ailleurs ce mode d’exécution pour tous. Hamida Djandoubi fut le dernier décapité en France en 1977 à Marseille. Ce Tunisien de 31 ans, condamné à mort pour "assassinat après tortures et barbarie, viol et violences avec préméditation" d'une jeune femme, est le dernier condamné à mort à avoir été décapité en France avant l'abolition de la peine de mort quatre ans plus tard.



Mais qu'en est-il pour l'Islam ? C’est une peine par deux fois mentionnée dans le Hadith, recueil des paroles du prophète. Une première fois après le siège de Médine, une femme est décapitée pour avoir tué un musulman. La seconde fois, un homme est décapité pour apostasie.

La charia parle de peine de mort en cas de crime grave mais ne spécifie pas la méthode. Chaque pays choisit d'ailleurs comment appliquer la charia et met le coupable à mort comme il l’entend. L'Iran n'utilise d'ailleurs pas cette méthode de châtiment...mais les sunnites si!

Donc, la décapitation n’est pas une peine purement islamique...mais elle n'existe actuellement que dans des pays où l'Islam est l'unique religion. Actuellement, trois pays procèdent encore à ce mode d'exécution officielle, toujours publique, à l'aide d'un sabre : l'Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. La décapitation est donc lié à l'Islam au XXIème siècle.



En expliquant que l’Amérique est coupable d’avoir « tué notre peuple » lors des bombardements de cet été, l'EI ten fait un châtiment confessionnel. L'EI applique le châtiment du pays abritant la Mecque, ville sainte la plus sacrée de l'Islam.

Comme lors des exécutions en France sous l’Ancien Régime ou aux Etats-Unis, la mise à mort est publique. Sauf qu’il ne s’agit plus aujourd'hui d’un public strictement local mais du monde entier grâce à la diffusion sur internet. L’aspect public visait à avertir le peuple de ce qui était susceptible de lui arriver s'il violait la loi. Le but était, également, sous la République, que la punition demeure perçue comme une célébration immédiate de la force du régime.

Dans ces vidéos, l’EI montre donc sa force au monde et adresse un avertissement qui ne s'adresse donc pas seulement aux Américains : voici ce qui vous arrivera si vous suivez l’Amérique, disent ces images. La France est donc également visée...Hervé Gourdel en fut la victime.

Lors de ces décapitations, c’est le châtiment et la force que l’EI souhaite montrer mais ce n’est pas là le seul symbole.

 

 

La décapitation synonyme de victoire

La décapitation est une mise à mort guerrière. Elle symbolise la victoire. Dans l’Ancien testament, David et Judith décapitent l’ennemi de leurs cités. Par la même, ils sauvent et libèrent leur peuple du péril tyrannique. Dans ces deux cas, la décapitation est héroïque et symbolise la destruction du tyran. L’acte d’amputation est secondaire, l’étape la plus importante est de présenter la tête. Comme lorsque Judith décapite et emporte la tête de Holopherne pour montrer qu’il est vaincu. C’est un acte guerrier qui vise à prouver que le chef ennemi est bel et bien mort et qui symbolise la victoire sur le reste son armée, qui sans chef est démunie.

Dans la Sîra, biographie du prophète Mahomet, une autre décapitation du même genre est évoquée. Plus précisément dans le récit de la bataille de Badr. Un partisan de Mahomet lui rapporta la tête de son ennemi Abu Jahl et les troupes du prophète remportent la victoire. La victoire serait-elle annoncée pour l'EI?

 

 

L’égorgement symbole de déclassement de l'humain

 

La barbarie de cette exécution ne tient pas seulement au résultat mais également à la méthode utilisée pour la mise à mort des otages. Dans le cas de James Foley et Steven Sotloff, les otages sont égorgés à genoux. En mettant ces hommes dans cette position, les mains attachées dans le dos, l’EI nie l’humanité des otages. L’organisation djihadiste traite ces Américains peu ou prou comme des bêtes. La décapitation est un châtiment spécifiquement utilisé dans la péninsule arabique. L’égorgement, dans l’Islam, est également une méthode d’abattage rituel pour les animaux.

L’EI ne viole donc pas les principes musulmans: le mécréant ne peut être considéré comme un homme. La sourate IV.89 souligne la nécessité de la peine de mort:

« (Les hypocrites) aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux ! Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier de Dieu. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez ; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur.”

Ces lignes sont soumises à de nombreuses interprétations (elles ne concerneraient que les apostats  . Ceux-ci seront exécutés car ils ont commis le péché impardonnable de trahison, qui, dans tout Gouvernement ou Pays est un crime grave puni de mort...), mais elles existent tout de même et soulignent les règles de conduite face au non-religieux, dans des pays où religion et Etat ne font qu'un.

 

Le choix de l'égorgement au couteau ne doit d'ailleurs rien au hasard. Dans une société acclimatée à la violence par arme à feu, au cinéma et à la télé, l’EI devait se démarquer et gravir un degré supplémentaire dans l’horreur. L'exécution par arme a feu paraît plus douce pour les sociétés occidentales... L'arme blanche (Hollywood en sait quelque chose et le retour sur les écrans d'une version remasterisée de Massacre à la tronçonneuse en est le symbole) suscite davantage de peur car elle souligne la volonté de tuer et la responsabilité du bourreau dans le crime. Contrairement un tir d’arme à feu ou a une pendaison, il n’y a ni distance, ni intermédiaire entre la victime et l’assassin. Pour tuer avec un couteau, il faut être en contact avec la victime. Les mains du tueur sont couvertes de son sang. Il faut suffisamment de volonté, de folie, de barbarie même, pour accomplir l’acte jusqu’au bout.

 

Abu Bakr al-Baghdadi, avant et après
L’organisation islamiste cherche en somme à terroriser les Occidentaux et à montrer qu’elle n’a pas peur de se salir les mains, sous entendu, contrairement aux Américains qui utilisent des avions et des drones pour les bombarder. L’EI montre qu’il assume sa soif de sang ...la volonté est donc bien de leur côté et non du côté de l'Occident! La guerre aérienne de l'Occident annonce une défaite prévisible de nos pays...et une victoire tout autant prévisible de l'EI, nouvel Etat au coeur du Moyen-Orient.

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geo 28/06/2015 12:04

article à rediffuser, d'actualité..merci

mehdi mountather 11/11/2014 10:43

Baghdadi calife de satan Ei ou état satanique en Irak Boko Haram Aqmi Qaida des djihadistes de satan des chiens de l'enfer aux non musulmans de convertir a l'islam avant la mort ou ces 3 jours sans soleil pour éviter la panique et l'enfer et pour éviter ces chiens de satan a l'enfer merci