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Publié par PHIL

Derrière les murs surélevés et les filets de protection du lycée français de Nairobi s'est joué un drame digne des meilleurs romans policiers. Agatha Christie aurait pu poser la question: qui veut la tête du proviseur du lycée français Denis Diderot de Nairobi ? Cette question se pose depuis le départ du proviseur de cet établissement scolaire mi-janvier. Un acharnement digne d'un thriller a été mis en œuvre minutieusement dans cette école. Mais point d'Hercule Poirot pour résoudre l'enquête dans le monde des expatriés du Kenya.

 

 

Clochemerle sous l'équateur !

 

M. Bouclon (qui n'a pas souhaité s'étendre sur ce dossier quand nous l'avons contacté) a été nommé proviseur du lycée Denis Diderot de Nairobi en septembre 2011 après une carrière tournée à l'international (directeur de l'Alliance française de Reykjavik en Islande, proviseur du lycée Esteqlal à Kaboul en Afghanistan, proviseur du lycée français de Dublin en Irlande). Sa mission: redresser la situation financière et relancer la politique pédagogique du lycée de Nairobi.

Mission réussie au dire de l'Ambassadeur de France qui fut en poste de novembre 2010 à juillet 2013 et dont une de nos sources a pu se procurer le rapport: “Je souhaiterais en particulier rappeler l'état financier désastreux dans lequel M. Bouclon a trouvé l'établissement lorsqu'il a succédé à M. XXX à l'été 2011. Celui-ci n'avait pas souhaité s'impliquer dans la gestion du lycée (refusant de signer tout document comptable) et laissé en place deux agents locaux qui avaient depuis près de 10 ans mis en place un système de malversation très organisée (des plaintes au pénal ont été déposées contre ces deux personnes ; en particulier la construction de la piste de course avait fait l'objet de graves malversations de la part de ces deux personnes. Il est revenu à M. Bouclon en septembre 2011 de redresser l'établissement qui était à l'été 2011 en quasi cessation de paiement (...) Ce travail de remise à niveau a porté ses fruits puisque l'établissement a retrouvé une équilibre financier et même un surplus financier rapidement.”

 

Cependant ce travail de redressement ne semblait pas suffisant pour une mère d'élèves qui dès fin 2012 a commencé à critiquer de façon virulente les initiatives prises par le proviseur. Cette dernière, dont nous ne pouvons citer le nom car une plainte du proviseur est en cours, s'est alors lancée dans une politique de dénigrement incessant du travail du proviseur. Notre rédaction a eu connaissance des échanges de courriels: cette dame demande impérativement des dédoublements de classe pour ses deux enfants en classe de troisième et de terminale alors que les classes au lycée Denis Diderot ne dépassent pas les 25 élèves, comme nous le confirme un professeur. Que dirait-elle en France? Mais puisqu'elle paie des frais de scolarité, cette dame veut, semble-t-il, imposer sa loi. Elle en vient même dès juin 2013 à tenter de contacter le futur professeur de philosophie recruté pour la rentrée 2014 afin de l'alerter des soit-disantes ”conditions“ d'enseignement à Nairobi:

 

---------- Forwarded message ----------

> From: CXXXX MXXXX
> Date: Wed, Jun 19, 2013 at 1:05 PM
> Subject: Adresse email de Mme Ledoux
>
> Bonjour,
>  Je suis Madame MXXXX,
> parent d’élève au Lycée Français Denis Diderot de
> Nairobi.Je m’adresse à vous car je
> viens d’apprendre que Mme Ledoux, Professeur de
> Philosophie actuellement en poste au Lycée Français de
> Phnom Penh, était mutée dans notre Lycée l’année
> prochaine.
>  Je souhaite la contacter afin
> de m’assurer qu’elle a bien été mise au courant des
> conditions dans lesquelles elle allait devoir enseigner la
> Philosophie l’année prochaine.
>  Pourriez-vous lui transmettre
> mon email et lui demander de me
> contacter ? Cordialement,
>  Cxxx Mxxxx 

 

 

Un harcèlement quotidien

 

Cette situation dégénère vite car Mme Mxxx, dont les troubles psychiatriques semblent “avérés” selon les propos d'un membre du comité de gestion du lycée interrogé par nos soins, obtient le concours du directeur d'école primaire du lycée Denis Diderot. Ce dernier s'était vu notifier le non renouvellement de son contrat par l'Ambassadeur de France en raison du harcèlement quotidien qu'il menait contre la directrice administrative et financière de l'établissement arrivée en poste en septembre 2012 (nos sources à Nairobi nous ont transmis les e-mails en question). Faisant fonction de chef d'établissement dans ses précédentes fonctions, ce professeur des écoles devenu directeur d'école ne parvient pas à reprendre des fonctions moins névralgiques et persécute au quotidien la directrice administrative et financière pour des broutilles. Qui se ressemble s'assemble! Mme Mxxx parvient à se faire élire fin septembre 2013 au sein du comité de gestion du lycée grâce au lobbying actif du directeur d'école primaire.

