Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par ANNE

 

A quelque jours de la rentrée scolaire, les parents se posent la même question: quels vont être les enseignants de mes enfants?

Recruter 60.000 nouveaux enseignants (l'une des promesses du candidat François Hollande) dans un pays qui compte plus de 3 millions de chômeurs: la mission du ministre de l'Education nationale paraît simple et enfantine! Il n'en est rien. Car le métier n'attire plus les étudiants...plus du tout! Elèves difficiles, violence aggravée, autorité des professeurs contestée voire bafouée... Entre 2005 et 2013, le nombre de candidats au capes a été divisé par trois. Le ministre de l'Education Luc Chatel, en 2011, avait dû faire évoluer les règles de recrutement en puisant chez les admissibles à l'agrégation pour pallier les manques. En 2012, près de 15% des 4.847 postes ouverts au capes sont restés vacants. Certaines disciplines sont particulièrement délaissées, comme les mathématiques, les lettres classiques ou même l'anglais. A l'issue des épreuves du capes externe en 2013, 968 postes d'enseignants restent vacants, sur les 6 135 offerts par le concours. Cela représente près de 16 % des postes à pourvoir, soit une augmentation de 1 point par rapport aux chiffres de 2012. Les jeunes semblent être découragés de s'orienter vers le professorat qui est perçu comme un sacerdoce bien difficile à mener.

 

 

 

 

Revers de la mastérisation

La première raison avancée pour expliquer ce découragement semble être la mastérisation. A priori, la réforme décidée par Nicolas sarkozy d'élever le niveau des enseignants recrutés de bac +3 (soit un niveau licence) à bac +5 (niveau master 2) donne plus de prestige à la fonction. Mais elle a des revers. D'abord, elle n'a pas été assortie d'un système de formation spécifique. Résultat: des enseignants débutants se sont retrouvés sans formation pédagogique devant les élèves... Ensuite, la mastérisation a accentué le différentiel entre le niveau de formation et la rémunération. Avec un bac +5, un professeur des écoles démarre à 2.000 euros brut par mois. Au bout de dix ans, il gagnera 2.121 euros et, après trente ans de carrière, il touchera au mieux 3.626 euros. A un niveau d'études équivalent, les étudiants en mathématiques trouvent facilement dans la finance ou l'industrie des postes bien mieux rémunérés. La discipline la plus déficitaire est d'ailleurs les mathématiques, où 392 postes sont restés vacants sur les 1 210 offerts!

 

Campagne de recrutement

Alors pour séduire ceux qui hésiteraient à se lancer dans la carrière, le ministre a lancé une vaste campagne de publicité. Plus de 6.000 affiches, mais aussi des animations Web, ont pour objectif de convaincre 43.500 étudiants d'épouser la profession. Coût de cette opération intitulée "Ambition enseigner": 1,2 million d'euros.

Et puis -c'est une première dans son histoire- le ministère organise deux sessions de concours de recrutement la même année. Au traditionnel examen, qui ouvre 22.100 postes, pour les étudiants de master 2, le ministère en ajoute un autre, exceptionnel cette fois, de 21.000 places. Prévu en juin, il est accessible à partir du master 1. Le risque est évident: faire baisser le niveau. Un autre point important: le nombre de postes sont en augmentation mais les jurys peuvent également ne pas tous les pourvoir...

 

Brader les diplômes?

Officiellement, pas question de brader les diplômes. Pourtant, certains inspecteurs, soumis à un droit de réserve, reconnaissent sans s'étendre que le niveau a baissé. Il ne peut en être autrement, puisque le gage statistique d'un bon niveau de recrutement -soit quatre inscrits par poste au concours- n'est pas respecté. Mais le ministre espère surtout rendre le professorat plus attrayant en lui rendant ses lettres de noblesse. Ont été créées des écoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espe). Rattachées aux universités, et dotées de moyens propres, ces établissements dispenseront des formations académiques, mais aussi pratiques.

Ainsi, les étudiants qui réussiront le concours suivent une formation en alternance (le contenu des programmes semble être le même que ceux établis dans les très contestés Instituts Universitaires de Formation des Maîtres, créés en 1991 et supprimés sous la mandature de Nicolas Sarkozy). Ils exerceront dorénavant un mi-temps rémunéré devant les élèves. 

 

Une nouvelle façon de recruter?

La vraie révolution aurait été de sortir du mode de recrutement classique. Les autres pays recrutent sur CV et entretien afin de bien connaître les motivations des candidats. La France continue de recruter sur concours à partir de la connaissance parfaite des disciplines enseignées...le professorat ne se limite pas à connaître des articles encyclopédiques! Un vrai changement des mentalités devrait être une des priorités du minsitre qui se trouve cependant confronté aux conservatismes des enseignants très attachés aux deux concours phares: le capes et l'agrégation...celui qui osera s'attaquer à des telles institutions sera au coeur d'un cyclone dont il ne connait pas la force et la puissance! Benoit Hamon a été nommé à ce poste pour rétablir un peu de sérénité au sein d'un ministère encore perturbé par les conflits de personnes et la gestion hasardeuse des rythmes scolaires...il y a donc peu de chances que le principe même de ces concours soit remis en question.

 

Commenter cet article