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Publié par Bob Woodward

 

 

La France est entrée dans un affrontement auquel nous n'étions pas directement mêlés. Depuis quelques jours, les hommes politiques, qui semblent lancés dans un concours de testostérone, cherchent à justifier l'intervention armée. Il faut pourtant reconnaître que ces phénomènes ne nous concernaient pas directement. Il y avait certes des crimes sauvages, des otages, mais cela ne touchait pas nos ressortissants. Que l'on ne se méprenne pas: il fallait une action en Irak. Mais le soutien aux populations chrétiennes, l'armement des Kurdes, voire l'encadrement de l'armée irakienne étaient suffisants. Emboîter le pas à l'armée américaine en se lançant dans des bombardements est une action d'une tout autre nature. Le fait d'entrer seul européen dans la coalition, c'était nous mettre au premier plan et nous désigner comme cible. La politique étrangère français suit donc la politique américaine. C’est un choix extrêmement risqué. L’indépendance voulue par le Général de Gaulle et suivie par ses successeurs est donc bien finie. Il ne faut ni s'illusionner sur l'efficacité de l'action militaire (ça ne suffit jamais contre le terrorisme) ni reproduire les erreurs commises par le passé (notamment le sentiment «néo-colonisateur» qui a pu entacher certaines interventions sur la durée, en Irak et en Afghanistan). 

 

Une femme libérée

La coalition menée par les Etats-Unis tente de faire bonne figure : à la tête d'une escadrille des Émirats Arabes Unis, une femme a participé aux premières frappes aériennes menées par Washington et ses alliés contre les djihadistes du groupe État islamique (EI) en Syrie. Mariam al-Mansouri, 35 ans, est très populaire dans son pays. Diplômée en 2007 du Khalifa bin Zayed Air Force College, elle a été la première femme émiratie à piloter un avion de combat, selon des médias locaux. Dans son pays, la jeune femme court les plateaux télévisés pour défendre le droit des Emiraties à servir leur pays, y compris dans l'armée. Sa photo a été largement reprise sur les réseaux sociaux, pour saluer son courage et moquer les djihadistes, censés craindre les femmes combattantes. Selon une rumeur persistante, notamment véhiculée par les peshmergas du Kurdistan irakien, les djihadistes pensent qu'ils n'accéderont pas au paradis s'ils sont tués par une femme. Cette communication bien huilée ne fait pourtant pas l'unanimité en Occident. «La première femme pilote de chasse des Emirats Arabes Unis bombarde l'EI, mais les Emirats Arabes Unis sont loin d'être les parangons des droits des femmes», note Andrew Stroehlein, le directeur de la communication Europe de Human Rights Watch. En 2013, l'organisation dénonçait en effet l'application de la loi islamique aux Emirats Arabes Unis. Celle-ci ne donne pas les mêmes droits patrimoniaux aux hommes ou aux femmes, et autorise les hommes à «discipliner» leurs femmes et enfants.

La coalition n’est donc guère un exemple de comportements vertueux…et la France, amie du Qatar, se mêle à cette guerre sans réellement réfléchir.

 

L’Irak, un nouvel Afghanistan, un nouvel échec pour l’Occident.

La France semble donc tomber dans un nouveau bourbier qui ressemble quelque peu à l’intervention occidentale en Afghanistan. 10 ans de guerre sans solution à long terme…

Alors que l'économiste Ashraf Ghani se prépare à prendre la tête de l'Afghanistan, les talibans mènent actuellement une nouvelle offensive majeure dans le district de Ghazni, dans l'est du pays. Après des attaques dans les provinces de l'Helmand, de Kandahar et du Logar, la dernière série d'attaques, menées par plusieurs centaines d'hommes, auraient déjà coûté la vie à au moins 80 personnes, selon des responsables locaux.

« Les insurgés ont décapité 12 civils dans quatre villages », a ajouté le vice-gouverneur de la province de Ghazni, Mohammad Ali Ahmadi. En outre près de cent personnes ont été tuées au cours de la dernière semaine. « A l'heure actuelle, la situation est vraiment critique dans ce district. Le gouvernement central nous a dit qu'il avait envoyé des renforts », a indiqué le vice-gouverneur. Selon Abdullah Safi, le numéro deux de la police dans la région, le gouvernement provincial n'a plus aucun contact avec les services de sécurité du district d'Ajristan. « Si le gouvernement central n'intervient pas d'urgence, le district risque de tomber [aux mains des insurgés] », a-t-il mis en garde. Au cours de l'été, les talibans ont commencé des opérations de reconquête de différentes provinces afghanes, en exploitant la crise politique à Kaboul concernant les résultats de l'élection présidentielle du 14 juin. Ils visent notamment le district montagneux d'Ajristan, à environ 200 kilomètres de la capitale, Kaboul, qui leur fournirait une base pour tenter de couper l'axe routier stratégique reliant Kaboul à la seconde ville du pays, Kandahar.

La stratégie des talibans est identique à celle de l’Etat Islamique : le pays sera coupé entre le Nord et le Sud. Le Nord de l’Irak appartient à l’EI et le Sud de l’Afghanistan est contrôlé par les talibans. Deux guerres qui mènent aux mêmes échecs (militaire, social, politique…). La France se perd dans ces nouvelles guerres qui ne sont pas de son ressort. L’Irak et l’Afghanistan sont loin de son champ d’action et sont deux pays qui ne furent jamais sous son influence. La France se trouve donc être à la remorques des Etats-Unis et perd toute son influence au Moyen-Orient. François Hollande a choisi une politique suiviste et non volontariste. C’est un choix, mais nous allons le payer très rapidement. La mort d’Hervé Gourdel en Algérie n’est que le premier signe de nos futures difficultés…

L’intervention, une erreur répétée

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