 

Dès lors le proviseur et la directrice administrative et financière sont soumis à un harcèlement dantesque qui mêle e-mails anonymes diffamatoires (dont notre rédaction a eu connaissance) et lettres signées, envoyées à l'Agence pour l'Enseignement Français à l'Etranger (AEFE), aux députés des Français de l'étranger, aux sénateurs des Français de l'étranger et au Tout-Paris...l'AEFE alertée ne réagit pas et pense que les vacances d'été 2014 pourront calmer la situation...”Attendre et voir venir” !

 

Un projet pharaonique...

A cela s'ajoute l'ambition démesurée de Mme Mxxx et de son complice, un certain Exxx Mxxxx, traducteur à l'ONU et père d'élèves, qui souhaitent construire un nouvel établissement de plusieurs dizaines de millions d'euros dans le nord de la ville...à proximité des bureaux de l'ONU. Le proviseur, appuyé par le service immobilier de l'AEFE, s'oppose à ce projet pharaonique pour des raisons financières. “Sur le site du lycée actuel un nouveau bâtiment de 4 salles était déjà en construction. A quoi bon déménager?”, lancent des enseignants interrogés. C'est alors que les e-mails anonymes redoublent de vigueur contre le proviseur et la directrice administrative et financière. La tension est à son comble.

Mi-décembre, une mission de l'AEFE de quelques heures, dirigée par le coordonnateur AEFE de la zone Océan Indien, décide d'acheter la paix...mais à quel prix?

Le proviseur est appelé pour une mission au siège de l'AEFE à Paris. Mme Mxxx est suspendue du comité de gestion du lycée en raison de “ses actions préjudiciables à la réputation du Lycée, et ayant porté gravement atteinte à la bonne marche de l’établissement”. Elle a tout de même obtenu la tête du proviseur! Le client est roi!

 

...et machiavélique

Dès le mois d'avril, soit trois mois après le départ du proviseur, est créé un blog anonyme mettant en accusation le proviseur, la directrice administrative et financière et les membres du comité de gestion (autres que Mme Mxxx, M. Mxxx et le directeur de l'école primaire bien entendu). Mme Mxxx contacte alors certains de nos confrères pour critiquer la gestion du proviseur et de son équipe: il aurait payé des pots de vin aux autorités kényanes ... ces mêmes autorités venaient en fait régulièrement au lycée racketter l'établissement pour faciliter des démarches administratives. L'Ambassadeur de France souligne d'ailleurs dans son rapport qu' “ il convient de savoir que le Kenya, en particulier son administration des étrangers, est particulièrement corrompu. Il n'est donc pas exclu que des "facilitation fees" aient malheureusement dû être versées (notamment pour le permis de travail des professeurs dont le statut juridique au regard de la loi kényane est sujet à discussion).”

Que dire des accusations contre le proviseur sur un voyage à Kisumu (ville à 450km à l'ouest de Nairobi) le 23 décembre 2013? Celui-ci s'y est rendu pour l'enterrement d'un des agents du lycée mort du virus du SIDA. Le proviseur a d'ailleurs employé par la suite l'épouse du défunt afin de ne pas la laisser sans subsistance avec ses trois enfants.

Après une enquête approfondie sur les faits reprochés, toutes les accusations portées contre le proviseur et la directrice administrative et financière semblent infondées, sorties de leur contextes, reposent sur des conclusions hâtives et ne reflètent pas la réalité. L'Ambassadeur de France indique que “ces attaques ont pour origine un parent d'élève, Mme Mxxx, qui poursuit M. Bouclon de sa vindicte depuis que l'établissement a légitiment refusé d'ouvrir une classe supplémentaire de 3ème pour accueillir plus confortablement son enfant.” Les comptes e-mail et linkedin du proviseur sont même piratés !

Un audit de juin 2014, mené par le coordonnateur de l'AEFE pour l'Océan Indien souligne par ailleurs qu'au lycée Denis Diderot de Nairobi “la situation financière saine permet d'envisager sereinement les projets à venir”.

 

La chasse à l'homme.

