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Publié par MARC

Cette question est récurrente dans le milieu éducatif mais est-elle toujours pertinente alors que le recrutement devient difficile?

David Cameron et Nicolas Sarkozy réclamaient plus d'hommes dans le corps professoral. Selon eux, renforcer la présence masculine dans l'Education nationale permettrait de restaurer l'autorité dans les classes. Car, depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de femmes enseignantes a fortement augmenté dans la majorité des pays d'Europe. S'il y a une féminisation de la profession, elle semble refléter l'évolution de la société. Le métier de prof est perçu comme un métier permettant de concilier vie profesionnelle et vie privée.

 

 

Plus on monte dans la hiérarchie scolaire, plus il y a d’hommes.

En France, les femmes sont aujourd'hui 85% dans l'enseignement primaire, contre 65% en 1954. Dans le privé, les effectifs féminins atteindraient même plus de 90%. Dans l'enseignement secondaire, l'écart se creuse plus lentement: on dénombre 59% de femmes profs, soit dix points de plus qu'en 1954. Ce sont, selon une étude publiée sur l'évolution du métier d'enseignant, dans les disciplines littéraires qu'elles sont les plus présentes. Comme nous l'avons écrit dans nos précédents articles, le ministère de l'Education nationale lance régulièrement des campagnes de sensibilisation pour promouvoir les filières scientifiques auprès des jeunes femmes.

Les inspecteurs sont majoritairement des hommes (62%). Les personnels de direction sont également majoritairement masculin (60%). Il y a aussi 70% de recteurs. Plus on monte dans la hiérarchie scolaire, plus il y a d’hommes. Et tout en haut, au ministère, ils sont majoritaires comme dans le précédent cabinet, celui de Vincent Peillon. Est-ce pour cela que Benoit Hamon a choisi une femme, Florence Robine, rectrice de l'académie de Créteil, comme chef de la Dgesco, la nouvelle numéro 2 du ministère (direction générale de l'enseignement scolaire)? Florence Robine est une militante de l’enseignement des sciences et de l’engagement des filles dans les carrières scientifiques.

Outre l'équilibre vie privée-vie professionnelle majoritairement plébiscitée par les femmes, les hommes, plus nombreux dans les filières scientifiques, se seraient également détournés du métier de la voie d'enseignement pour s'orienter vers des métiers plus rémunérateurs et plus valorisés. Depuis la masterisation des concours d'enseignement, les étudiants matheux se tournent plus allégrement vers le secteur privé beaucoup plus rémunérateur.

 

Plus de violences?

En France, si la violence scolaire a toujours existé, elle a connu une forte augmentation dans les années 1990. En 2012, on comptait près de 14 incidents graves pour 1000 élèves, selon l'enquête annuelle Sivis. Et ce chiffre ne semble guère diminuer...plus de 80% de ces actes sont liés à des atteintes physiques aux personnes: parents et élèves ne se gênent plus dans certains cas à mener de véritables vendettas au sein des établissements scolaires. La mort d'une professeur des écoles poignardée à Albi le vendredi 4 juillet met en évidence de façon criante cette terrible violence. Les écoles ne sont plus des lieux sacralisés mais sont bien au coeur de la société et en subissent toutes les affres.

Courbes de la violence scolaire.

Courbes de la violence scolaire.

Diminuer les courbes de la violence scolaire.

L'autorité n'a aucun rapport avec le sexe bien entendu, mais les opinions simplistes sont longues à battre en brèche: les femmes seraient moins à même de gérer des situations conflictuelles. Vincent Peillon avait installé une délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences scolaires. Des courts métrages ont même été réalisés pour sensibiliser les élèves aux incivilités. Les approches éducatives sont donc au coeur des réflexions pour tenter de faire diminuer les courbes de la violence scolaire. Benoit Hamon s'attelle aussi à la question. La vraie question est donc non pas la féminisation des carrières au sein de l'Education nationale, mais le sens donné aux enseignements au collège et au lycée. Florence Robine, intéressée par l’innovation en éducation, souhaitait faire de Créteil un lieu d’expérimentations des nouvelles façons de faire passer les savoirs, en particulier auprès des jeunes filles. Elle sera restée trop peu de temps à la tête de l'académie de Créteil (15 mois) pour y imprimer sa marque... à elle de jouer maintenant qu'elle se trouve à la tête de la Dgesco!

 

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