 

La chasse à l'homme n'est malheureusement pas finie: le proviseur est nommé pour la rentrée 2014 au lycée Joliot Curie de Nanterre. Mme Mxxx et M. Aubrun, nouveau président du comité de gestion du lycée Denis Diderot (depuis le 28 juin 2014! soit près de 6 mois après le départ du proviseur) et ami de cette dame, contactent alors le conseil d'administration du lycée de Nanterre. Les représentants des personnels et des parents d'élèves du lycée Joliot Curie s'en mêlent, refusent de rencontrer le proviseur, écrivent au ministre de l'éducation nationale et en profitent pour lui demander toute une batterie de mesures afin de soutenir l'établissement. Des responsables des syndicats SNES et CGT Educ'action sont mis au courant de la manipulation et se désengagent alors de l'action menée à Nanterre. Le ministre décide cependant de ne pas négocier avec une équipe éducative bien connue de la rue de Grenelle. Le ministère demande alors au proviseur de renoncer à ce poste. La chasse à l'homme a été menée à bien.

 

“Depuis l'entrée de Mme Mxxx et de M. Mxxx au sein du comité de gestion de l'établissement en septembre 2013, aucun projet de développement du lycée n'a été proposé”, nous confie un enseignant.

L'équipe administrative “a été constamment et systématiquement attaquée pour des raisons futiles” nous glisse ce même professeur. “Le proviseur a quitté ses fonctions en janvier, la comptable est également partie suite à une dépression nerveuse et l'intendant a démissionné”. Même des enseignants dynamiques au sein du lycée ont été attaqués au sujet des voyages scolaires organisés en cours d'année.

 

Sacrifié afin d'acheter la paix.

 

“Mme Mxxx et M. Mxxx parlent de “transparence”? Que dire de la somme exorbitante payée par nous, parents, pour le rapport commandé par eux et totalement vide sur le réseau informatique (plus de 15 000 dollars)? Que dire du paiement mensuel du loyer de l'appartement du nouveau proviseur intérimaire par le conseil d'administration? Que dire des évaluations effectuées par le cabinet Bureau Veritas sur le nouveau bâtiment de 4 salles de classe alors que l'école a déjà reçu le certificat “Safe to occupy”de la mairie de Nairobi? Combien cela va-t-il encore nous coûter? Va t-on devoir installer pour septembre 2014 des préfabriqués dans la cour alors que le bâtiment est prêt à être utilisé? Nous marchons sur la tête et mieux vaut en rire qu'en pleurer! L'argent des parents est gaspillé à tort et à travers pour des querelles de pouvoir fomentées par Mme Mxxx et M. Mxxx. Sans oublier le vol de documents comptables qui, sur le blog de Mme Mxxx et de M. Mxxx, ne sont en rien des éléments de transparence. Va-t-on également faire appel à une société d'expertise pour savoir qui a volé ces documents comptables et payer des sommes astronomiques alors que nous savons tous qui les a dérobés?“ s'étrangle un père d'élèves interrogé par notre rédaction.

 

Durant toute notre contre-enquête, nous avons constaté que la désinformation à été savamment organisée faisant planer sur le proviseur les rumeurs les plus folles. Voici un court aperçu des histoires entendues diffusées à son encontre : il  aurait menacé de mort des politiciens kényans afin de développer des réseaux d'extorsion de fonds. Il serait proche de réseaux sataniques et membre de l’Opus Dei. Mais la cerise sur le gâteau est qu’il participerait à un réseau de trafic d'ivoire et de cornes de rhinocéros en partance pour l'Asie du Sud-Est...

 

Les techniques de diffamation fonctionnent parfaitement bien, même si les inspections et enquêtes ont démontré qu’aucune faute n’a été relevée concernant le travail de ce proviseur qui, suite à cette cabale, semble profondément affecté et refuse toute interview…La pression médiatique fut telle que les pseudo « lanceurs d'alerte » furent écoutés par certains. Difficile de garder la tête froide dans ce marigot pestilentiel!

 

Un proviseur a été sacrifié afin d'acheter la paix. “La paix, on l'aura au moment où Mme Mxxx et sa bande s'en iront ! Loin de La France ils se croient tout permis !” grogne un père d'élèves encore effaré par les événements de cette année passée. 

 

Commenter cet article

Fauve 29/05/2016 13:15

Bientôt ATLANTICO....

Fauve 26/05/2016 13:23

Gros con !!! Un petit fonctionnaire de merde !!! On va s'occuper de ton cas ....

tres agace 09/11/2015 11:09

ha ha ha. voila comment ce refaire un virginite grace a des support bien places.....
envoye le a pole emplois

liloune 09/11/2015 10:28

coucou! ça n'a pas vraiment de rapport avec l'article mais ça peut toujours servir! j'ai trouvé un site qui permet de toucher un ptit salaire (350€ à 450€ par mois) en répondant à des sondages en ligne! c'est pas beaucoup mais ça permet tout de même de mettre du beurre dans les épinards! bref! voilà le lien du site pour qui ça pourrait intéresser: www.sondage-france.com profitez-en aussi ;-)

schneider 06/05/2015 10:30

je suis au Kenya. je le connais et je l’enverrais casser des cailloux a Cayenne
je serais en France le 1er juin. nous pourrons en reparler si vous le désirez